Deux ans après l’écroulement de l’empire de Dawood Ajum Rawat sous le poids de Ponzi-Like Schemes, expression utilisée dans le rapport de nTan Associates pour le compte de la Banque de Maurice, le coût continue de s’alourdir. Aux dernières nouvelles, le montant global à identifier pour le remboursement des victimes, qui n’ont pas encore été compensées, se monte à quelque Rs 9 milliards, et ce sans compter les Rs 3,5 milliards, avancées par la Banque de Maurice depuis le 30 juin 2015, et qui n’ont pas encore été remboursées, même si cette ligne de crédits avec la garantie du ministère des Finances était échelonnée sur 12 mois.
Toutefois, les engagements du gouvernement ne s’arrêtent pas à ce seul chiffre. Car avec la mise sur pied de la MauBank Ltd au 1er janvier 2016, le gouvernement a dû injecter des fonds de plus de Rs 1,6 milliard de même qu’un Advance Account de Rs 500 millions sur le compte de la Mauritius Post and Cooperative Bank, qui a été fusionnée avec la MauBank Ltd. Puis il y a un montant de Rs 1,5 milliard sous forme de « Shares and Other Equity Purchase » dans le capital de la National Insurance Company Ltd et de la NIC General Insurance Co, avec l’écroulement de l’empire BAI dans le sillage de l’opération Daylight Robbery.
Avec les Rs 8,7 milliards déjà déboursées en faveur de 11 535 Policyholders avec des investissements de moins de Rs 1 million dans le Super Cash Back Gold de la BAI et quelque 5 000 autres Policyholders, la facture post-BAI, avec la révocation de la Banking Licence de la Bramer Banking Corporation Ltd par la Banque de Maurice le 3 avril 2015, devrait s’élever à plus de Rs 20 milliards. En contrepartie, l’opération de recouvrement confiée au Special Administrator de la BAI Co (Mtius) Ltd, Yacoob Ramtoolah, n’a généré que Rs 8,2 milliards, soit Rs 6,6 milliards en liquide et Rs 1,6 milliard en propriétés immobilières transférées à la National Property Fund Ltd. De son côté, la ligne de crédits de Rs 3,5 milliards de la Banque de Maurice demeure encore en suspens à ce jour.
Dans l’immédiat, la priorité pour le remboursement des victimes du groupe BAI est la prochaine échéance du 30 juin prochain avec un montant de Rs 1,6 milliard à être distribué à cette occasion, soit la tranche annuelle de 20%. Lors d’un rassemblement à la mi-journée pour marquer le 2e anniversaire de la BAI Saga, des victimes ont dénoncé la manière de faire des autorités et ont fait part de leurs inquiétudes sur ce qui les attend.
A l’Assemblée nationale mardi dernier, le nouveau ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur, a voulu se montrer rassurant en répondant à la Parliamentary Question du député Adil Ameer Meea. Il a déclaré que « my Ministry and the Ministry of Finance and Economic Development have set up a joint working group to find a solution to this problem », ajoutant : « I am also informed by the NPFL Special Administrator that actions are being taken to trace money and assets of the ex-BAI group locally and abroad and that they intend to hire the services of a global fraud investigation firm, thereby making funds available to repay the Super Cash Back Gold policyholders. »
Néanmoins, une des options en discussion en vue d’identifier des sources de revenus pour ce remboursement est l’ouverture du capital de la MauBank Ltd et de la National Insurance Company à des tierces parties. « Officials of my Ministry and the Ministry of Finance and Economic Development are looking into the exit strategy which Government will adopt with regard to the NIC Limited, and also possibly MauBank Holdings Limited with a view to meeting the future commitments for the payment of the Super Cash Back Gold policyholders », avait-il renchéri à cet effet.
Les dernières informations disponibles par rapport à la performance de la MauBank Ltd et de la National Insurance Ltd, que ce soit par le truchement du dernier rapport du directeur de l’Audit, déposé à l’Assemblée nationale, ou encore les détails divulgués par le député Uteem à l’Assemblée nationale, poussent à des questions quant aux retombées de cette ouverture du capital. Avec l’incorporation de la MauBank Ltd, le gouvernement avait souscrit la somme de Rs 100 000.
« With the creation of MauBank Holdings Ltd, the existing Government’s shareholdings (754 371 664 Ordinary Shares) in the Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) Ltd, and in the National Commercial Bank (NCB) Ltd (70 000 000 Ordinary Shares of no par value, representing an investment of Rs 700 000 000, held by Government) were transferred to MauBank Holdings Ltd on 17 September 2015 », ajoute le rapport de l’Audit, qui confirme que « during financial year 2015/16, government injected a total amount of Rs 1,6 billion as Equity in MauBank Holdings Ltd ». Subséquemment, en septembre 2016, « an additional amount if Rs 6 million was injected in MauBank Holdings Ltd as equity to enable the company to meet its operating expenses ».
Avec le transfert le 17 septembre de l’actionnariat de la MPCB à la MauBank, le gouvernement a dû avoir recours à un Advance Account de Rs 500 millions en faveur de la MPCB. En juin 2015, le gouvernement avait dû procéder à une « additional equity injection » de Rs 753 millions dans la MPCB, qui faisait face à une « precarious financial situation ».
De son côté, la National Insurance Co Ltd, qui a pris le relais des 135 000 « regular premium life insurance policy and health insurance policy holders » de l’ex-BAI Co Ltd, a bénéficié du gouvernement de « five advances totalling Rs 1,260 million mentioned above, and for the conversion of subordinate debt of Rs 253 million of MPCB Ltd into equity, three retrospective Virements were effected in August 2015 for a total amount of some Rs 1,499 million ».
En dépit de ce soutien sous forme de fonds publics, la controverse est toujours de mise par rapport à la santé financière de la National Insurance Co Ltd. « The minister mentioned that this company has made a profit. I asked my question about what is the financial situation today. Isn’t it the case that as at October 2016, NIC reported a loss of Rs 240 million and it is further forecasted that the company might report losses above Rs 530 million by end of June 2017 ? Is he agreeable with these figures ? » s’est demandé Reza Uteem, le ministre se contentant de dire que les chiffres au 30 juin 2016 révèlent des profits de Rs 58,4 millions avec la NIC ayant remboursé des primes de Rs 1,1 milliard arrivant à échéance.