L’Institut océanographique de Maurice procède actuellement à une étude afin de localiser et de déterminer le volume de sable qui gît entre 10 et 15 mètres de profondeur hors des lagons dans plusieurs zones côtières — Trou-aux-Biches, Mont-Choisy et Albion, où des signes d’érosion sont apparents. Ce sable pourrait être utilisé afin de réhabiliter les plages à Maurice.
Le mouvement des vagues et des courants entraîne en effet une bonne quantité de sable hors de nos lagons à travers les passes. Selon Javed Mosaheb, Principal Research Scientist au MOI, l’accumulation de sable hors des récifs est le résultat de conditions climatiques telles que les cyclones et les tempêtes. « Ce phénomène n’a pas fait l’objet d’étude approfondie auparavant et si les données s’avèrent favorables, le sable accumulé hors des récifs pourrait être utilisé pour la réhabilitation et le rechargement des plages, et pour contenir l’érosion dans certains endroits spécifiques », avance-t-il. Le projet de la MOI consiste à
identifier certaines régions du pays de dépôts de sable hors des récifs afin d’évaluer si le sable peut être puisé et utilisé pour réhabiliter les plages qui souffrent de l’érosion tout en faisant attention à ce que ce projet ne nuise pas à l’environnement. Outre les régions de Trou-aux-Biches, Mont-Choisy et Albion, une étude préliminaire a déjà été effectuée à Flic-en-Flac et les résultats ont démontré qu’une quantité considérable de sable s’est accumulée hors des récifs vers le Sud de Flic-en-Flac.
Le projet du MOI met l’accent sur l’utilisation de technologies et de pratiques innovantes en matière de réhabilitation et de gestion durable des zones côtières. En effet, tout dépôt de sable hors des récifs qui présente de l’intérêt pour les scientifiques du MOI est identifié et la position localisée par le Système de positionnement global (GPS). La largeur et la longueur du site sont mesurées et l’épaisseur des couches de sable accumulé sera ensuite calculée. Une fois le volume de sable déterminé, une analyse granulométrique est effectuée pour déterminer si le sable peut être utilisé pour la réhabilitation des endroits qui présentent des signes d’érosion et où le rivage est dans un état de dégradation. Des équipements spécialisés sont ensuite utilisés pour pomper le sable vers le rivage.
Selon le Dr Daniel Marie, responsable du MOI, avec le changement climatique global, qui entraîne l’augmentation du niveau de la mer, l’érosion côtière s’accentuera et il s’avère nécessaire d’identifier la méthode la plus fiable pour contrecarrer ces effets. Il souligne aussi que le rapport préliminaire du projet intitulé « The Project for Capacity Development on Coastal Protection and Rehabilitation in the Republic of Mauritius », réalisé avec l’aide des Japonais de la Japan International Cooperation Agency (JICA), cite l’utilisation de ces dépôts de sable comme une des possibilités de contenir l’érosion côtière.
Il convient de souligner que l’extraction de sable dans le lagon a eu pour conséquence de nombreux problèmes côtiers tels que l’érosion. Cette pratique a été interdite en octobre 2011. Des suivis réguliers ont démontré que la faune et la flore au fond de l’océan dans les régions affectées se rétablissent petit à petit, fait remarquer l’Institut océanographique de Maurice.