Le Native Terrestrial Biodiversity and National Parks Bill, présenté par le ministre de l’Agro-industrie Mahen Seeruttun, a été adopté par l’Assemblée nationale. Le texte de loi, qui remplace la Wildlife and National Parks Act, vise surtout à mieux protéger la flore, la faune et les ressources génétiques de Maurice. Il permet également au pays de se conformer à la Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (CITES) et à d’autres conventions concernant la biodiversité.
Pour le ministre de l’Agro-industrie, les mesures préconisées par la législation s’inscrivent en droite ligne avec les objectifs fixés par l’agenda pour le développement durable adopté par les chefs d’États aux Nations Unies en septembre dernier. Un des buts de cet agenda se réfère directement à l’importance de la protection de la biodiversité. Mahen Seeruttun a annoncé que son ministère prépare actuellement un National Biodiversity Strategy and Action Plan (NBSAP) ainsi qu’une Protected Areas National Expansion Strategy.
Un plan stratégique en vue d’améliorer l’état des forêts sera lancé prochainement avec la plantation de quelque 500 000 arbres sur une période de cinq ans. « This will improve the habitats for our fauna and flora and will also help to mitigate the effects of climate change », a relevé le ministre. Actuellement, la forêt recouvre 25% de la superficie de Maurice. Seulement 2% de cette forêt est considérée comme indigène. Le ministre de l’Agro-Industrie s’est dit confiant que cette législation permettra de résoudre les problèmes qui menacent notre forêt indigène et notre diversité. « Economic development is essential to meeting human needs and to eliminate poverty. However, the sustainable use of nature is essential for the long-term success of development strategies » a-t-il soutenu.
Mahen Seeruttun s’est dès lors appesanti sur les « success stories » de Maurice avec la préservation des pigeons des mares, des crécerelles, des cateaux verts et des passereaux. Il a rappelé que les parcs nationaux, comme le Black River Gorges National Park et le Bras D’eau National Park, disposent de forêts indigènes et constituent une intéressante attraction touristique. Le programme de restauration est en cours en vue d’enlever les espèces envahissantes, dont les goyaves de Chine. Il a également fait mention de la Vallée de Ferney et de la Vallée d’Osterlog, qui hébergent des plantes endémiques. Il existe également des forêts privées incluant des régions sur les montagnes et des rivières contenant une riche flore et une faune indigènes. Le ministre a également évoqué les mesures prises pour protéger les îles entourant Maurice. Le ministre Seeruttun s’est ensuite appesanti sur les mesures préconisées par la législation, dont la réduction de la zone tampon entre les forêts et les zones habitées d’1 km à 200 mètres.
Le texte de loi a été soutenu par l’ensemble du Parlement. Toutefois, certains parlementaires ont attiré l’attention sur certaines questions spécifiques. Rajesh Bhagwan a ainsi plaidé pour une meilleure gestion et une meilleure protection des forêts indigènes et des parcs. Il a déploré l’état lequel se trouve, entre autres, Le Dauguet, à Port Louis, qui est riche en biodiversité. Il a aussi insisté sur la protection des îles autour de Maurice et s’est réjoui que le gouvernement ait repris le contrôle de l’îlot Gabriel. Concernant la décision du gouvernement de réduire la population de chauve-souris, il a dit souhaiter que le ministère s’engage dans une campagne d’explication et d’information, et que toutes les Ong concernées soient parties prenantes de l’action gouvernementale. Mahen Jhugroo s’est, lui aussi, attardé sur l’importance de la protection de la flore et de la faune. Il a souhaité que le comité mis en place par la loi comprenne également une personne spécialisée dans la protection de l’environnement. Ezra Jhuboo a également bien accueilli le texte de loi et a salué le ministre pour la réduction de la zone tampon à 200 mètres. Il a aussi souhaité que le recours au tir à l’arc par les chasseurs soit mieux légiféré. Ceux qui se livrent à ce genre de chasse, selon lui, « doivent être formés et détenir un permis » alors que les touristes, eux, « devront avoir un permis temporaire ». Il a lui aussi plaidé pour la présence d’un membre de la Mauritius Wildlife Foundation sur le comité institué par le ministère.
Manish Gobin a également pris part aux débats. Il a toutefois exprimé des doutes sur la mise en oeuvre de certains aspects de la loi, dont la présence de la police et d’un membre de la sécurité sociale dans certains cas. Plusieurs amendements ont été apportés au texte de loi avant qu’il ne soit adopté en troisième lecture.