Les lampions sont éteints. L’histoire retiendra que Maurice a remporté, pour la première fois après 40 ans d’existence, les Jeux des îles de l’océan Indien. On écrit l’histoire sans l’or du foot dont tout un peuple rêvait. Dans un décor inhabituel de Flacq, la finale entre les « frères ennemis » n’a livré son verdict que sur un coup de dés. Mais ce seul coup de pied réunionnais réussi, peut-il avoir vraiment gâché la fête des Mauriciens ? Non. La magie des Jeux était trop forte durant ces 10 jours pour se lamenter de l’échec d’un Club M qui a séduit son public, offrant aux footballeurs la médaille du coeur.

Ce public qui a admirablement répondu au slogan révélateur « fier d’être Mauricien… » durant l’intégralité de ces Jeux. Ce public qui a affiché une fois encore cette capacité d’oublier ses divisions communautaires le temps de ce rendez-vous des îles, car il avait pour mission de soutenir la République de Maurice. Avec passion, avec conviction, comme c’était le cas en 1985, puis en 2003. Ce public empreint de mauricianisme, traduit par cette marée humaine qui a déferlé sur tout le pays comme jamais dans l’histoire de notre pays. Au final, c’est  l’une des nombreuses leçons, sinon la plus importante, à retenir de ces JIOI 2019.

Sur le plan sportif, les résultats ont suivi de façon spectaculaire. La domination a été à la mesure des ambitions affichées. Écrasante par moments. Une moisson record, autant avec les médailles d’or (92), les médailles d’argent (79), qu’avec celles du grand total (224). La Réunion qui, à deux exceptions près (1990 et 2007), a toujours fait cavalier seul, cale cette année, où elle termine troisième, la faute à une clause ajoutée à l’Article 7 de la Charte des Jeux (obligation à ses sportifs, nés dans l’île et être licenciés dans l’île au moins 12 mois avant ces 10es JIOI), mais aussi à la réduction drastique de la subvention de la France au Comité régional olympique et sportif et aux ligues de l’île sœur, réduisant ainsi son vivier sportif. Le maigre bilan — 46 médailles d’or seulement — est une parfaite illustration des difficultés avec lesquelles les Réunionnais ont composé.

En revanche, Madagascar, avec un très bon score de 127 médailles, dont 49 or, rentre à la maison sans trop de regrets. Tout comme les Seychelles, qui regagnent l’archipel avec 109 breloques (27 or), les Comores avec 15 médailles dont une or, signé du handisportif Fahad Ahamada, et Mayotte, qui réalise un score honorable (13) avec deux médailles d’or en athlétisme et judo.

Les Maldives, sur lesquelles on aura désormais les yeux rivés puisqu’elles se sont attribué la pérennité de ces Jeux en 2023, ont mis en lumière une gamine de 11 ans, double médaillée d’or en tennis de table, dans un pays régulièrement critiqué pour son non-respect envers les droits humains, les filles en particulier. À cet état insulaire de l’océan Indien aux 1 199 îles (dont seulement 202 habitées), dont la capitale et la plus grande ville, Malé, se situe sur l’atoll du Nord, nous leur disons Marhaba* aux JIOI 2023.

*Bienvenue en dhivehi, langue maldivienne.

Daniel SOULANGE