La mission de promotion des investissements menée, la semaine dernière, en Europe, par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier Luc Duval, avec la participation du Board of Investment (BoI) et d’une trentaine d’hommes d’affaires locaux, a permis d’accroître la visibilité de la plateforme financière mauricienne en tant que porte d’entrée vers l’Afrique. C’est du moins le sentiment qui se dégage dans les milieux du ministère des Finances à l’issue de cette mission qui s’est déplacée successivement à Londres, Genève et Milan.
Premier et principal rendez-vous de la mission, la conférence organisée par le BoI à Londres sur le thème Mauritius – Your Business Passport to Africa a attiré plus de 200 participants et a été surtout marquée par les interventions de plusieurs personnalités dont Henry Bellingham, sous-secrétaire d’État et ministre pour les Affaires africaines dans le gouvernement britannique, de David Ruffley, député britannique et senior member du Treasury Select Committee, de Mike Rees, Chief Executive Wholesale Banking et directeur de la Standard Chartered Bank, d’un représentant de l’agence de notation Moody’s. Des intervenants qui ont, comme le vice-Premier ministre et ministre des Finances, évoqué les fondamentaux économiques de Maurice et le rôle important que celle-ci peut jouer dans la structuration des investissements en Afrique.
Xavier Luc Duval a effectivement évoqué à l’ouverture officielle de la conférence de Londres le passage réussi de Maurice d’une économie dépendante d’une monoculture à un économie à revenus intermédiaires. Le Grand argentier a mis l’accent sur la diversification économique : le tourisme avec une part de 8 % dans le Produit Intérieur Brut (PIB), les services financiers (10 %), l’industrie manufacturière (18 %), alors que les TIC/BPO, qui emploient environ 15 000 personnes, pourraient enregistrer un taux de croissance approchant les 10 %.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances s’est également appesanti sur les reconnaissances internationales de Maurice, faisant notamment référence aux classements du pays dans l’Economic Freedom Index (huitième mondial), le rapport 2012 Ease of Doing Business de la Banque Mondiale (23e), au Mo Ibrahim Index sur la bonne gouvernance (premier en Afrique). Il a, par ailleurs, parlé de l’indépendance du judiciaire, des traditions démocratiques, de la qualité des communications, du nombre élevé de professionnels (comptables, hommes de lois, médecins, entre autres).
« Economic fundamentals are right », a déclaré Xavier Luc Duval qui, dans la foulée, a soutenu que Maurice a su faire preuve d’une grande résilience face aux chocs exogènes, cela grâce à sa stratégie de diversification économique. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a, de plus, fait état de l’appartenance de Maurice aux blocs économiques régionaux tels le COMESA et la SADC, de la signature de traités de non-double imposition avec 13 pays africains à ce jour avant de souligner le fort potentiel de développement du continent africain. « Mauritius has a strong business friendly policy towards Africa », a-t-il fait remarquer avant d’inviter les participants à considérer Maurice comme leur porte d’entrée pour le continent africain.
À Londres également, la délégation mauricienne a participé à une conférence de Thomson Reuters sur le développement du « Private Equity » en Afrique avant de mettre le cap sur Genève où, avec la collaboration d’AfrAsia Bank, des rencontres d’affaires individuelles ont été organisées.
Par ailleurs, Maurice a obtenu confirmation des autorités italiennes de la ratification du traité de non-double imposition entre les deux pays. La délégation ministérielle a pu, lors de ses discussions avec les milieux politiques et économiques à Milan, souligner les possibilités d’investissement tant à Maurice que dans la région.