Les cérémonies de remise de diplômes reportées à une date ultérieure

COVID-19 et confinement obligent, les activités universitaires ont totalement été chamboulées, forçant les autorités à introduire des cours en ligne. Une méthode qui aura largement séduit les étudiants dans le tertiaire, ces derniers préférant désormais poursuivre leurs études à domicile plutôt que d’être physiquement présents dans les amphitéâtres.

« Nous observons que les étudiants sont plus connectés en ligne pour les cours. D’ailleurs, un de mes chargés de cours m’a informé avoir remarqué ses étudiants en ligne alors qu’en période normale, plusieurs d’entre eux n’étaient pas présents physiquement pour les séances de travail », soutient au Mauricien le directeur général de l’Open University of Mauritius (OUM), le Dr Kaviraj Sukon. Ce qui prouve, selon lui, que son établissement avait fait « le bon choix » en prenant cette direction bien avant que n’émerge la crise. Sans compter, dit-il, que ce faisant, les étudiants étaient déjà familiarisés avec la technologie, maîtrisant en effet la logistique, disponible sur une plateforme spéciale.

Le directeur général de l’OUM explique ne pas avoir rencontré de problème majeur pour organiser les cours en ligne, des « guidelines » ayant en effet été mises en place pour s’assurer que les cours soient correctement offerts. Cette formule semble en tout cas très appréciée à la fois par les étudiants et les chargés de cours, et ce en raison de la flexibilité des jours et des heures de cours, ces derniers étant quelquefois dispensés le dimanche ou en soirée, mais aussi du choix de la plateforme virtuelle. « Cette flexibilité est un atout », dit encore le Dr Sukon. Et de poursuivre que même les chargés de cours comptant déjà une longue carrière se sont accommodés à cette technologie.

Une étudiante de 2e année à l’OUM, et âgée de 20 ans, dit beaucoup apprécier de suivre les cours en ligne. « Depuis le confinement, j’ai tout mon matériel sur la plateforme. Je n’ai pas non plus le stress de sortir très tôt le matin pour me rendre au campus », explique-t-elle. « La seule chose qui me manque peut-être, c’est de plus pouvoir rencontrer mes camarades de classe de temps en temps. » Un de ses condisciples, qui étudie en « médias et communication », est du même avis, bien « qu’un peu inquiet », dit-il, quant à la dissertation qu’il devra bientôt effectuer.

La formule virtuelle ne s’adresse d’ailleurs pas seulement aux seuls cours. L’OUM y aura également recours pour les inscriptions à ses cours, dont l’institution fait déjà la promotion pour sa rentrée, prévue en août prochain. « Nous avons donné des consignes strictes aux étudiants pour qu’ils ne viennent pas à l’université, à Réduit. Les demandes et les paiements se font en ligne. Mais si quelqu’un éprouve une difficulté quelconque, il est toujours possible de nous envoyer un courriel », dit le Dr Kaviraj Sukon. Il ajoute que des démarches ont été entreprises auprès d’institutions bancaires pour faciliter le paiement des frais administratifs et d’autres frais. Une fois les demandes terminées, précise-t-il, « les futurs étudiants recevront un e-mail pour leur dire s’ils ont été ou non sélectionnés ». Et le directeur général de l’institution de dire s’attendre d’ailleurs à une hausse du nombre d’étudiants dans le cadre de la prochaine rentrée.

Le Dr Kaviraj Sukon tient en outre à aborder la question de la 10e cérémonie de remise de diplômes, prévue les 14 et 15 mai de cette année, et qui bien entendu été annulée. « Nous avions déjà prévu cette cérémonie, mais nous l’avons provisoirement renvoyée à juillet », dit-il. La date de la cérémonie restera toutefois dépendante de la décision du gouvernement. « Nous appliquons strictement les lois », précise le directeur général. Néanmoins, pas question pour autant de pénaliser les 1 000 étudiants devant obtenir leur diplôme. Ces derniers seront donc probablement appelés individuellement ou par petits groupes au bureau de l’université, cette option étant cependant tributaire des conditions de déconfinement imposées par les autorités.

La situation à l’Université de Maurice (UoM) ne diffère pas de celle de l’OUM. Là aussi, les cours en ligne sont plébiscités. « Grâce aux classes en ligne, les étudiants peuvent télécharger leurs cours et y avoir accès quand ils le veulent », explique ainsi le Pro-vice-chancelier de l’UoM, le Dr Mohammad Santally. Ce dernier rappelle qu’avec la formule mise en place, les étudiants ne sont pas obligés de se connecter à des heures précises. Les cours étant en effet enregistrés, « ils peuvent se connecter quand ils le souhaitent sur la plateforme en ligne pour apprendre ».

À l’UoM aussi, la formule des cours en ligne n’est pas totalement nouvelle. L’institution utilisait en effet déjà cette technologie « à un certain niveau », explique le Dr Santally. « Tous les étudiants de première année ont quelques modules en ligne. De ce fait, ils sont habitués », poursuit-il. Quant aux chargés de cours plus habitués à dispenser leurs cours en classe, il avance que ceux-ci « s’adaptent à la technologie », ajoutant que certains ont bénéficié de sessions de formation.
La formule des cours virtuels n’offre cependant pas que des avantages, car étant tributaires de potentiels problèmes techniques, explique encore notre interlocuteur. Et de citer le cas d’un « ordinateur qui ne fonctionne pas », des micros défaillants ou des connexions instables. «  Malgré cela, dans la pratique, les chargés de cours et les étudiants arrivent très bien à se débrouiller », dit-il.

Dans tous les cas, il rappelle qu’il ne reste que six semaines de cours aux étudiants. Ceux de 1re et de 2e année seront examinés à travers leur « course work », dit le Dr Santally. Quant à ceux de 3e année, « des examens sont prévus pour eux, mais leur tenue dépendra des conditions et des ‘guidelines’ du gouvernement ». Ensuite, tout comme l’OUM, l’UoM se prépare elle aussi à sa prochaine rentrée. Les futurs étudiants ont actuellement le choix entre payer les frais de leurs cours par virement bancaire ou à travers leur carte de crédit.

À noter enfin qu’en raison du confinement, la cérémonie de remise de diplômes prévue en avril a été reportée à une date ultérieure. Ce qui n’empêchera pas les étudiants ayant achevé leurs cours d’obtenir leur diplôme après la tenue des différents « boards ».