Mercredi a été débattue en Cour d’assises la motion présentée par Me Zaredhin Jaunbaccus, avocat de Jiawed Ruhomutally, dans laquelle celui-ci réclame que le dossier de l’accusation soit présenté en kreol. Le juge Prithiviraj Fekna a informé les avocats des deux parties que la cour statuera sur ladite motion le 17 courant.
Présentant son argumentation, Me Jaunbaccus s’est référé à l’article 10 (2) (c) de la Constitution, qui prévoit les facilités qui doivent être mises à la disposition de tout inculpé d’un délit criminel, afin qu’il puisse préparer sa défense. Entre autres il y a les dispositions à prendre pour assurer à l’accuser qu’il comprenne, dans un langage qui lui est familier, la nature du ou des délits qu’on lui reproche d’avoir commis.
L’avocat a aussi fait référence aux articles 66 de la Courts Act et 65 de la Criminal Procedure Act qui, a-t-il soutenu, garantissent à un accusé des facilités lui permettant de comprendre ce qu’ont déclaré des témoins potentiels dans leur dépositions à la police lors de l’enquête.
Me Nararaj Muneesamy qui, assisté de Me Audrey Stephen-Sungeelee, soutient l’accusation, estime pour sa part que si l’article 10 de la Constitution fait mention du droit à tout accusé de bénéficier des services d’un interprète afin qu’il dispose des moyens lui permettant de suivre le procès, il n’est pas dit qu’il faut absolument engager un traducteur. Il a aussi fait ressortir qu’une bonne partie des dépositions ont été consignées en kreol, ce qu’a concédé Me Jaunbaccus.
« Au cas où il faut un traducteur, la question qui se posera sera de savoir qui procédera à la nomination. Est-ce la cour ? Si oui, qui en assumera les frais ? » s’est interrogé l’avocat de la poursuite.
Rappelons que Jiawed Ruhomutally est accusé d’avoir participé à l’assassinat de Gérald Lagesse, ancien Customer Care Supervisor de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Cela s’est passé lors du braquage du Main Vault de la MCB, rue Sir William Newton, Port-Louis, le 11 février 2005. Lors du procès intenté à Steve Monvoisin et à Laval Sambacaille, qui ont plaidé coupables d’avoir participé au meurtre de la victime, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste qui avait autopsié le corps de Gérald Lagesse en février 2005, a été appelé à la barre des témoins. Il a expliqué que Gérald Lagesse avait reçu des coups sur tout le corps, causant même une fracture de son os nasal. Sa mort est due à une asphyxie due à son bâillonnement. Le responsable du département médico-légal de la police a précisé que la victime s’était étouffée avec les morceaux de papiers introduits dans sa bouche pendant le braquage du Main Vault . Son visage avait également été scotché à l’aide de ruban adhésif.