« Le vote secret du comité central du MMM sur le principe du Remake 2000 est une affaire interne à mon parti et il n’y avait pas lieu de solliciter le feu vert de sir Anerood Jugnauth pour cela », a expliqué hier le leader du MMM lors de la conférence de presse hebdomadaire. Cet exercice qui a normalement lieu les samedis a été avancé d’un jour en raison du congrès organisé par l’aile féminine mauve dans le cadre de la journée internationale de la Femme.
Paul Bérenger explique en des termes très clairs qu’il n’y aura pas de Remake 2000 sans la présence de sir Anerood Jugnauth comme leader. Entouré des membres du bureau politique et du comité central, dont plusieurs membres de l’aile féminine, Paul Bérenger a consacré une bonne partie de son point de presse au Remake 2000. « C’était une affaire interne au MMM. Nous voulions connaître le sentiment prévalant au niveau du Comité central concernant un éventuel remake de 2000. C’était une affaire interne. Sir Anerood Jugnauth n’avait rien à voir avec cela ». Ce dernier, dit-il, continue à jouer pleinement son rôle de président de la République aux termes de la Constitution. Le leader du MMM a toutefois estimé que Navin Ramgoolam a eu tort de s’attaquer au président violemment « dans un langage manquant totalement de respect ». Il considère que le mauvais exemple du PM a été suivi par ses lieutenants. Selon lui, Navin Ramgoolam a fait « un zig-zag ridicule ». « Lundi il critique le président de la République et jeudi il prend le thé pendant trois quarts d’heure avec lui ». À son avis, le Premier ministre devrait présenter ses excuses au président « pour son manque de respect et ses propos violents irrespectueux de lundi après-midi ».
S’agissant de la rencontre Jugnauth/Ramgoolam, Paul Bérenger pense que « Navin Ramgoolam raconte des histoires lorsqu’il rapporte ce qu’a dit le président ». « Moi mo kone ce ki mo bizin kone. Ni Anerood ni moi n’en dirons plus à ce stade. En temps et lieu les détails croustillants de cette histoire seront connus ».
Pour Paul Bérenger, « Navin Ramgoolam est la dernière personne à pouvoir parler du respect des institutions ». Il a rappelé le traitement réservé au président de la République en 2005 devant l’hôtel du gouvernement. « Il avait boycotté le président pendant de longs moins. De plus, en 2005, il avait boycotté le commissaire de police ». Il a aussi accusé le Premier ministre d’avoir perverti l’ICAC ainsi que la commission électorale. « Le rapport de l’Electoral Boundaries Commission sur le redécoupage des circonscriptions a été mis dans un tiroir », dit-il.
Alliance du Coeur
Pour Paul Bérenger, le but premier d’un remake éventuel est de mettre en minorité le gouvernement et provoquer les élections générales pour sauver le pays « à un moment où tout fout le camp ». Il est malsain, selon lui, « que la majorité parlementaire dépende de deux transfuges et de quatre membres du PMSD ».
Paul Bérenger a reconnu que le remake éventuel n’est pas finalisé. Après le vote du Comité central de son parti, il y a un certain nombre de points importants à discuter avec le MSM.
Paul Bérenger a observé qu’il n’est pas certain de pouvoir mettre Navin Ramgoolam en minorité au parlement dans les jours à venir. « Nous ne sommes pas intéressés par les transfuges ou à acheter personne. Nous sommes intéressés à mettre Navin Ramgoolam en minorité en obtenant le vote éventuel des patriotes qui, comme nous, veulent sauver le pays (…) Il n’y aura une assemblée des délégués du MMM afin de ratifier le Remake 2000 que si on réussit à mettre Ramgoolam en minorité au Parlement et si toutes les discussions entre le MMM et le MSM se terminent positivement ». Le vote de samedi dernier, dit-il, a démontré que le premier choix de beaucoup des dirigeants du MMM est une Alliance du Coeur pour les prochaines élections avec une liste de 60 candidats et Paul Bérenger présenté comme Premier ministre.
Pour Paul Bérenger, ceux qui pensent qu’il veut utiliser sir Anerood Jugnauth pour obtenir une alliance MMM/Ptr à l’avantage du MMM font fausse route. « Il n’y a rien entre le MMM et le Ptr et il n’y aura rien », a-t-il répété. Il a expliqué que s’il n’y a pas de Remake 2000, le MMM ira de l’avant avec l’Alliance du Coeur avec 60 candidats et avec beaucoup de nouveaux et de nouvelles figures, des femmes et des jeunes et avec un programme en quatre points : « Rassembler face au communalisme, nettoyer la fraude et la corruption, “méritocratiser et démocratiser les institutions du pays” ». « Même sans Remake 2000, le MMM foncera pour construire la nouvelle île Maurice avec les jeunes et les femmes et le programme ».
Au sujet de la réforme électorale, Paul Bérenger s’est demandé dans quel but le Premier ministre se propose de faire venir des Constitutionnalistes de Londres. « Je souhaite que Navin Ramgoolam aille de l’avant avec la réforme électorale ».
Il a finalement exprimé son inquiétude au sujet de ce qui se passe à Air Mauritius et au CEB. « Si c’est confirmé que c’est M. Beegoo qui sera nommé président et M. Viljoën comme directeur général, ce sera le coup de grâce à Air Mauritius. Au CEB la crise est déjà là, il est urgent de mettre the right people at the right place », estime le leader du MMM.