Jean Adault Salmine avait été pris en flagrant délit de vol le 12 janvier dans un bungalow de Riambel. Le policier mandé sur les lieux devait consigner dans son rapport que le suspect portait de graves blessures au tibia droit, à l’oreille, au coude et à l’avant-bras gauche. Jean Adault Salmine, incarcéré à la prison de Beau-Bassin, est décédé le dimanche 19 janvier. Si l’autopsie de Jean Adault Salmine a attribué son décès à une septicémie, ses proches eux croient qu’il a été agressé, d’autant qu’ils soutiennent que la victime leur aurait confié que trois individus (en citant des noms) l’ont passé au tabac.
C’est une mère accablée par le décès de son fils que nous avons rencontrée. Anne Brésilienne Coco semble perdue dans ses pensées. « Mo malad, mo pa santi mwa bien ditou », nous confie cette mère de trois enfants — Jeannot Salmine, 28 ans, Lorana Salmine, 21 ans, et Adault 26 ans. « J’ai perdu un enfant, je suis très triste. »
Elle explique que ce sont les voisins qui l’a informée de l’arrestation de son fils. « Bannla inn dir mwa matant zouloune, lapolis inn reysi gagn Zim », nous raconte-t-elle. Elle savait que ce dernier était recherché pour le cas de Breach of Habitual Criminal Regulations. Le meilleur ami de Jean Adault Stéphane Olivier nous a déclaré que Jean Adault avait oublié de venir signer un jour et il avait peur que la police ne l’arrête à cause de cela.
Anne Brésilienne Coco s’est alors rendue au poste de police de Souillac dans le but de voir son fils. « Il boitait. So ledan ti kase ek li ti ena blesir lor so lebra et lazam », nous livre la mère d’Adault. « Kisannla inn bat twa ? », lui a-t-elle demandé. « Linn dire mwa dé missié ek lot misie li pa konn so figir inn bat li kout dibwa ek feray. koze mem li pa ti pe kapav », soutient Anne Brésilienne Coco.
« Linn dir mwa : “Mo lekor fer mal mami. Amen mwa lopital” », poursuit-elle. Impuissante elle n’a pu venir en aide à son fils. Elle a été contrainte de le regarder partir dans la voiture de police. « Mo pann kapav amen li parski lapolis ti fini pran so responsabilite », nous dit-elle. Elle ne savait pas encore que ce serait la dernière image qu’elle garderait de son fils…
Dimanche à 20 h 35, elle apprend la mauvaise nouvelle. « J’ai appris la mort de mon fils dimanche. C’est ma fille qui me l’a annoncée. Elle était chez ma soeur et elle a fondu en larme en me voyant. Elle a dit à ma soeur “kouma mo pou dir sa mo mama ?” ». C’est le père d’Adault qui a annoncé la nouvelle à sa fille.
Anne Brésilienne Coco se rend alors à l’hôpital Nehru, Rose-Belle. « Zot ti fini fer lotopsi. Pas ti mem met linz lors li. Li ti coumadir zanimo. » Et notre interlocutrice d’avancer : « Bann blesir lor so lekor pa ti mem dan lotopsi-la ». Le frère d’Anne Brésilienne Coco lui a alors recommandé un avocat. « Avoka-la inn fer mo garson tir foto lekor », soutient-elle par ailleurs.
La mère d’Adault réclame justice. Elle n’arrive pas à ôter les dernières images de son fils de sa tête. « Je veux connaître la vérité. Kan get so lekor, gagn pitie sa. Mazine ki kalite bate linn ganie. Mazine ki zot inn fer ar li. »
La stigmatisation des internautes à l’égard de son fils ne facilite pas la tâche. « Ma famille a lu tout ce qui a été dit sur mon fils. Li pa ti zis kokin. Li ti pe swiv enn kour kwizinn. Enn kout li ti peser enn kout mason. »
La famille de Jean Adault compte bien remuer ciel et terre afin de faire la lumière sur cette affaire. « Ce n’est pas correct ce qu’ils ont fait à Jean Adault. Je ne suis pas d’accord », nous déclare Stéphane Olivier.