Les musulmans de Mare aux Goyaves, Camp de Masque Pavé et des environs ont désormais un nouveau lieu de culte. Il s’agit du Baba Khan Ibaadat Khana, l’ancienne “Mosquée cassée”, nouvellement restaurée, et qui accueille déjà des dévots de différents coins du pays. Un travail accompli par la famille Peerkhan, des amoureux du patrimoine qui ont su préserver tout ce qui pouvait l’être de la vieille bâtisse.
La route menant au Baba Khan Ibaadat Khana à Mare aux Goyaves, Camp de Masque Pavé, est bordée de champs de cannes, de bananes et d’ananas. Ce qui n’était que ruines il y a un an à peine s’est transformé en un havre de paix où les dévots peuvent venir se recueillir, prier ou méditer. Avec la tranquillité qui règne au pied de la montagne où est niché le lieu de culte, on se laisse facilement porter par le chant des oiseaux. L’air est frais et pur. Toute la végétation autour est une invite à oublier le stress de la vie quotidienne.
Émotion.
Lorsqu’il a découvert les lieux l’année dernière, Swaley Peerkhan a été immédiatement séduit. Devant les ruines de la “Mosquée cassée”, la surprise a vite laissé la place à l’émotion. Un véritable coup de foudre pour cette bâtisse pourtant délabrée. “J’ai tout de suite senti un appel pour restaurer les lieux”, confie-t-il. Il avait été informé de l’existence de ce lieu de culte abandonné par un de ses employés. Swaley Peerkhan a tout de suite songé à le transformer et à lui redonner vie : il était impensable à ses yeux qu’un lieu sacré demeure dans cet état.
Avec son épouse Fariza et guidés par leur foi, ils ont tout mis en oeuvre pour mener à bien cette mission. À la place des incantations nocturnes que les habitants de la région disaient entendre la nuit, le couple voulait que des hommes et des femmes viennent s’y recueillir.
Fierté.
Construite pas des immigrants indiens en 1884, le bâtiment n’a pas résisté à l’usure du temps, faute d’entretien. Tombée en ruine depuis plusieurs années, elle a vite été laissée à l’abandon.
Lorsqu’on voit des photos de l’ancienne mosquée, on mesure tout le travail accompli pour la restaurer et la préserver. Pour le défrichage et le nettoyage des lieux, le couple Fariza et Swaley Peerkhan n’a pas hésité à mettre la main à la pâte avec les ouvriers. Ils ont tenu à faire du neuf avec du vieux.
Le résultat fait la joie et la fierté de tout le monde. Le pan d’un ancien mur trône fièrement à l’entrée alors que les pierres des autres façades ont été utilisées pour le sol. Le coin pour les ablutions est entièrement en pierre. Le mimbar (autel) retrouvé sous terre mais en bon état a de nouveau pris la place qui lui revient. Avec certains équipements modernes installés, le passé côtoie allègrement le présent et les générations à venir pourront en profiter.
Mémoire.
Même si aucune collecte n’a été faite pour les travaux de rénovation, la famille a obtenu plusieurs dons des habitants de la région. Cela lui a permis de réasphalter la route et de créer un parking à proximité du lieu de culte.
Sur une des façades extérieures, des panneaux racontent la magnifique histoire de cette mosquée abandonnée qui a retrouvé une nouvelle jeunesse. À l’intérieur, des vestiges du passé ainsi que des objets métalliques qui ont été utilisés pour les ouvertures sont exposés. Histoire de garder en mémoire le travail de ceux qui ont participé à la construction de la mosquée.