Une des conséquences directes de l’interpellation au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, samedi après-midi, de l’avoué Pazany Thandrayan, se traduit par un refroidissement de Nandanee Soornack dans son projet de rentrer à Maurice pour donner sa version des faits dans le cadre de l’opération « Lakaz Lerwa Lion ». C’est ce que laisse entendre l’entourage légal de la partenaire d’affaires de Rakesh Gooljaury après avoir pris connaissance des détails de l’affidavit, décliné en 36 paragraphes, juré par l’avoué Thandrayan contre le Central CID. Cette demande d’injonction sera appelée sur le fond demain matin devant le juge Abdurrafeek Hamuth, siégeant en référé. En parallèle, en cette fin de semaine, l’accalmie sur le plan de l’enquête sur le River Walk Jackpot de Rs 224 millions confiée à la Special Cell du Central CID, sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi, est toujours de mise le temps que les derniers préparatifs en vue de cet exercice crucial depuis l’arrestation de Navin Ramgoolam, le vendredi 6 février, ne soient bouclés.
Même si Nandanee Soornack a tenté dans la conjoncture de réconforter le personnel d’Airway Coffee quant à l’avenir des opérations exclusives de cette société de restauration au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, le fait inéluctable demeure qu’il est une quasi-certitude que “Madam ou kone ki mwa” ne reviendra pas à Maurice.
Le dernier élément de refroidissement dans ses désirs de rentrer au pays pour consigner sa version des faits dans les affaires qui défraient la chronique depuis le début de l’année – soit les Rs 224 millions de River Walk, les Rs 100 millions de commissions présumées de Dufry AG sur les contrats avec Mauritius Duty Free Paradise Ltd ou encore les allégations de blanchiment de fonds d’un montant de Rs 800 millions – reste le traitement subi par l’avoué Thandrayan. « Avec le traitement qu’a subi l’avoué Thandrayan entre les mains du Central CID à son arrivée à l’aéroport depuis samedi après-midi, et l’acharnement dont ont fait preuve les enquêteurs pour essayer de retrouver des documents contre Rakesh Gooljaury dans les bagages de cet homme de loi, il est plus qu’évident que Nandanee Soornack ait décidé de revoir sa décision de rentrer à Maurice », fait-on comprendre dans le giron du Legal Panel intéressé par les dessous de l’opération « Lakaz Lerwa Lion ». Trois raisons sont avancées pour justifier la décision de Nandanee Soornack de rester en Italie : d’abord, elle dit craindre pour sa sécurité personnelle vu la proctection de haut niveau politique, dont bénéficie Rakesh Gooljaury. Elle ajoute que, comme l’a fait comprendre son avoué, Me Thandrayan, dans son affidavit, elle ne peut faire confiance à la police.
« Having regards to the various unlawful abuses of the police to which I have been subjected since my arrival back from Italy, I do not trust the police. I have fears that, in the circumstances, anything short of an Order from the Honourable Judge in Chambers might give the police the latitude to further abuse my rights and those of my clients (y compris Nandanee Soornack) », a soutenu l’avoué dans le document légal déposé au juge Abdurrafeek Hamuth mardi pour obtenir un ordre intérimaire contre le Central CID.
Le troisième élément est que la principale intéressée doit assurer la sécurité de sa benjamine, qui a été admise à l’école en Italie. Nandanee Soornack, qui pourrait prévaloir de son titre de séjour permanent dans ce pays, se prépare à contester toute demande d’extradition qui pourrait être logée contre elle par les autorités mauriciennes en se basant sur la thèse d’une « vendetta politique depuis les dernières élections générales ».
Il n’est nullement un hasard que l’une des initiatives entamées l’avocat de Nandanee Soornack à Londres, Me Raj Boodhoo, de Boodhoo Solicitors, a été de soulever formellement auprès des instances judiciaires britanniques compétentes l’interpellation de l’avoué Thandrayan et du Breach of Privilege sous la Law Practitioner’s Act avec l’examen des « confidential and privileged documents’ » de ses clients sans aucune raison valable.
Ce Pre-Emptive Move de Me Boodhoo et les procédures devant le juge siégeant en référé au nom de l’avoué Thandrayan devront être versés dans le dossier pour contester toute extradition à venir de Nandanee Soornack. L’une des demandes de l’avoué de la partenaire d’affaires de Rakesh Gooljaury est explicitée au paragraphe de l’affidavit du 17 février à l’effet que : « The laptop, the mobile phones, files and documents unlawfully seized contain confidential and privileged to most cases in which I am instructed. I am being hindered in the discharge of my duties towards the Courts and my clients. It is therefore urgent that the integrity of these be restored to me for the due execution of my duties and for preventing my clients from suffering irrerapable harm. »
Par ailleurs, pour le quatrième jour d’affilée, aucune séance d’interrogatoire Under Warning de Navin Ramgoolam n’est au programme de travail du Central CID. Me Gavin Glover, Senior Counsel, l’un des Leading Counsels de l’ancien Premier ministre, est passé hier après-midi au QG du Central CID pour les dernières informations relatives à l’audition sur le volet des Rs 224 millions, dont Rs 110 millions en devises étrangères, et le délit provisoire de « Money Laundering ». Aucun rendez-vous n’a été fixé officiellement, que ce soit sur le cas de blanchiment de fonds ou encore le décryptage des secrets des six téléphones cellulaires de Navin Ramgoolam, a fait comprendre Me Glover aux journalistes présents aux Casernes centrales.