Ce dimanche de Pâques, la chrétienté célèbre la commémoration de la résurrection glorieuse du Christ, de Sa victoire sur la Mort. “C’est le jour où les disciples de Jésus se rendirent à son tombeau pour découvrir qu’il était vide. Sur le chemin du retour, ils rencontrèrent Jésus ressuscité et commencèrent à répandre la bonne nouvelle.”(1)
 
 
La pâque, dans l’Ancienne Alliance, ou Pâques, dans la Nouvelle Alliance, est une institution incontournable du monde judéo-chrétien. Durant les premières décennies de la chrétienté, Pâques coïncidait avec la Pâque juive de l’Ancienne Alliance. A cette époque le calendrier utilisé pour fixer la date de Pâques était le calendrier juif ou babylonien. La résurrection de Jésus-Christ tombait le 14ème jour du mois de Nissan en même temps que Pessah, la Pâque juive. Il est significatif que “les chrétiens d’origine juive avaient, avant 70, continué à célébrer ces fêtes à la manière israélite, tout en y ajoutant à Jerusalem, au moment de la Pâques, une commémoration de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ et que “certaines des Eglises extérieures à la Palestine leur avaient emprunté dès Ie 1er siècle cette coutume, tout en évitant de s’associer aux cérémonies synagogales.” (Histoire des religions, Tome 2, Encyclopédie de la Pléiade, 1983).
Mais avec des divergences apparaissant entre les églises d’Orient et l’église romaine autour de la date de la fête pascale, il fut nécessaire de convoquer un concile, en l’occurrence le concile de Nicée, ce que fit l’empereur Constantin 1er en 325. Les églises d’Orient menées par Alexandrie souhaitaient “maintenir la date du 14 Nissan comme jour de Pâques, tandis que Rome tenait à ce que Pâques tombe un dimanche, indépendamment du calendrier babylonien. Ce qui permettait en outre de clairement distinguer la Pâques chrétienne de Pessa’h (Pâque juive).” (“Un rappel historique de la Pâques” in “Joyeuses Pâques”, Magazine Souvenir – Pâques 2012, Editeur DESCOM Ltd). Au concile de Nicée, “il fut décidé que tous les chrétiens fêteraient Pâques le premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe du printemps. Pour éviter toute confusion avec la fête juive, Pâques devait être décalé d’une semaine les années où l’équinoxe correspondait à Pessa’h.” (Idem) Pourquoi Rome a-t-il insisté pour que Pâques soit célébrée un dimanche? Tout simplement parce que Jésus est ressuscité des morts un dimanche, le premier jour de la semaine. C’est pourquoi Pâques est la fête de la résurrection de Jésus, et la célébrer un dimanche c’est la mettre dans sa perspective historique. “…la querelle pascale évoquée ci-dessus manifesta, à travers le conflit relatif à la date, une profonde divergence sur le sens de la fête de Pâques: commémoration de la mort de Jésus pour les ‘quartodécimains’ qui la célébraient le jour de la Pâque juive, la fête ayant aux yeux des Eglises qui la plaçaient le dimanche suivant le sens d’une évocation de la résurrection…” (Histoire des religions, Tome 2,  Encyclopédie de la Pléiade, 1983)