Depuis des incidents graves survenus en février dans un autobus au retour d’une activité à St Pierre, un grand nombre d’élèves “Prevoc” ne se rendent plus à leurs cours au MITD Bel Air Training. C’est le cas par exemple des élèves en troisième année “Prevoc” qui auraient dû y aller deux fois par semaine. Des 35 élèves, seuls sept suivent les cours.
La direction de New Educational College a mené sa propre enquête auprès des élèves concernant ce qui s’est passé dans le bus le 28 février dernier. Selon et selon le manager de l’établissement, la nature des incidents a été confirmée. « Selon leurs témoignages, certains élèves dans le bus ont eu un comportement inacceptable. Ils ont fait état d’actes sexuels. En tant qu’éducateur, je ne pouvais rester insensible ; j’ai alerté officiellement la PSSA. Mais j’ai l’impression que les autorités de l’Éducation prennent cette affaire à la légère », constate Ramparsad Mungur, un des directeurs de l’établissement de Bel-Air.
R. Mungur ajoute que depuis ces incidents, la grande majorité des élèves en troisième année de Prevocational Education sont absents des cours du MITD qui ont lieu deux fois par semaine. Toutefois, ils sont présents à l’école les trois autres jours de la semaine. « Nos élèves disent qu’ils ne se sentent plus en sécurité en allant au MITD », soutient M. Mungur. D’ailleurs, dans sa lettre à la PSSA, il se montre très sévère à l’égard du MITD. « Je leur ai dit qu’à mon avis le MITD n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des élèves qui leur sont confiés. Le MITD Bel Air Training avait désigné un enseignant pour accompagner les élèves à une activité à St Pierre mais selon les témoignages, il n’est pas rentré avec eux. » L’enseignant concerné a été transféré à un autre centre du MITD après cet incident grave.
Selon le responsable du New Educational College, cet incident de février ne fait que s’ajouter à une longue liste de griefs s’agissant de ces cours destinés aux élèves du Prevoc, dispensés par le MITD. « Déjà nos élèves étaient irréguliers à ces cours, maintenant, ils n’y vont plus. C’est pour cette raison que nous avons fait une requête à la PSSA pour que nous gardions nos élèves au collège toute la semaine mais elle n’y a pas accédé, arguant que c’est une policy decision. »
Les parents d’élèves impliqués dans cet incident survenu dans le bus n’ont consigné aucune déposition à la police. En revanche, le responsable de Bel Training Centre a référé le cas à la Child Development Unit et au ministère de l’Éducation.
Par ailleurs la Fédération des Managers des Collèges Privés est toujours inquiète de la manière dont se déroule le programme d’études pour les 3e et 4e années de Prevoc. « Le ministre de l’Éducation ne s’intéresse nullement aux nombreux problèmes qui se posent dans la cogestion de ce programme d’études ni aux autres problèmes du secondaire privé. Tou dimoun pe trouve ki sistem-la pa pe marse eksepte minis. On ne peut conclure qu’il a son propre agenda pour l’éducation », dit amèrement Tejnarain Chumroo, porte-parole de cette fédération.
Du côté de la PSSA, les officiers sont eux aussi « very unhappy » des nombreuses failles dans la mise en pratique du nouveau système. « Nous sommes conscients qu’il y a beaucoup de problèmes mais c’est le ministère qui dicte tout », dit avec colère l’un d’eux. Mais des employés de cet organisme tiennent aussi la direction pour responsable de la présente situation, qui selon leurs observations, « a un rôle très passif vis-à-vis du ministère ». Ces employés, qui sont sur le terrain, se demandent si la direction de la PSSA dans les réunions au ministère a posé toutes les questions nécessaires au sujet de la nouvelle formule pour le Prevoc. « A-t-elle fait part de ses désaccords là où cela s’avérait nécessaire ? En tout cas, à l’époque où M. Burton dirigeait l’organisme, on n’aurait rien imposé sur le secondaire privé sans aucune discussions au préalable. L’ancien directeur aurait été ferme dans ses prises de position et le ministère l’écoutait », dit un employé de l’administration.