“C’est très grave et choquant se qui se passe dans le pays. La population ne doit pas s’endormir et doit se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.” C’est ce qu’a déclaré le leader du PTr à l’issue de l’exécutif des rouges, vendredi dernier, au cours duquel la situation dans le pays a été passée en revue. Outre la signature d’un nouveau traité fiscal entre l’Inde et Maurice qui “mettra fin à notre offshore”, le récent jugement à l’encontre de Pravind Jugnauth dans l’affaire Medpoint ainsi que le bras de fer entre le DPP et l’ICAC ont été les principaux sujets abordés par Navin Ramgoolam. Critiquant le nouveau régime, il insiste: “Pas kapav dire même zafer ki avant. Seki pe arriver li choquant.”
Navin Ramgoolam ne mâche pas ses mots et soutient que “nous sommes de plain-pied dans un système dictatorial, un État policier.” Selon lui, outre les pressions exercées par les “ministres inspecteurs gadget”, le Premier ministre SAJ lui-même a aussi mis de la pression sur la Cour suprême dans l’affaire Medpoint en qualifiant le jugement à l’encontre de son fils d’un “mauvaiis jugement qui sera cassé en Cour suprême.” Pour le leader du PTr, il n’y a rien d’héroïque dans la démission de Pravind Jugnauth en tant que ministre. “Ce n’est pas une question de principe, non plus. Pravind Jugnauth n’avait pas le choix”, dit-il. Et de rappeler que durant son mandat, il a demandé la démission de deux ministres et d’un junior minister. “J’ai aussi demandé à Yatin Varma de démissionner”, dit-il, affirmant ne s’être jamais ingéré dans le fonctionnement des institutions.
Demeure de Nandanee Soornack: “Enn fausseté ki pe manipulé”
Revenant sur la démission de Pravind Jugnauth et de trois autres ministres MSM en 2011, il explique qu’à l’époque, “zot ti dir : Nou loyal avec gouvernement et le Pm, mais la clé dans la main Pm.” Une phrase lourde de sens, selon lui, et qui traduit la façon de penser des membres du MSM. Il ajoute que l’ex-président de la République, en l’occurrence SAJ, lui avait aussi demandé de “touff lenket.” “Mais je n’ai pas cédé”, dit-il, faisant ressortir que c’est la deuxième fois que Pravind Jugnauth démissionne sur l’affaire Medpoint.
Déplorant l’agitation qu’il y a eue en Cour le jour où le jugement dans l’affaire Medpoint a été rendu, il s’offusque que trois quarts des ministres étaient dans la cour, même l’Attorney General. Si on ne peut pas empêcher des partisans de se rendre en Cour, il est important de respecter les institutions, estime le leader du PTr. Il s’indigne aussi des “attaques contre le judiciaire, contre le DPP, contre les avocats.” Un climat de peur s’est installé dans le pays, estime-t-il.
Soutenant “n’avoir jamais exercé de pressions sur les institutions”, Navin Ramgoolam affirme “n’avoir également jamais téléphoné au DPP pour m’ingérer dans ses affaires.” “Jamais je n’ai donné d’instructions. C’est de la fausse propagande”, insistant aussi de “n’avoir jamais donné d’instructions ou fait de pression sur les fonctionnaires.”
Sans vouloir entrer dans les détails concernant la vente de la maison de Didier Maingard à Nandanee Soornack, Navin Ramgoolam précise que “pe dire moi kinn donn lordre pou évaluation. C’est enn fausseté qui pe manipulé. Mo pa ti mank travay.” Selon lui “zot pe met presssion lor fonctionner pou dir sa.”
Commentant le bras de fer entre le DPP et l’ICAC, le leader du PTr est d’avis qu’il faut arrêter les manipulations. “Vous voyez un DPP aller faire un faux affidavit?” demande-t-il. Selon lui, “Paul Bérenger a raison de dire  que c’est SAJ qui a dit aux deux ministres Bhadain et Soodhun de porter plainte contre le DPP.” Et ce serait à partir de là que les choses se sont enchaînées, dit-il. Le PTr souhaite que la Judicial & Legal Service Commission fasse une enquête sur la signature que porte le mandat d’arrêt émis contre Satyajit Boolell. “Il faut savoir qui a signé ce mandat d’arrêt”, dit le leader des Rouges, estimant par ailleurs qu’il y aurait eu, dans cette affaire, outrage à la Cour.
Déplorant “les attaques abusives du gouvernement”, Navin Ramgoolam soutient qu’aujourd’hui, “nou pe gagn zafer avec enn gouvernement kot ena plusieurs capitaines. Nou de plain-pied dans enn système dictatorial et problèmes population pas exister pou zot.” Il cite en exemple le taux de chômage et le nombre d’accidents survenus depuis le début de l’année. “Vishnu Lutchmeenaraidoo a déclaré que 15,000 emplois allaient être créés. Mais depuis six mois, il y a eu plus de 6,000 chômeurs. Le ministre des Finances parle de plein emploi en 2017, et  ensuite il indique que c’est en 2018 qu’il y aura le plein emploi. Il faut savoir!”, s’offusque Navin Ramgoolam. Au sujet de la sécurité routière, il déplore que ce n’est qu’à la suite de 82 décès sur nos routes que “zordi zot pe remette caméra et reguette permis à points.”
DTAT : “Vers la fin de l’offshore à Maurice”
Abordant le  traité de non-double imposition avec l’Inde, l’ex-Pm estime que les nouvelles dispositions de cet accord marqueraient la fin de l’offshore à Maurice. Il se dit sur la même longueur d’ondes que le leader de l’Opposition et met en garde le gouvernement. “Tous les ministres à l’époque, notamment moi-même, Sithanen, Bérenger et Duval avions refusé et avions même pris position”, rappelle-t-il, faisant ressortir qu’il ne faut pas toucher au Capital Gains Tax. “Mais Bhadain a fait croire qu’il sait tout et il a tout accepté. Si nous continuons avec cet accord, c’est la fin de ce secteur”, dit Navin Ramgoolam. Pour l’ex-Pm, il n’y a plus d’investisseurs qui s’intéressent à Maurice. Selon lui, aujourd’hui  “il y a des arrestations sans preuve, uniquement beaucoup d’allégations. L’image de Maurice se ternit. Le gouvernement Lepep pe détruire partout. Zot pé confisqué la démocratie.” Le leader du PTr déplore, de même, l’absence d’explications quant au voyage du Pm à Londres. Il rappelle que et lui et Paul Bérenger, lorsqu’ils ont été se faire soigner à l’étranger, en ont informé la population. 
Interrogé sur l’interpellation de Kailash Purryag aux Casernes centrales, Navin Ramgoolam soutient ne pas trop savoir ce qu’il y a. “Mo pa trop comprend à vrai dire”, dit-il, “mais cela est devenu une routine aujourd’hui, tout cela pour créer la diversion.” Sur le plan interne au PTr, les rouges accueillent de nouveaux membres au sein de son exécutif du PTr. Outre Rama Valayden, l’excécutif du PTr accueille Michael Sik Yuen, Danisha Soornum, Seeven Poonoosamy, Mahend Gungapersad et Raj Pentiah comme nouveaux membres et également les trois autres députés du parti comme membres. S’agissant de la célébration de l’anniversaire de SSR, le PTr le célébrerait le 20 septembre, et non le 18. La date du congrès annuel du PTr qui devait avoir lieu le 20 septembre sera elle revue pour non-disposition de la salle au Swami Vivekananda Convention Centre.