Le Mauritius Trade Union Congress (MTUC), qui repré- sente la Local Government Employees Association et la Rivière-du-Rempart District Council Employees Union, monte au créneau pour dénoncer certaines pratiques aux conseils de district de Pamplemousses et de Rivière-du- Rempart. Selon son président, Dewan Quedou, des conseillers « s’immiscent » dans le « day- to-day running » et donnent des instructions aux employés sans passer par les chefs de dé- partement. Il plaide pour une formation des conseillers et un code d’éthique.

Pour Dewan Quedou, il est important que les élus régionaux soient des personnes capables de travailleur pour leurs régions, tout en ayant une bonne connaissance de “good governance”. Il estime également qu’ils doivent être sensibilisés à la corruption et aux conflits d’intérêts. Raison pour laquelle le représentant du MTUC à l’Advisory Board de l’ICAC fera une requête pour que la commission s’occupe de la formation des conseillers de district et de village. « Beau- coup ne savent même pas ce que veut dire le conflit d’intérêts. Ils sont également facilement influençables et cela peut donner lieu à des cas de corruption, étant donné que chaque conseil a des sous-comités pour s’occuper de l’octroi des permis, notamment. »

Selon Dewan Quedou, les conseillers sont aujourd’hui payés des fonds publics et ils doivent être à la hauteur de leurs responsabilités, tout en étant intègres. Il souhaite l’élaboration d’un code de conduite pour les conseillers. Dewan Quedou s’appuie sur la situation actuelle aux conseils de Pamplemousses et de Rivière- du-Rempart pour soutenir sa requête. « Il y a interférence des conseillers qui donnent des instructions aux employés sans passer par les chefs de département ou le Chief Executive. Nous avons un enregistrement, où nous entendons un conseiller de district donner des instructions avec menaces pour que certains travaux soient faits dans son village. Ce n’est pas normal. » Il suggère également

d’avoir recours à des professionnels pour siéger sur les différents “tender committees”.

Par ailleurs, Dewan Quedou dénonce les conditions de travail au conseil de district de Rivière-du-Rempart. « Le paiement des heures supplémentaires pour la fête de Divali l’année dernière est toujours dû, les employés n’ont pas d’équipements de protection, les électriciens sont appelés à travailler le samedi sans “overtime” et il n’y a pas de garage où les mécaniciens peuvent faire les réparations.»

D’autre part, à l’approche des élections générales, Dewan Quedou lance un appel aux différents partis politiques, pour que chacun d’entre eux aligne un syndicaliste. « Il est important qu’il y ait des syndicalistes à l’Assemblée nationale, afin qu’ils soient la voix des travailleurs », dit-il.

Le MTUC se prononce également en faveur de nouveaux locaux pour la Wastewater Management Authority. Il souhaite que le ministère des Finances donne le feu vert pour la construction d’un bâtiment à Curepipe, car « la location de cinq étages à la Célicourt, à Port-Louis, coûte cher. »