Le Premier ministre Navin Ramgoolam a invité la population à constater sur la MBC ce soir « que l’alliance gouvernementale a remporté la bataille des foules compte tenu des images filmées d’un hélicoptère… ». Selon les dires du PM, au meeting du 1er-Mai à Vacoas, la foule était deux fois et demie plus importante que celle de Port-Louis alors que Paul Bérenger annonçait, lui, exactement le contraire à ses partisans devant la municipalité de la capitale. Hormis la querelle habituelle de l’estimation des foules, Navin Ramgoolam a fait une incursion dans le passé, en particulier sur le passage aux affaires du pays par SAJ et Bérenger, qu’il a qualifié « d’échec ».  Néanmoins, le chef du gouvernement n’a pas fait les « révélations » annoncées en marge du meeting. En revanche, comme annoncé, on a eu droit à la présence d’un « invité surprise », en la personne d’Ashock Jugnauth – qui a pris la parole – et à une vidéo montrant l’intervention de Paul Bérenger à un meeting du MMM à la Louise en 2011.Navin Ramgoolam a, à la fin de son long discours, demandé à la population, et en particulier aux jeunes, de faire un « choix clair » le moment venu entre les « passéistes » du remake 2000 et les « modernistes » au pouvoir.
Au meeting de l’alliance Parti Travailliste-Parti Mauricien Social Démocrate (PTr-PMSD) à Vacoas, Navin Ramgoolam s’est livré à une attaque en règle contre Paul Bérenger, en particulier sir Anerood Jugnauth, après avoir salué la présence d’Ashock Jugnauth, un « homme de dignité » invité à prendre le micro. Sunil Dwakarsingh et Harish Boodhoo étaient, eux, présents dans la foule.
Navin Ramgoolam  a fustigé le Law and Order sous le primeministership de SAJ en égrenant des affaires odieuses et non élucidées comme celle de « Piou Piou », Vanessa Lagesse, Nadine Dantier, l’attaque de la MCB et surtout le double crime de  Bassin Blanc ; dans le cadre de cette dernière affaire, il a promis la réouverture prochaine d’une enquête si nécessaire.  Il a aussi rappelé dans le même souffle l’affaire Toorab Bissesur, qui avait trouvé refuge à Madagascar sous la protection, dit-il, du régime d’alors.
Le Premier ministre a demandé à la foule d’opérer une distinction entre deux cultures opposées, celle de son parti, le Ptr, et de son allié, le PMSD – « qui laisse les institutions fonctionner librement » –, et celle du MSM/MMM « qui interfère partout ». Il a cité comme exemples la fermeture de l’Economic Crime Office (ECO) et l’affaire Ramjuttun/Mungola où SAJ aurait affirmé sous serment que sans son intervention Dinesh Ramjuttun aurait fait de la prison.
Navin Ramgoolam a abordé dans la même veine l’affaire Medpoint. Il n’y a pas eu de révélations, comme annoncé, sur le « parrain et la marraine » mais le PM s’est livré à un exercice de sous-entendus à travers une série de questions quant aux pressions sur lui pour qu’il intervienne auprès de l’ICAC dans l’enquête sur l’achat de la Clinique Medpoint dès son retour au pays. Et de rappeler dans ce contexte que l’ex-Président de la République avait sollicité une réunion avec lui en toute urgence. Il s’est également interrogé sur la propriété des terres où a été construite la clinique MedPoint, le rôle de la compagnie Transinvest – qui a construit la route d’accès vers la clinique –, et sur comment la State Investment Corporation, la SICOM, la State Bank of Mauritius auraient participé au montage financier de MedPoint. Il s’est finalement dit résolument pour une « justice indépendante ».
Concernant le vol à son campement à Roches-Noires, le chef du gouvernement a critiqué ses adversaires qui, à la manière des « fascistes » soutient-il, veulent faire accroire qu’il serait mêlé à une affaire de mort d’homme en cellule policière, et ce tout comme certains auraient voulu associer son père à l’affaire Sheik Hossen et l’incendie du bâtiment du Mauricien il y a plusieurs décennies.