Mardi Philo reprend le 10 février prochain, à 18 heures, à la médiathèque de l’Institut français de Maurice, à propos d’un ouvrage de Michel Foucault, Surveiller et punir. En attendant ce rendez-vous, revenons aux propos qu’ont tenus en décembre, les professeurs de philosophie des lycées français Geneviève Ginvert, Emmanuelle Soubou et Joseph Cardella, à propos du livre de Ruwen Ogien, « L’État nous rend-il meilleurs ? »
À l’évidence, Ruwen Ogien estime qu’il ne relève pas du rôle de l’État de nous rendre meilleur. Aussi Geneviève Ginvert a-t-elle rappelé au début de la conférence donnée le 16 décembre, que ce penseur dénonce particulièrement le paternalisme et l’interventionnisme de l’État dès le début de la vie sociale, dans le monde scolaire qui se manifeste depuis quelques années à travers le souhait de réintroduire la morale à l’école. Il développe particulièrement sa pensée à ce sujet dans un ouvrage paru aussi en 2013, « La guerre aux pauvres commence à l’école ». Pour la pensée conservatrice qui exerce une sorte d’hégémonie intellectuelle, restaurer l’ordre moral est une priorité supposant que l’échec scolaire en relève directement, trouvant dans le culte du goût de l’effort et du sens de la hiérarchie la solution aux maux de la société.
Emmanuelle Soubou raconte que Ruwen Ogien fait remarquer que l’on souhaite le retour de la morale à l’école parce qu’on s’inquiète du comportement des jeunes dans les lycées et quartiers dits difficiles, ce qui sous-entend que les jeunes issus de milieux défavorisés souffrent d’un déficit moral… Aussi s’insurge-t-il contre le fait que l’on explique les injustices, notamment les différences de niveaux entre élèves, ou encore le décalage entre riches et pauvres, par l’immoralité des individus qui seraient ainsi issus de classes incivilisées, barbares et qu’il faudrait dresser…