Commentant l’actualité lors d’une rencontre avec la presse samedi au Salon mairal de la municipalité de Port-Louis, le leader du MMM, Paul Bérenger, a entre autres dénoncé l’augmentation des Trade Fees, et a estimé qu’il est « quasiment impossible de gérer les municipalités », eu égard à la Local Government Act (la «loi Aimée»), une « loi rétrograde ». Il a par ailleurs concédé qu’il serait « très difficile » pour le MMM de dresser la liste des 30 candidats MMM aux prochaines élections générales dans le cadre des conditions du Remake 2000.
« Il est quasiment impossible de gérer les municipalités. Fondamentalement, à cause de la loi Aimée, qui donne trop de pouvoirs au ministre des Administrations régionales et aux officiers des municipalités… C’est quasiment ingérable, antidémocratique », s’est indigné Paul Bérenger. Il répondait à une question de la presse qui lui demandait, dans le cadre de l’augmentation des Trade Fees, si son parti ne savait pas qu’il y aurait des difficultés à gérer les municipalités face à un gouvernement PTr/PMSD.
« C’était un risque calculé que d’avoir participé aux récentes élections municipales. Et c’est là la différence fondamentale entre nous, au Remake, et le gouvernement PTr/PMSD, en termes non seulement de démocratie, mais en ce qui concerne la télévision privée, la MBC, la réforme électorale, le financement des partis politique et la gestion des administrations régionales, entre autres… Nous prenons l’engagement de redonner aux administrations régionales le pouvoir afin qu’elles puissent décider par elles-mêmes de ce qu’elle veulent pour leur administrés », a-t-il élaboré.
Pour Paul Bérenger, le pays « a reculé » en termes de démocratie depuis 2015. « C’est pourquoi nous au Remake nous voulons un vrai changement. Nous voulons le pouvoir pour changer l’île Maurice de ce qu’elle est devenue depuis 2005, avec Navin Ramgoolam au pouvoir, surtout en termes de montée du communalisme, du recul de la démocratie, de la généralisation de la corruption, du démantèlement de l’ordre et de la sécurité publics (Law & Order) », a-t-il encore expliqué.
« Se honteux ki le minis konserne kasiet li derier koze “pa mwa sa, li sa” an seki konsern ogmantasion Trade Fees », a commenté le leader du MMM. Il a expliqué que toutes les propositions que la municipalité de Port-Louis a faites pour augmenter ses revenus ont été rejetées par Hervé Aimée et le ministère des Administrations régionales. « A la plas, zot finn inpoz enn ogmantasion uniforme des Trade Fees… MPL ti demand enn ogmantasion des Trade Fees zis pou bann gro business, pa pou bann ti komersan », a-t-il ajouté.
Commentant l’actualité politique, Paul Bérenger a déclaré que « boukou dimounn finn soulaze o MMM kan PMSD finn krake ek finn deside pou suport Navin Ramgoolam ek so gouvernman, malgre skandal, koripsion, atint a la demokrasi, bann tantativ relans sport kominal ». « Si li vre ki PMSD finn le gran perdan dan sa zafer PMSD saga-la, li osi vre ki Navin Ramgoolam osi finn less boukou plim ».
Paul Bérenger a d’autre part insisté qu’il n’a jamais été question d’un quelconque rapprochement du MMM avec le PTr. « Kifer ? Parski le PTr inn vinn sa pouritir ki li finn vini zordi-la », a-t-il expliqué. « Zordi le MMM ek le PTr se la nuit ek lizour », a-t-il ajouté.
Le leader du MMM a ensuite exhorté la population à être vigilante sur deux points : le projet CT Power et la Financial Services Commission (FSC). « Le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, et le Financial Secretary, Dev Manraj, doivent, selon les conditions imposées, s’assurer que CT Power Malaysia aie les moyens financiers pour mener le projet de centrale à charbon d’Albion à terme. Mais jusqu’ici personne ne sait qui sont les actionnaires de CT Power Malaysia. Par ailleurs, Navin Ramgoolam et Manou Bheenick veulent que la Banque de Maurice absorbe la FSC, contre l’avis du Fonds Monétaire International (FMI) et celui de la FSC. Dans les deux cas, nous allons voir ce que XLD va faire face aux souhaits de Navin Ramgoolam ».
Paul Bérenger a aussi plaidé pour la régularisation des 160 aspirants médecins qui ont complété leur internat. Il a également exprimé son indignation concernant le transfert punitif à Rodrigues d’un inspecteur de police pour avoir commenté l’enquête sur le meurtre de la touriste Michaela Harte. « Se enn mepri total, enn mank de respe total anver bann Rodriguais… Nou anvi ki bann Rodriguais kone ki ena dimounn a Moris ki revolte par sa fason de fer vis-à-vis de Rodrigues ».