La Galerie Putuo du Community College de Shanghai a accueilli, en novembre dernier, l’exposition en solo du photographe Brahms Mahadea. Cette exposition intitulée « Nature history for future generation » a été réalisée en collaboration avec L’Educational Branch Shanghai Photographers’ Association et la Shanghai International Culture Art Exchange Association dans le cadre du 40e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Maurice et la Chine. Durant une dizaine de jours, le photographe de presse, amoureux de la nature, a présenté une soixantaine de photos, illustrant des paysages de Maurice et celles réalisées en 2008 à Arles, France. Par ailleurs, le photographe mauricien a rejoint deux prestigieuses associations internationales dans la plus grande ville chinoise.
L’Educational Branch Shanghai Photographers’ Association et la Shanghai International Culture Art Exchange Association (SICAEA) comptent désormais parmi leurs membres le photographe Brahms Mahadea. En adhérant à ces deux associations internationales, le photographe mauricien devient leur représentant à l’île Maurice. Ainsi, au-delà des manifestations photographiques à Shanghai, il pourra, comme les autres membres de l’association animer des ateliers et formations professionnelles dans le monde.
Après avoir donné deux expositions en solo à Shanghai en 2005 (« A peep into nature » et 2007 « There was a time »), Brahms Mahadea, photographe passionné de la nature, a voulu une fois encore faire découvrir des paysages variés de Maurice et d’ailleurs. Nature, scènes de vie de Maurice et d’Arles étaient à l’honneur de cette troisième exposition en solo.
« Nature history for future generation » présente 60 instants de vie et paysages variés, images prises ou saisies entre 2009 et 2012 dans diverses régions de l’île : Vieux-Grand-Port, Le-Goulet, Pointe-d’Esny, le Morne.
Sur le plus grand panneau ( 3mx1.5m) sont figés deux gosses assis sur une barque abandonnée au Morne. Cette photo a été envoyée dans un concours international.
Brahms semble avoir l’oeil photographique d’instinct. Comme ses maîtres en photographies Ohrbert Rohsing, du National Geographic d’Allemagne, Ken Duncan, photographe naturaliste australien, et le français Marc Raboud, « mes modèles et mes sources d’inspirations ».
Captivé par la nature, il est à l’affût de paysages magnifiques et d' »instants magiques » : l’envol d’un oiseau migrateur retient longuement son objectif, des bulles sur le sable craquelé sous le soleil, des champignons sauvages aux couleurs éclatantes.
Que ce soit en forêt ou sur une côte sauvage, il trouve son inspiration au gré d’errances et de rencontres fortuites. «Je vais souvent en forêt, dans des villages, sur la côte. Le meilleur moyen de captiver ces instants uniques, c’est à pied qu’on y arrive», dit-il. « J’aime aussi photographier des choses qu’on ne verra plus à l’avenir, comme ces pirogues qui sont peu à peu remplacés de nos jours par des bateaux en fibre», dit-il. Plusieurs autres scènes captées en pleine nature étaient aussi à découvrir dans la salle du Putuo où de grands formats se mariaient aux petits formats.
La nature et ses habitants aussi le captivent. Il aime raconter le quotidien, les activités des hommes dans un village, des ouvriers au travail, des hommes s’adonnant à la pêche, à la plantation, ou à la construction d’une maison.
Y a-t-il mise en scène ? «Je ne prépare pas mes prises de vue et demande rarement à mes sujets de se déplacer. Les sujets sont révélés tels que je les perçois, sur le vif. Je débarque dans un village ou dans un autre lieu et je choisis le moment, en fonction de la lumière et de la beauté de l’instant, et l’émotion que la scène procure. Parfois, j’ai besoin de demander l’autorisation, comme ce fut le cas à Arles aux ouvriers qui construisaient une maison en chaume».
Que contient son sac photo? Quels matériels emmène-t-il avec lui? «Je travaille avec un Leica, un appareil argentique qui m’accompagne dans tous mes reportages photos. La majorité de mes photos sont réalisées avec cet appareil. Pour le reste, j’utilise un Nikon FM2. Le trépied sert seulement à montrer les mouvements. Mais c’est encombrant et parfois je risque de perdre mes sujets. J’ai une grande rapidité à capturer les images, donc le trépied n’est souvent pas nécessaire pour moi», dit-il.
Sa journée commence tôt le matin. «Pour avoir de meilleurs résultats», dit-il. «Les meilleures heures pour les photos nature et paysages se situent entre 6h30 et 7h15, mais il est possible également de capter de belles lumières en pleine journée. Toutefois, le matin, la lumière est très légère et photographier un beau paysage baigné dans la douce lumière du matin est idéal. Mais le temps n’est pas le plus important, c’est d’abord le sujet qui m’intéresse», dit-il. «Il faut savoir apprécier les curiosités et la beauté des spectacles que la nature a la générosité de nous offrir. J’aime partager ces grands moments. En montrant mon travail, je partage les belles choses que la nature nous offre».
Le respect de l’environnement est aussi à quoi cet amoureux de la nature veut contribuer. «Il ne faut pas abîmer la nature ou la déranger». À chacune de ses sorties, il emporte avec lui plusieurs sacs. «Je ramasse les déchets laissés par les autres», dit-il.
Cet homme, qui a remporté plusieurs prix, bouillonne de projets. «Ma prochaine exposition se tiendra au Musée national de Shanghai en septembre prochain. Je participerai aussi au Festival International de Pingyao dans la province de Shanxi», annonce-t-il.