Le réseau routier mauricien est devenu un vaste cimetière et le nombre de tués sur nos routes augmente jour après jour : au moins 46 morts depuis le début de cette année et cette insécurité meurtrière n’est pas près de s’arrêter. On entend régulièrement dans les infos à la radio que la route a encore tué. Non, ce n’est pas la route qui tue, mais bien les infractions au code de la route qui ont généré cette violence et insécurité routières. Nos routes sont devenues une jungle : Beaucoup se permettent de faire des dépassements sur ligne blanche ou à des arrêts aux feux de signalisation, de rouler de façon excessive ou en état d’ivresse, cela causé par l’alcool ou des stupéfiants. La violence, l’insécurité sur nos routes sont telles que nombre d’entre nous se surprennent à faire une prière avant de sortir, pour qu’ils puissent rentrer sains et saufs chez eux. Qui vous respecte sur la route ? Tout le monde semble pressé, hypertendu. Il n’y a plus de courtoisie au volant. Plus ravageuses sont bien ces conduites dangereuses qui provoquent des morts, des mutilés, des handicapés à vie.
Chez nos voisins de La Réunion pour la même période il y a eu au moins 14 morts. Et pourtant à Maurice, avec ses 46 morts, personne ne semble s’émouvoir devant cette hécatombe. Chez nos responsables politiques, les autorités policières et civiles c’est « business as usual », et personne ne semble prêt avec un plan d’urgence pour endiguer cette insécurité devenue endémique, cette folie meurtrière. En pareil état d’urgence il faut des mesures drastiques, tout autant répressives que préventives avec des campagnes de sensibilisation durables à l’école, dans les médias, dans les villes, les villages. Le Danemark, qui l’a bien compris, a baissé les limitations de vitesse sur ses routes à 80km/heure, a introduit des programmes de sensibilisation dès l’école primaire et qui s’étendent jusqu’à l’université et a appliqué en même temps une politique de zéro tolérance sur ses routes. Ainsi le nombre de morts sur ses routes a baissé de moitié.
Adresse : toilettes publiques de Quatre-Bornes
Alors que l’on spécule sur l’or, que certains touchent plus d’un million de roupies mensuellement, la misère la plus abjecte côtoie les richesses les plus effrontées à Maurice. Quelle n’a été notre stupéfaction d’entendre à la radio qu’il y a peu un couple et son bébé dormaient sur un carton dans les toilettes publiques de Quatre-Bornes. Souhaitons que grâce à la générosité des Mauriciens ils ont pu être relogés ailleurs. On nous assure que depuis que les toilettes publiques ont été « privatisées » elles seraient moins nauséabondes mais tel ne serait pas le cas en ce qui concerne les toilettes des hôpitaux publics.
Peut-on rêver d’un pays sans pauvreté, d’une société sans délinquance, sans insécurité ?
 Malheureusement, nous ne détenons pas la réponse. Suffit-il qu’on désodorise les toilettes pour qu’elles soient plus accueillantes ? Suffit-il que l’on accroche des fleurs aux fenêtres d’une prison pour la rendre plus humaine ?