Un événement « historique » dans la région. C’est le qualificatif employé le lundi 3 juin dernier, à l’Université de Maurice, au cours d’une cérémonie de remise de certificats en présence du président de la République, Kailash Purryag. Les récipiendaires étaient ceux ayant constitué le premier groupe d’étudiants en Peace and Interfaith Studies entre septembre 2010 et mai 2012. Un cours inédit et qui revêt pourtant son importance pour améliorer les relations entre les diverses croyances. Plusieurs intervenants à cette cérémonie ont émis le souhait que le cours se poursuive et puisse atteindre le niveau licence, voire de recherche dans le futur.
« Le dialogue interreligieux est avant tout une rencontre entre des personnes pouvant être de traditions diverses mais partageant la même humanité, le même monde, les mêmes réalités et parfois la même culture, les mêmes conditions sociales et la même langue », devait faire ressortir le Père Philippe Goupille, président du Conseil des Religions. Le cours Peace and Interfaith Studies a été conçu par le Conseil des Religions en collaboration avec l’Université de Maurice.
« C’est un jour historique. Nous, membres du Conseil des Religions, avons toujours cru que, pour améliorer les relations entre les diverses religions à Maurice, nous devions commencer un cours avec les intellectuels et tous ceux nourrissant un intérêt pour le dialogue interreligieux ; un cours qui nous permettrait vraiment de comprendre les dogmes essentiels de nos diverses religions », devait ajouter le président du Conseil des Religions.
Tout en remerciant les divers chargés de cours s’étant impliqués dans ce programme, il a rappelé que si des facultés dispensant des cours en dialogue interreligieux existent dans d’autres pays, tel n’est pas le cas dans la région. « It is a new departure, a historical event ». Après plusieurs années d’existence, dit-il, le Conseil des Religions a pu ressentir l’importance d’un tel cours en vue d’aider les citoyens à améliorer leurs connaissances des diverses religions dans leur pays.
Le Père Goupille devait poursuivre en observant qu’alors que d’un côté, une partie du monde devient « fiercely religious », une autre génération est « totally skeptical about any belief at all ». Et, « today traditional cultures are slowly disintegrating. There is nothing much left for people to hang on to. Are we not slowly sinking and losing our sense of direction ? » s’est-il demandé.
Le Conseil des Religions, dit-il, est convaincu que dans un tel climat d’insécurité et de turbulence, « religions offer the potential for generosity, wisdom and an ethic of common action capable of creating a strong link between people beyond their differences. True, the dogmas may differ from one religion to another, but we can definitely act towards a more peaceful future ».
Et d’ajouter : « Au lieu de se quereller, les religions devraient apporter l’espoir d’une vie meilleure et plus juste. They should fight hand in hand against threats of violence and misunderstandings that endanger humanity ». Le Père Goupille a en dernier lieu émis le souhait que l’Université de Maurice devienne un vrai centre de recherche pour tout étudiant souhaitant apporter sa contribution dans « le vaste domaine du dialogue interreligieux ».