Christine de Maroussem, la mère d’Olivia, est très déçue de la non-sélection de sa fille pour les Jeux Olympiques (JO). Elle s’est confiée à Week-End en fin de semaine pour dire haut et fort son sentiment quant à la manière dont se sont passées les choses dans cette affaire.
Pour notre interlocutrice, il est clair que cette invitation pour les JO de Londres (27 juillet-12 août) aurait dû revenir à sa fille. Elle en veut pour preuve que les performances chronométriques sur 100m et 200m nage libre de sa fille ont été meilleures que celles de Heather Arseth qui a été retenue.
Il est, toutefois, vrai de dire qu’Arseth avait réussi un meilleur temps sur le 200m nage libre aux Mondiaux de Shanghai en juillet de l’année dernière, soit 2 :10.91 contre 2 :12.21 à de Maroussem. Mais par la suite, cette dernière a réalisé 2 :10.70 contre 2 :10.90 à Arseth. La Fédération internationale de Natation (FINA) avait, de son côté, fait comprendre que pour être éligible à une invitation pour les JO, il fallait obligatoirement être en action à Shanghai.
« Personne ne nous avait dit que les Mondiaux de Shanghai allait être pris en compte pour une sélection pour les JO. D’ailleurs, la fédération et le Directeur Technique National n’étaient pas favorables à l’idée d’y envoyer une sélection vu que les Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) qui étaient l’objectif principal de l’année, allaient avoir lieu une dizaine de jours après seulement. De ce fait, Olivia n’était pas au meilleur de sa forme à Shanghai mais l’a été aux JIOI lors desquels, elle a été meilleure que Heather Arseth », explique Christine de Maroussem.
Pour notre interlocutrice, sa fille a toujours répondu présente pour défendre les couleurs du pays et maintenant elle est privée d’une participation aux JO à laquelle elle peut légitimement prétendre.
«C’est injuste qu’une Mauricienne soit privée d’une participation aux JO de cette manière. Parce qu’il faut reconnaître que Heather n’est pas née à Maurice, n’y a pas grandi et n’a pas connu les contraintes auxquelles les nageurs mauriciens font face. Olivia s’entraînait dans des conditions difficiles. A la piscine, elle devait utiliser un couloir réservé aux membres du public et elle rentrait à la maison à 22 heures. Ce que je veux faire, c’est tirer la sonnette d’alarme pour mettre en garde les Mauriciens. Selon moi, un système devrait être mis en place pour protéger les athlètes mauriciens contre ce genre de choses. C’est un dangereux précédent qui est en train d’être créé. Cela va décourager les athlètes mauriciens qui ont un énorme potentiel et qui ne demandent qu’à être soutenus et encadrés. Il faut leur faire confiance », déclare Christine de Maroussem avec amertume.
Cette dernière se pose la question de savoir si Heather Arseth ne visait pas depuis le départ une qualification pour les JO. « Selon mes souvenirs, Heather avait exigé de participer aux Mondiaux avant les Jeux des îles. Ne recherchait-elle pas davantage une place aux JO que de bonnes performances aux JIOI? La question que je me pose est la suivante : Aurait-elle accepté de faire partie de la sélection mauricienne pour les JIOI si elle faisait partie des meilleures aux Etats-Unis ? », s’interroge Christine de Maroussem.
La mère d’Olivia fait aussi ressortir que la présidente de la Fédération mauricienne de Natation (FMN), Doreen Tiborcz, avait été bien inspirée en s’opposant à l’intégration de Heather Arseth dans la sélection de Maurice pour les JIOI. « Doreen avait vu juste et s’est battue contre la venue des étrangères. En ce faisant, elle s’était attirée les foudres de beaucoup de personnes mais les événements qui ont suivi lui ont donné raison », observe Christine de Maroussem qui s’étonne du silence de certaines instances sportives sur la question.
Toutefois, malgré sa profonde déception, Olivia ne baissera pas les bras et continuera la pratique de la natation, nous dit sa mère. En espérant réaliser son rêve de participer à la plus prestigieuse compétition sportive au monde une prochaine fois…