Les défenseurs du patrimoine national se réjouissent. Publico House, un des bâtiments coloniaux de la rue St Georges, abritant il y a quelques années encore l’agence de publicité Publico, ne sera pas détruit.
Pourtant, il y a deux jours, un écriteau, placé depuis le 18 juin 2016, faisait état de la transformation de ce bâtiment à l’architecture coloniale en une Guest House. Face à cette menace planant sur cette maison créole, comme on en voit plusieurs dans cette rue, une pétition a même été lancée en ligne — afin de recueillir le maximum de signatures à être envoyées à la municipalité de Port-Louis — pour que les autorités empêchent le massacre. Et vendredi, le Conseil des ministres a finalement décidé de classer ce bâtiment sur la liste du patrimoine national.
Il s’en est fallu tout de même de peu pour qu’un bâtiment datant du 19e siècle, à l’architecture coloniale, ne soit relégué au plan de bâtiment commercial. C’est ce qu’envisageait du moins le propriétaire, Villa Crystal Blue Ltd, qui a placé une notice le 18 juin dernier sur le portail indiquant son intention de transformer Publico House en “mixed building comprising ground and 12 floors accommodating a guest house and offices”.
Un acte irréfléchi
Au grand dam des défenseurs du patrimoine national, qui se sont regroupés sur les réseaux sociaux pour déplorer ce qu’ils estiment être “un acte totalement irréfléchi, qui aurait détruit un pan de l’histoire de Maurice”. En effet, la rue St-Georges figure parmi les plus belles visites recommandées à Port-Louis et est très réputée sur les réseaux sociaux et autres sites touristiques spécialisés en raison des diverses maisons coloniales qu’on y recense.
Si en état d’abandon depuis le déménagement de l’agence de publicité, cette maison coloniale dispose d’une architecture typique qui lui confère une grande valeur patrimoniale. D’où les nombreuses réactions indignées sur les réseaux sociaux de Mauriciens d’ici et d’ailleurs et de nombreux touristes qui connaissent cette rue.
Objet de curiosité touristique 
Cependant, après une semaine à la vue des passants, l’écriteau a été enlevé vendredi dernier. Le Conseil des ministre a ainsi décidé vendredi de classer ce bâtiment colonial sur la liste du  patrimoine national, en conformité avec l’article 12 de la National Heritage Act. Il semblerait que cette décision ait eu l’appui du ministre du Tourisme qui, interpellé par la disparition des maisons de l’époque, objet de curiosité de nombreux touristes, en a alerté le ministère des Arts et de la Culture.
Parallèlement, ce dernier procédera à un recensement des bâtiments coloniaux à travers Maurice. L’objectif est de préserver ces bâtisses témoins de l’histoire de Maurice. Avec le bâtiment abritant anciennement le Consultat de France et le service culturel de l’ambassade de France — rénové depuis à l’initiative d’un entrepreneur privé —, la Publico House devient ainsi le deuxième bâtiment classé patrimoine national de la rue St-Georges, où de belles bâtisses du 19e siècle subsistent encore.