Le semblant de sérénité affichée dans les tribunes du Mauritius Turf Club (MTC) dans le sillage de la série de scandales contraste avec la guerre des clans qui y sévit et les zones de turbulence en vue. Certes, la trêve dans les procédures en vue de la constitution de la commission d’enquête sur les courses hippiques avec la mission officielle du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sommet Etats-Unis/Afrique, permet aux protagonistes de « jockey for position » en vue de récolter des dividendes au moment voulu. Mais le président du MTC, Gilbert Merven, a été averti par voie épistolaire des risques de sanctions susceptibles d’être adoptées par la Fédération Internationale des Autorités Hippiques suite aux directives émanant du Prime Minister’s Office (PMO) par le truchement du ministère des Finances, s’apparentant à une ingérence du gouvernement dans le Day-to-Day Running des affaires internes du MTC. Avec la confirmation du projet de commission d’enquête, présentée par une aile au MTC comme une gifle magistrale à l’actuelle équipe de dirigeants, une initiative en faveur d’une motion de blâme réclamant la révocation de Gilbert Merven de la présidence est toujours en gestation et pourrait amorcer une étape décisive dans les jours à venir.
Les journées hippiques sous l’égide du MTC se succèdent avec toujours son lot de controverses sur la piste aussi bien que dans les loges des commissaires dans les tribunes. La récente mise au pas imposée par le Premier ministre suite à une double interpellation des députés Nita Deerpalsing et de Rajesh Bhagwan continue à être diversement interprétée dans les milieux autorisés au Champ-de-Mars. Dans la conjoncture, l’équipe dirigeante n’a fait que suivre à la lettre ce qui est présenté comme une ingérence flagrante de l’hôtel du gouvernement dans les affaires internes du MTC.
Toutefois, depuis vendredi, le président et les commissaires du Club ont été avertis des éventuelles conséquences graves pour le MTC dans le sillage de cette affaire. En effet, un membre vénérable, probablement un doyen du club bicentenaire, et légiste émérite s’est permis d’écrire officiellement au MTC pour faire état de ses craintes d’une éventuelle sanction-suspension décidée par la Fédération Internationale des Autorités Hippiques, soit l’équivalent de la FIFA pour le football ou du Comité international Olympique (CIO) pour les autres disciplines sportives.
Dans un langage des plus diplomatiques, Me Moorli Gujadhur souligne que, « following the posting, on the Club’s website, of the announcement of the implementation with immediate of certain steps, subsequent to the Prime Minister’s statement in the National Assembly and press reports thereon, I feel compelled, as a Club Member and a legal practitioner, to invite your attention to the Club’s obligations, as an affiliate to the Federation Internationale amongst others, which may have provisions as regards to the permissible extent and limits of any Governmental interference/intervention in the day-to-day or normal organisation/activities ».
Me Gujadhur, qui voudrait voir le MTC revoir ses décisions en faisant appel au bon sens du gouvernement, rappelle que le Cameroun a été sanctionné avec une suspension par la FIFA récemment et que même la République populaire de Chine, une puissance économique et politique, avait été exclue de toute participation sportive internationale par la FIFA et le CIO il y a quelques années de cela.
Soulignons qu’après la séance de l’Assemblée nationale du mardi 22 juillet, le gouvernement avait transmis au MTC une série de conditions pour l’organisation des courses de chevaux à Maurice.
Reconquérir l’honneur perdu
Parmi les exigences les plus litigieuses, relevons les suivantes à savoir que « no jockey whose service has been terminated by a stable will be permitted to reside in Mauritius and ride for another stable during the same season » ; « no stable should have more than two horses in a particular race », la condition sine qua non que tout jockey sous contrat avec une écurie enregistrée auprès du MTC doit être ressortissant d’un pays ayant signé de traité d’extradition avec Maurice, excluant sans nulle autre forme de procès les jockeys d’autres nationalités.
A ce stade, aucune indication n’a transpiré quant au prochain move de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques ou encore d’une probable demande de révision de ces exigences contraignantes venant du gouvernement dans le cadre d’une opération coup de balai au Champs-de-Mars.
D’autre part, une aile au Champ-de-Mars est d’avis que le moment est venu pour reconquérir l’honneur perdu du MTC surtout avec les critiques acerbes du Premier ministre à l’Assemblée nationale. Ce dernier ne s’est nullement gêné pour soutenir que, « government views with great concern the wide-ranging allegations about the organisation and  management of horse-racing in Mauritius. Public confidence in the integrity of the horse-racing industry has been severely dented. This state of affairs warrants what the French would say : Un veritable remède de cheval ».
Ainsi, des consultations poussées sont en cours en vue de mettre au point les derniers détails de la stratégie en vue de déposer une motion de blâme prochainement lors d’une assemblée générale spéciale de tous les membres du MTC en conformité aux statuts en vigueur. La motion réclamera la révocation de Gilbert Merven en tant que président vu que sa gestion a eu pour effet de jeter le discrédit sur l’intégrité du MTC.
Quant au cas du Chief Stipe, Ian Paterson, qui cumule bévue après bévue, la stratégie adoptée est de laisser la commission d’enquête annoncée s’occuper de son cas car le dossier à charge actuellement en voie de compilation est jugé assez lourd et compromettant.
Affaire à suivre