Aman et ses poulains

Aman Ramlutchumun, habitant Bois-Rouge, Pamplemousses, a été champion de Maurice dans la catégorie masculin-Kata-Juniors (15-17) et masculin Kumité lors du championnat national de karaté en 2017. La compétition avait eu lieu au dojo de Beau-Bassin sous l’égide de la All Mauritius Karate Federation (AMKF). lls étaient une centaine à avoir participé à ce championnat qui avait bénéficié de l’assistance d’une quinze d’arbitres et de juges internationaux. « C’était également l’occasion de prouver que le karaté n’était pas réservé aux hommes. Beaucoup de jeunes filles ont montré leur talent », se rappelle Aman.

Ayant appris le karaté dès l’âge de trois ans de son père Sanjay Ramluchmun attaché comme “Senior Officer” au ministère de la Jeunesse et des Sports, ce jeune étudiant (18 ans) de l’Université de Maurice a voulu transmettre son savoir aux tout petits qui fréquentent les maternelles de la région de Pamplemousses où il habite. Pour y arriver, il a pris contact en avril dernier, avant les vacances scolaires, avec les responsables des écoles maternelles de la région, soit une dizaine. L’objectif était d’initier le karaké aux enfants.

« Je ne m’y attendais pas. La réaction a été très positive et même les parents ont manifesté un grand intérêt. Les enfants, environ deux cents, s’étaient fait enregistrer », dira-t-il.

Le Sun Dragon Karaté Club fondé par le père d’Aman, et situé à Bois Rouge, a commencé à accueillir les apprenants trois fois par semaine. Le club a été transformé en une ruche d’abeilles. « La chose qui m’a étonné le plus a été l’engouement des enfants. Ils ne rataient pas une seule séance. C’était une expérience fort enrichissante mais parfois traumatisante lorsque vous avez en face de vous une ribambelle d’enfants qui s’expriment à haute voix pour attirer votre attention ou qui veulent vous faire la démonstration qu’ils sont les futurs champions du monde dans cette discipline. » Et de poursuivre : « Ene zafaire ki mo capav dire ou, mo ti bizin servi tout psychologie pou capave amène ban enfant la à l’ordre. Pas coné ki pou faire letan zot commence faire tapaze. Je ne vous le cache pas. Bien avant le concours, j’avais une grosse frayeur de ne pouvoir maîtriser la situation. Pour ne pas créer la frustration parmi eux, je leur avais bien expliqué l’objectif de ce concours. Résultats, parents, enfants et les responsables des écoles étaient très satisfaits car c’était une grande première dans la région. »

Et comment, lui, a-t-il développé une passion pour le karaté ? « J’étais très turbulent lorsque j’étais tout petit. Je bougeais partout dans la maison. J’avais un trop-plein d’énergie. Comme mon père pratiquait les arts martiaux, il m’amenait avec lui pour des séances d’entraînement, histoire de laisser ma mère tranquille avec ses travaux ménagers. Au fi l des années, j’ai commencé à développer une grande passion pour les arts martiaux qui m’ont fait découvrir des valeurs telles que la discipline, le goût de l’effort, le respect de l’autre. J’ai beaucoup appris et il me reste beaucoup à apprendre. Mais lorsque vous êtes encore étudiant, il faut savoir garder l’équilibre », conseille-t-il.

Comme tous les athlètes, Aman a lui aussi de grandes ambitions. L’une d’elles est de participer aux jeux olympiques de 2019. En attendant, il s’entraîne quatre fois par semaine pour garder la forme.