A peine une semaine après la lettre circulaire sommant formellement tous les nominés politiques et les contractuels de l’ancien régime de soumettre leurs démissions, le nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep est passé à l’action. Le symbole de l’opération « Kup Latet » est tombé, vendredi après-midi, avec le limogeage séance tenante du gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing (Manou) Bhenick. L’un des deux Deputy Governors, Issa Soormally, a été également sommé d’évacuer la Bank of Mauritius Tower sur-le-champ le même jour. Par contre, l’autre Deputy Governor Googoolye, dont le contrat était renouvelé “on a month-to-month basis” depuis quelques mois déjà, n’a pas accusé réception de la lettre de démission émanant de la State House, vendredi, probablement sur la base que le renouvellement mensuel du contrat ne se fera qu’à la fin de cette semaine. Par contre, le Proper Handing Over à la tête de la Banque centrale n’a pu se faire jusqu’ici car Manou Bheenick ne connaît pas encore le nom de son successeur.
Même s’il affirme avoir décelé, au préalable, des indications quant à son éventuel remplacement à la Banque de Maurice depuis la proclamation des résultats des élections générales du mercredi 10 décembre, Manou Bheenick ne se cache pas pour laisser comprendre qu’il est choqué par l’aspect brutal de la mise à exécution de cette décision. “A l’heure où je vous parle, je ne suis plus gouverneur de la Banque de Maurice. J’ai reçu ma lettre de démission à 14h vendredi. Mention est faite que cette décision entre en vigueur avec effet immédiat. Je ne m’attendais pas à une façon aussi brutale que cela. Cela manque d’élégance à ce niveau de l’Etat”, déclare-t-il à Week-End.
L’ancien gouverneur de la Banque centrale ajoute que le réalisme dicte le fait qu’une telle décision allait intervenir tôt ou tard. “On peut lire ce qu’il y a dans le vent. Il y avait des indications qu’il allait y avoir un changement. Mais pas aussi brutal que cela”, poursuit-il en regrettant que 24 heures après son limogeage, il n’a pas été en mesure d’assurer un Handing Over à la tête d’une institution aussi importante que le régulateur du secteur bancaire à Maurice.
“Je n’ai pu faire cet exercice de passation de pouvoirs pour la bonne et simple raison que je ne connais pas encore le nom de mon successeur. J’en ai fait la demande. Entre-temps, je continue à faire mes bagages pour que la place à la tête de la Banque de Maurice soit libérée dès lundi matin. Toutefois, j’espère que la transition ne durera pas trop longtemps pour le bien de l’institution”, s’appesantit-il.
Manou Bheenick avance que l’urgence de l’heure est de régler le problème de ses salaires. “Vous n’êtes pas sans savoir que je n’ai pas touché un sou de mes salaires depuis que je suis devenu gouverneur de la Banque de Maurice. Je pense que le moment est venu également pour que tout soit mis en ordre à ce chapitre”, dit-il.