Vient de séjourner à Maurice Philippe Ouaki Di Giorno, un inventeur français qui a mis au point une technologie qui permet de diminuer la quantité d’eau d’arrosage tout en permettant un développement considérable des plantes. Se présentant comme un “visionnaire concret”, surnommé “L’homme qui fertilise les déserts”, Philippe Ouaki Di Giorno a accepté de répondre à nos questions et de présenter sa technologie révolutionnaire : le polyter.
Qui êtes vous Philippe Ouaki Di Giorno?
—  Je suis un Français d’origine méditerranéenne né en Tunisie. Je suis passionné par les plantes depuis que je suis tout petit, c’est là où je me sentais bien. Ce qui m’intéressait, au départ, c’était de m’occuper de tout ce qui concerne la production végétale et de faire de la recherche en développement au niveau agronomique. J’ai fait des études en agronomie, en horticulture spécialisée dans la physiologie végétale. Je me définis comme un triangle dans la mesure où j’ai une formation scientifique, une formation commerciale spécialisée dans le monde de l’agriculture et j’ai également pas mal de spécialités en art floral et en décoration. Je suis un vrai gaucher, ce qui fait que je vois les choses différemment, autrement. En sus de ça, j’ai toujours su me mettre dans la peau d’une plante, de comprendre ses besoins.
Les droitiers seraient moins sensibles que les gauchers?
— Ils ont une sensibilité autre qui leur permet d’avoir un regard différent sur le monde.
J’ai envie de vous demander si comprendre les besoins des plantes n’est pas une situation que l’on retrouve surtout dans les romans d’anticipation?
— Mais jesuis dans l’anticipation. Ce que j’ai mis au point, ce sont des technologies de rupture avec ce qui se fait actuellement. Je suis un fan de science-fiction, et mon travail dans l’agroalimentaire m’a permis de faire toutes sortes d’expériences passionnantes.
Comment en êtes-vous arrivé à fabriquer le polyter, votre invention, votre produit phare?
— Avant le polyter, j’ai inventé d’autres technologies, comme celle des plantoïdes. En fait, depuis tout petit, j’étais angoissé par le fait que quand on planteun arbre, on ne le voit jamais arriver à son summum. C’était déjà une prise de conscience du temps. Quand j’ai fait mes études de physiologie végétale et du développement, j’ai mis au point une technologie, aujourd’hui brevetée, sur la possibilité de répliquer un arbre centenaire sur une période d’une année. Je recrée des plantes sur des périodes très courtes par rapport à leur développement normal. J’ai inventé des techniques pour pouvoir le faire et j’ai même obtenu des prix d’innovation dans des expositions.
Vous clonez les arbres?
— En quelque sorte. En fait, il s’agit d’une alliance entre la matière de synthèse et la matière organique. Quand on a un arbre magnifique et majestueux que l’on veut cloner – ou un autre type d’arbre – on commence par faire un balayage laser et on reprend la structure de son tronc dont on va créer une version en polyuréthane haute densité qui va imiter à la perfection le bois. On met ce tronc vide en serre et le rempli avec des tubes en plexiglas contenant différents types de plantes au choix pour développer de super racines. Avec mes travaux, je parviens à développer une technologie qui multiplie par 1500 fois la masse racinière des plantes. On crée ainsi une masse de racines qui rentrent à l’intérieur du tronc et se soudent entre elles pour devenir un tronc et cela produit un arbre.
C’est un faux arbre?
— Un arbre mi-faux, mi-vrai, mais la symbiose entre le naturel et l’artificiel s’établit rapidement et dure.
A lire votre CV, vous êtes parvenu avec votre autre découverte, le polyter, à régler le problème de la faim dans le monde, de la déforestation, du manque d’eau.
— Absolument.
Si c’est le cas, que faites-vous à Maurice? Vous devriez travailler dans un organisme international pour résoudre le problème de la faim dans le monde à partir de votre technique ?
—   Permettez-moi de vous expliquer ma démarche. Je considère les plantoïdes comme un côté décoratif au niveau du marché horticole. On peut donc créer les plantes que l’on veut dans les formes que l’on souhaite et c’est formidable. Mais je ne voulais pas me polariser sur cette technique et j’ai pris deux ans de plus pour dompter la matière active que j’avais mis au point. Il fallait diminuer la masse des racines pour que la technique soit viable. J’étais plus intéressé à adapter ma technique des plantoïdes au secteur agricole plutôt que de rester dans la décoration et je suis parvenu à diminuer la masse racinienne de cinq fois. A partir de là, j’ai commencé à travailler sur la technologie et c’est ainsi que j’aihomologué ma découverte, le  Polyter, en France et fait des tests dans le monde entier au niveau des cultures. Avec cette technologie, on arrive à faire pousser dans des sols où rien ne pousse, par exemple sur les anciennes mines de nickel de la Nouvelle-Calédonie.
Comment se présente visuellement votre découverte?
— Il a fallu mettre au point une méthodologie en laboratoire de recherches pour pouvoir transposer le produit de manière industrielle. Aujourd’hui, le polyter se présente en petites granules qui, au contact de l’eau, l’absorbe et la transforme en solide et augmente son volume jusqu’à  trois fois plus.
C’est un nouvel engrais révolutionnaire ?
— Non. C’est un nouveau concept qui augmente de trois cents fois le volume de départ. A l’intérieurde ces granules, il y a des éléments nutritifs, des éléments d’activation. Il y a surtout le fait que le produit n’est pas à côté de la plante, mais en fait partie intégralement. En ce faisant, le polyter active le développement racinaire avec une quantité d’eau moindre. On n’a plus besoin de quantité énorme d’eau pour arroser la plante.
Je résume: votre produit augmente le volume d’une plante tout en diminuant le volume d’eau nécessaire pour l’arroser. Comment ça marche?
— Quand vous apportez un litre d’eau à une plante, si le sol est bien structuré, il y a 80% de l’eau qui est perdues. Si le sol est fait de sable, la perte peut aller jusqu’à 96%. Donc, il faut encore plus d’eau pour nourrir convenablement la plante. L’eau va être absorbée par le polyter et mise à la disposition de la plante plus que dans l’agriculture traditionnelle. Au niveau du rendement, il y a optimisation et augmentation des possibilités de la plante, quelle qu’elle soit.
Est-ce que l’accélération du processus de la maturation d’une plante est sans conséquences sur ce qu’elle produit ?
— J’ai mis en évidence une arme fatale : le PGL, le potentiel génétique latent. Je prouve qu’il n’est pas nécessaire de vouloir modifier la génétique en jouant aux apprentis sorciers alors que chaque être vivant a un potentiel dormant.
Avec vos découvertes, ne manipulez-vous pas, ne modifiez-vous pas les lois génétiques des plantes?
—   Non, je ne fais que leur donner les moyens d’utiliser davantage leur potentiel latent. Mon but, c’est de contribuer à apporter la sécurité alimentaire. Je le fais dans le cadre d’un programme au Sénégal et cela sera bientôt étendu à d’autres pays africains entre autres.
J’insiste: est-ce que vous maîtrisez toutes les conséquences qui peuvent découler de l’utilisation de votre invention?
— Je reviens à la question précédente pour insister sur un point: je ne manipule pas les plantes. D’autant plus que je suis totalement contre les OGM où l’on utilise des techniques faisant appel à des fragments de cellules d’autres plantes ou d’autres animaux sur un être vivant déjà existant. Ça, c’est de la manipulation. Moi, j’optimise le vrai potentiel de la plante qui n’est utilisé qu’à 10 % de ses capacités, comme les êtres humains d’ailleurs. Je mets en évidence qu’on peut réveiller ou révéler ce vrai potentiel. Je permets à la plante de développer une plus importante masse racinaire en profondeur, jusqu’aux zones où il y a de l’eau. Plus la masse racinaire est importante, plus la masse végétale, florale et fructifère l’est aussi, ce qui est un gros plus pour les agriculteurs. Au niveau de la sécurité alimentaire, le polyter permet d’une part, d’avoir beaucoup plus de précocité: on gagne en moyenne trois semaines par rapport à toutes les autres cultures. Ce systèmeest utilisé dans un programme de la grande muraille de Dakar à Djibouti avec un million d’arbres plantés. Il est aussi utilisé en Nouvelle-Calédonie comme je vous l’ai déjà dit.
Aucune multinationale agricole n’a proposé de vous acheter votre découverte ?
—   Si, mais j’ai refusé. J’ai un caractère très trempé et je sais exactement ce que je veux et surtout ce que je ne veux pas. Ce qui m’importe, c’est que ma technologie soit utilisée par le plus grand nombre. Je veux garder mon indépendance et pour cela j’ai refusé de grosses sommes pour vendre ma technologie parce que je ne voulais pas qu’elle soit utilisée par de grands groupes agroalimentaires pour augmenter leur part du marché. Par ailleurs, je connais bien le monde des brevets et des inventions etles pièges pour bloquer une découverte qui peut gêner certains gros intérêts. Je reste indépendant pour pouvoir mieux contrôler l’utilisation de mon produit dans le monde. Je veux pouvoir apporter des solutions pour une meilleure gestion des ressources eneau, une économie en engrais et fertilisants.
Est-ce que dans le grand marché mondial de la copie et de la contrefaçon on ne peut pas fabriquer du faux polyter ?
—Les chimistes purs et durs ne peuvent pas trouver comment je fabrique mon invention parce qu’ils fonctionnent dans un cadre bien structuré, bien organisé alors que moi je travaille, entre autres, dans l’ordre de l’information au niveau de la matière. Je veux procéder par étape, rester indépendant, faire des partenariats avec des gens qui ont la volonté non pas de s’accaparer de la technologie pour des gains financiers, mais pour développer des productions qui vont être profitables au plus grand nombre. Ma démarche est compliquée dans la mesure où le mot le plus important que j’utilise est : non. J’essaye d’être le plus clair possible pour développer et faire de belles choses. Je souhaite développer une structuration industrielle et d’agro-industrie avec desgens qui ont la volonté de faire du vrai développement.
Autrement dit, vous produisez le polyter et vous le commercialisez. Vous êtes donc à Maurice pour le présenter?
— Je suis là pour le présenter et pour pouvoir le développer et je crois que c’est unproduit qui devrait intéresser votre pays et ceux de la région qui ont une tradition agricole.
Pourquoi Maurice?
— Parce que j’ai un bon partenaire qui est installé ici. Parce que je suis en train de discuter d’un programme gouvernemental avec Madagascar. Parce que je vais au cours de mon séjour avoir des discussions avec des Mauriciens du privé que ma technologie intéresse. J’ai donné une conférence au ministère de l’Environnement et j’ai des séances de travail avec différents interlocuteurs. J’ai vu l’intérêt, l’approche des professionnels et la compréhension de ma technologie. Il faut souligner qu’il a existé des techniques pour absorber l’eau et la retenir dans les plantes depuis plus de quarante ans. Ce qui est important pour moi, c’est de pouvoir développer des cultures et répondre à des problématiques qui sont de plus en plus importantes, comme le changement climatique, la gestion de l’eau, la désertification, l’environnement, le développement des plantes endémiques. Grâce au polyter, on est arrivé à multiplier des arbres en cours d’extinction.
Comment commercialisez-vous le polyter?
— A travers deux réseaux principaux. Le premier englobe les gouvernements, les professionnels, les grossistes. Le deuxième concerne les particuliers qui peuvent se renseigner sur une hot line téléphonique. Autre chose: le polyter est un extrait qui s’utilise par gramme et sa durée de vie est de trois à cinq ans et il est dégradable.
C’est quasiment un produit miracle!
— Je n’aime pas ce mot. J’ai une nouvelle vision des choses et tout ce que je dis est démontrable et a été démontré. Ce qui m’importe, c’est que je veux avoir affaire à des gens qui ont la volonté d’avancer.
Est-ce que l’utilisation du polyter n’affecte pas, à la longue, la qualité de la terre?
— Non. Au contraire, le polyter la valorise parce que, d’une part, on augmente la matière humidifère et organique. De l’autre, la vie bactérienne est beaucoup plus importante avec le polyter et, chose importante, ce produit augmente le nombre de vers de terre dans le sol. En Nouvelle-Calédonie, nous avons travaillé sur des sols pollués où rien ne poussait. Ils ont fait venir des experts américains, allemands et français qui ont fait des tentatives qui n’ont pas abouti à cause de la qualité des sols. Nous avons fait planter des plantes endémiques avec du polyter et nous avons eu 100 % de réussite sur des surfaces énormes. Il y a des arbres qui donnent des fleurs et des fruits après trois ans et qui ont commencé à rapporter seulement un an après.
Je reviens à une question à laquelle vous n’avez pas répondu: qu’est-ce qui est négatif dans le polyter?
— Cela crée de la dépendance sur les gens. Une fois qu’on a commencé à cultiver avec le polyter, on ne peut plus travailler la terre autrement. C’est une bonne dépendance.
Il n’y a que du bon dans votre technologie ?
—   Il y a deux bémols. Le premier c’est qu’il faut faire un trou plus profond pour que les racines puissent bien se développer. L’autre bémol, c’est que si on utilise un désherbant, le polyter va le rendre plus solide dans les mêmes proportions que les autres plantes. Donc, il faut éviter d’utiliser le polyter en même temps que les désherbants.
Est-ce que le polyter marcherait bien sur une plante de marijuana?
— Le polyter marche sur tout ce qui est végétal. Je n’en dirai pas plus pour des raisons évidentes!
Est-ce que les maladies des plantes se multiplient avec le polyter?
— Non, dans la mesure où la technologie optimise les ressources de la plante, la rend plus résistante, cela donne une plante qui supporte mieux les maladies. Je sens, à travers vos questions, que vous n’êtes pas tout à fait convaincu par mon discours. Par conséquent, je vous invite à aller regarder sur You Tube un documentaire sur le polyter intitulé “Les maîtres de l’eau”.  Les images sont plus parlantes que les mots imprimés.