Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a récompensé comme il se doit, athlètes et entraîneurs qui ont marqué l’année 2015 de leurs empreintes jeudi dernier au gymnase de Phoenix. Ils se sont partagés la somme de Rs 1,8 millions. Toutefois, certaines récompenses interpellent à l’image de celle de Géraldo Thomasoo  qui, pour une médaille de bronze, aux Championnats du monde de boxe française en France, a obtenu Rs 225 000, alors que Sharone Clair et Karen Berry, médaillées d’argent à cette même compétititon, ont obtenu chacun Rs 112 500 ! Petite note en passant, c’est ce même ministère de la Jeunesse et des Sports, plus précisément ce même Yogida Sawmynaden, qui avait refusé de financer le déplacement de ces deux boxeuses en décembre dernier, qui a trouvé moyen de les… récompenser.
S’adressant aux athlètes et entraîneurs, Yogida Sawmynaden a fait ressortir : « Il est tout à fait normal de récompenser ceux et celles qui ont porté très haut les couleurs du quadricolore national. Les sportifs sont au coeur de notre vision et de nos projets. La remise des cash-prizes est la preuve que le ministère est là pour les soutenir, les encadrer et les aider à concrétiser leur rêve sportif. » Il a par la suite soutenu, « L’athlète et le coach font beaucoup de sacrifices pour atteindre un bon niveau. Ils ne s’épargnent aucun effort pour viser plus haut. Il y a une centaine d’athlètes et entraîneurs que nous récompensons aujourd’hui (jeudi), ceux qui ont la particularité d’avoir excellé dans des disciplines comme la natation, l’haltérophilie, la boxe ou le triathlon. C’est un montant total d’un peu d’1,8 million de roupies, somme couvrant des compétitions qui se sont tenues en Inde, en Égypte, au Maroc, en France, en Italie ou en Angleterre. »
Mais force est de constater qu’il y a certaines récompenses qui prêtent à confusion. Ce sont d’ailleurs les tireurs qui sont repartis avec le plus gros pactole faisant une somme totale de Rs 600,000. En effet, Geraldo Thomasoo, médaillé de bronze dans la catégorie des 60 kg (senior) aux World Boxe Française Combat Championships tenus dans l’Hexagone en juin et décembre 2015, a reçu la somme de Rs 225,000. Tandis que Sharone Clair et Karen Berry, médaillées d’argent à cette même compétititon, ont obtenu chacun Rs 112 500. Le bronze est-il supérieur à l’argent ? La question mérite d’être posée. D’autant que c’est ce même ministère qui avait refusé de financer le déplacement de ces deux boxeuses en décembre dernier. Avouez que c’est à n’y plus rien comprendre. Fabrice Bauluck a également été récompensé d’une somme de Rs 225,000 pour être  monté sur la troisième marche du podium en Serbie en octobre dernier aux Wako World World Kickboxer Senior Championships. Son entraîneur Judex Jeannot, a lui reçu Rs 90 000.
Jonathan Drack, Sportsman of the Year 2015, representé par sa mère, s’est vu remettre un chèque de Rs 100 000 pour sa médaille d’or récoltée à l’IAAF World Challenge Meeting en Italie en septembre dernier. Lambert Leclézio, brillant voltigeur qui a pris le bronze aux FEI World Vaulting Junior Championships a récolté Rs 75 000 tandis que ses deux entraîneurs, Stéphanie Jauffret et Cynthia Denvers ont, elles, obtenu Rs 15 000 chacune. « Nous côtoyons aujourd’hui l’élite mondiale…pour preuve Jonathan Drack, notre sportif de l’année 2015, qui s’est retrouvé à occuper la première place mondiale au triple saut. J’ai aussi une pensée spéciale pour Ivan Pierrot, jeune champion qui nous a hélas quittés bien trop tôt », a soutenu le ministre. La famille du défunt haltérophile a récupéré Rs 90 000 pour la brillante performance réalisée par l’athlète lors des Commonwealth Weightlifting Championships en Inde en octobre dernier où il avait remporté l’or chez les juniors et l’argent en seniors dans la catégorie des -105 kg.
« Nous avons tous les ingrédients réunis pour qu’après le déclic du sport mauricien, on puisse aller plus haut. Aujourd’hui, je lance un appel aux fédérations sportives…La présentation d’un New Sports Act visant à donner un nouvel essor au sport local. L’accent sera mis sur la détection, la formation et la professionnalisation du sport. Nous comptons sur les fédérations pour accomplir ce travail sur le terrain. Les fédérations sportives ont la capacité de solliciter les sponsors du secteur privé, certains le font déjà et cela leur permet de mieux accompagner les sportifs », a-t-il conclu.