Alan Ganoo, leader p.i. du MMM et leader de l’Opposition qui commentait, hier, les fortes pluies torrentielles qui ont paralysé le pays, mercredi, tout en occasionnant d’importants dégâts a accusé le gouvernement d’avoir laissé les choses se détériorer par son immobilisme depuis les grosses averses diluviennes précédentes de mars 2008. Il soutient qu’il s’agisse des drains, des morcellements ou des rivières en crue, le Fact Finding Committee (FFC) institué à l’époque et présidé par le juge Bushan Domah avait fait les constats qu’il fallait et les recommandations nécessaires. Recommandations qui, selon le leader de l’Opposition n’ont pas été appliqués.?Evoquant la panique et la confusion généralisées dans le pays durant la matinée de mercredi lors des fortes pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’ensemble de l’île, le leader de l’Opposition s’étonne que le pays ait pu, ainsi, être « mis à genoux » après seulement quelques heures de grosses averses « en dépit des investissements énormes dans les infrastructures publiques ». Il rappelle que le gouvernement MSM/MMM d’alors avait chargé un expert indien, M. Sharma, de la rédaction d’un rapport pour l’identification des régions sensibles aux inondations.?Subséquemment, rappelle encore Alan Ganoo, un Land Drainage Programme au coût de Rs 1 milliard avait été élaboré et une enveloppe initiale de Rs 100 millions avait été prévue pour de premiers travaux d’aménagement de drains à travers l’île. Malheureusement, regrette le leader p.i. du MMM, à l’arrivée du nouveau gouvernement travailliste en 2005, ce plan de construction de drains fut, « par fanatisme politique », mis de côté.?Il rappelle que, plus tard, à la suite des grands dégâts causés par les précédentes pluies torrentielles de mars 2008, un Fact Finding Committee (FFC) présidé par le juge Bushan Domah fut institué par le gouvernement en vue de recommandations pour l’avenir. Tous les constats faits depuis mercredi, entre autres, par le Premier ministre et ses ministres, indique M. Ganoo avaient déjà été faits, dit-il, par ce FFC. Il explique encore que plus d’une trentaine de recommandations avaient été faites par le juge  Domah mais que, manifestement, elles n’ont pas été appliquées.?Il rappelle ainsi que le FFC avait eu cela à dire pour ce qui concerne le Morcellement Board: « We were dismayed to find that the Morcellement Board not only has a lean staff but also lacks the teeth to ensure that the conditions imposed on Morcellement projects which were approved are barely followed at the implementation stage. That has been the reason why developers have had a field day and the general public continue to invoke their wrath with the comment that « the Authorities are not doing their job » in this area ». D’où sa recommandation pour une révision des pouvoirs de ce service, sa restructuration ainsi qu’un renforcement de ses ressources humaines « so that it may play more fully, more effectively and more pro-actively its institutional role in national development ».?Alan Ganoo rappelle encore que le Comité Domah avait recommandé que la Water Resources Unit fasse l’acquisition de « real time river flow monitors » et tienne régulièrement informés les services météorologiques en vue de décisions et d’actions rapides en cas de besoin. Pour ce qui concerne les drains, le leader de l’Opposition souligne que dans ses recommandations, le FFC avait demandé aux autorités de considérer l’option de la création d’un « country-wide network for drains which, with an added value, the water, instead of being all evacuated to the ocean, may be preserved at such places as river basins, pools and lakes for the good of the flora and fauna and the community ».?Alan Ganoo accuse, ainsi, les autorités d’avoir fait preuve d’immobilisme avec pour résultat, dit-il, que, cinq ans après, la population continue à en faire les frais. « Plutôt que de prendre des décisions,  le gouvernement a laissé les choses se détériorer », accuse, ainsi, le leader de l’Opposition. Il ne manque pas aussi de rappeler que, dans le passé, le leader en congé du MMM, Paul Bérenger, a déjà attiré l’attention sur le fait que les services météorologiques étaient sous-équipés et qu’il fallait, urgemment, au moins, doter ce service d’un radar sophistiqué. « Au lieu de cela, le gouvernement a choisi de faire des économies de chandelle », regrette Alan Ganoo qui est d’avis que les prévisionnistes de la station ne sont pas ceux qui méritent le blâme.
« Décevant pour Ramgoolam qui se dit ‘rassembleur' »
Abordant un autre chapitre, le leader de l’Opposition condamne ce qu’il qualifie de « propos racistes » de certains dirigeants de sociétés socioculturelles qu’il n’a pas nommés dans le cadre des débats autour du projet de centrale à charbon de CT Power. Il explique que son parti reconnaît le droit d’exister de telles organisations dans une société pluriculturelle et pluri religieuse comme la notre et, qu’en fait, de telles sociétés peuvent, même, aider à la construction de l’unité nationale et favoriser un meilleur vivre ensemble.?Toutefois, explique M. Ganoo, dans le cadre de notre démocratie, chacun doit connaître son champ d’action et ne pas, en substance, mélanger les genres; les hommes politiques, d’un côté, les religieux, de l’autre. Il juge « décevant » que le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam qui, dit-il, se présente comme « un rassembleur » a choisi, vendredi, lors d’une cérémonie organisée par Médine à Cascavelle de cautionner les propos de l’un de ces dirigeants d’organisations socio-culturelles. « C’est Ramgoolam qui a ‘set the tone’ en parlant de charbon noir et de charbon blanc », estime Alan Ganoo qui ne manque pas de souligner que le Premier ministre ne s’embarrasse pas, pour autant, d’être en bonne compagnie de dirigeants d’établissements sucriers.?Au sujet de la publication des Power Purchase Agreements liant les Independent Power Producers (IPP) au Central Electricity Board (CEB), le leader p.i. du MMM rappelle, une nouvelle fois, que les contrats d’achat signés par le CEB avec, d’une part, la Centrale Thermique du Sud (CTDS) et, de l’autre, la Centrale Thermique de Savannah sous le gouvernement MSM/MMM quand il était lui-même le ministre de tutelle, avaient déjà été déposés à l’Assemblée nationale. « Seul celui signé avec Belle Vue sous un gouvernement PTr en 1998 et qui comprenait une clause secrète n’avait pas encore été rendu public »,  réaffirme-t-il.?Dans le cas de celui liant le CEB à CT Power, Alan Ganoo affirme que le contrat est calqué sur les deux signés sous le gouvernement MSM/MMM « en dépit de tout ce que raconte Patrick Assirvaden ». Il réaffirme que c’est la nature « opaque »  du « deal » avec CT Power que conteste l’Opposition dont l’absence préalable d’un appel d’offres et le flou entourant les réels promoteurs de ce projet de centrale à charbon.
« Propos choquants »
?Le MMM exprime, par ailleurs, son « indignation » par rapport aux propos imputés au ministre Hervé Aimée lors de sa récente visite à Agaléga. « Nous sommes choqués par ces propos, d’une part, blessants et dégradants à l’égard des Agaléens, d’autre part, insultants à l’égard de l’Eglise catholique », déclare le leader p.i. de ce parti. Il souligne que les habitants de la petite île n’avait fait qu’adresser un « appel de détresse » en vue de l’aménagement d’une nouvelle jetée, d’une piste d’atterrissage moderne et d’un meilleur service de santé.
Alors que, rappelle-t-il, il était convenu que le ministre soit accompagné dans l’île par son collègue Shakeel Mohamed et le député de l’Opposition, Adhil Ameer Meeah, c »est en solo, explique Alan Ganoo, qu’Hervé Aimée a choisi de s’y rendre. Le leader de l’Opposition se dit d’autant plus « choqué » par les propos imputés au ministre dans la mesure où ceux-là ont été formulés en présence, notamment, d’une religieuse sur place et en plein carême chrétien. Il félicite les Agaléens d’avoir, malgré tout, gardé leur calme et leur exprime son entière solidarité. « Aimée doit des excuses aux Agaléens et demander pardon à la religieuse et à l’Eglise catholique », estime le leader p.i. du MMM. Il invite, dans la foulée, le Premier ministre à sanctionner, comme il se doit, son ministre. ?Revenant, enfin, sur tout le projet de repas chaud aux élèves des écoles de la Zone d’Education Prioritaire (ZEP),  M. Ganoo trouve qu’il s’agissait, en fait, du troisième projet d’un gouvernement travailliste mis en application « en catimini » après, dit-il, l’Education gratuite et  le transport gratuit. S’il concède que l’idée en soi est louable, il constate, toutefois, que dans sa mise en application, le projet « finn gaté parey kouma manzé-la ». Le leader de l’Opposition note que, d’une part, l’association des maîtres d’écoles a annoncé l’intention de ses membres de ce décharger de toute responsabilité dans ce projet et que, d’autre part, le ministre de l’Education, lui-même, semble, désormais, remettre en question le concept même de repas chaud.?Il note, de même, qu’en dépit du cas rapporté d’intoxication à l’école de Bambous « A », des repas hors-normes, notamment, riches en graisses sont encore servis aux élèves. Dans le cas particulier de ces petites victimes dont certains, selon Alan Ganoo, portent encore des séquelles du traumatisme qu’ils ont vécu, il estime raisonnable que le gouvernement les compense comme il se doit. D’autant que, dit-il, il est question que toute cette affaire d’empoisonnement à l’école soit portée devant la Justice.??