L’initiative semblait venir de nulle part. Mais c’est sans doute ce côté improvisé, avec les moyens du bord, qui a fait tout le charme de One Love One Continent. Non pas que nous soyons sortis naïvement charmés par le cadre idyllique de ce concert joué au bord d’une mer noire, avec, au loin, les silhouettes des montagnes de Mahébourg sous un dôme d’étoiles et de nuages. Le décor en lui-même aurait suffi à faire fondre les âmes romantiques. Mais c’est surtout la dimension musicale et artistique du projet qui en a fait un beau souvenir.
À l’aube de l’histoire du Sunshine Gang, Zulu voulait un rassemblement autour de ce renouveau musical qui enrichit désormais le paysage culturel du pays de sonorités créées de toutes ces influences qui sont parvenues jusqu’à nos côtes. Du sud, est ainsi remontée en surface une vague de créativité et d’originalité pour asperger la scène de fraîcheur, dans une énergie régénératrice qui permet de comprendre que tout peut encore être inventé.
Malgré le froid, l’ambiance est restée chaude durant cette réunion vécue dans l’intimité entre fans, amis, amateurs de musique. Pas de méga star pour ce concert, mais une assemblée d’artistes réunis dans le même état d’esprit. Un spectacle qui a su miser sur la diversité, tout en restant cohérent, et qui a duré de 20h30 à 1h.
À cette heure, les anciennes et les nouvelles compositions de Zulu, accompagné du Sunshine Gang, sont venues clore le concert. Une sonorité encore plus roots pour le chanteur, qui prend ici un peu plus de volume dans les accents blues et black qu’on lui a découverts à travers BlackMen Bluz, formation qui continue parallèlement son cheminement.
Roots.
Plus tôt, la surprise était venue de l’ouest à travers Fusional Mind, qui recevait en ses rangs Damien Elisa. L’accord parfait entre les deux illustre l’esprit musical de ce groupe, qui fera certainement parler de lui prochainement.
Venu de Camp Levieux, Etaé n’a souffert d’aucun dépaysement, ses fans l’ayant accompagné pour le trajet. La joyeuse équipe du Sapin continue ainsi son pèlerinage musical après la récente sortie de son album. Ce samedi, Lion Kklash et Ludovic Matombé étaient aussi présents aux côtés du groupe.
Tabla, guitares sèches, conga, percussions et basse ont accompagné une autre grande voix de sud pour une belle envolée de Denis Fricot. Poète kreol aux accents mélancoliques et colorés, le chanteur de Sant Lavi a choisi l’acoustique et la fusion pour son retour aux roots. Dans le même esprit que Dagger Killa qui, avec son groupe Ragga Koustik, reprend ainsi un genre qui lui va très bien. L’électrique débranché, portée par les guitares et la percussion, l’énergie ragga de Dagger aura été un autre grand moment du concert.
Ludmilla a puisé parmi les meilleurs morceaux du répertoire qui a permis à Maurice de découvrir sa voix pleine de promesses. Elle était soutenue par Rolo et les musiciens de Sup Saman.
Animé par Anouchka Massoudy, le concert a débuté avec l’enfant chérie de Mahébourg, Jane Constance, accompagnée par son père. La magie de la jeune chanteuse a une fois de plus séduit le public.
Né dans le sud, One Love One Continent a atteint ses objectifs et peut penser à d’autres rives…