Une première dans les annales de la promotion des Petites et moyennes entreprises (PME) à Maurice : le French Hub, centre d’affaires situé à Grand-Baie Coeur de Ville, Grand-Baie, a accueilli récemment le premier “Pitch-A-Thon” jamais organisé à Maurice. Cet événement, animé par Keith Jones et Mike Sigal (deux promoteurs de start-up), a permis à une vingtaine d’entrepreneurs mauriciens d’apprendre la manière de préparer leur discours (« pitch ») pour attirer les investisseurs pour leurs projets.
« Pourquoi organise-t-on des ateliers et le “pitch-a-thon” ? Nous allons vers un monde où l’on démocratise l’accès à l’entreprenariat, ce qui veut dire que les gens n’ayant pas, dans leur réseau, des investisseurs, pourront quand même avoir accès au financement. Du coup, les entrepreneurs mauriciens vont se retrouver de plus en plus dans des situations où ils doivent présenter leurs idées devant des investisseurs qu’ils ne connaissent pas et qu’ils doivent convaincre en très peu de temps. Le but du “pitch-a-thon”, c’est de former les entrepreneurs mauriciens à l’exercice du “pitch”, et de leur donner la chance d’être mis en relation avec des investisseurs pouvant leur offrir du financement pour leurs idées », explique au Mauricien Karen Yvon (passionnée des PME), qui, avec Marie-Noëlle Elissac-Foy (de Smart Moves for Entrepreneurs), sont les deux promoteurs de ce tout premier “Pitch-A-Thon”.
La jeune passionnée des PME explique qu’un « pitch » est un discours très court, qui peut aller d’une phrase à parfois d’une durée de 2 minutes, et dont le but est de susciter l’intérêt de l’interlocuteur par rapport au projet que l’on présente. « Il y a deux grandes catégories de “pitch” : le “sales pitch”, où l’interlocuteur est souvent le client, et le “investment pitch”, où l’interlocuteur est plus particulièrement un investisseur, ou un individu pouvant offrir ses compétences techniques pour faire avancer le projet », ajoute Karen Yvon.
Les deux promoteurs du “Pitch-A-Thon” ont profité du passage à Maurice de Keith Jones et Mike Sigal pour leur demander d’animer bénévolement le “Pitch-A-Thon”. « Keith Jones et Mike Sigal ont travaillé avec chaque participant individuellement, les aidant à affiner leur “pitch” et à communiquer leur idée, le marché visé, la problématique à laquelle leur idée répond, ainsi que le point qui les différencie de leurs concurrents », raconte pour sa part Marie-Noëlle Elissac-Foy.
Keith Jones est le fondateur de Sw7, le plus grand accélérateur technologique d’Afrique. Étant le plus grand réseau de business engagés dans la technologie, ils ont récemment complété le tout premier “FinTech accelerator” d’Afrique et ont travaillé avec la plupart des grandes institutions financières de la région, comme la Standard Bank et RMI Alphacode. Mike Sigal, pour sa part, a travaillé les 20 dernières années dans la promotion des start-up comme entrepreneur, mentor et investisseur dans l’industrie de la finance internationale. « Nous avons été impressionnés par la qualité et l’innovation des entrepreneurs mauriciens présents lors de l’atelier de dimanche et nous invitons la communauté des investisseurs à être partie prenante de l’initiative pour démocratiser l’accès à l’entreprenariat », plaide Karen Yvon.  
Les participants, pour leur part, mesurent à sa juste valeur la formation dont ils ont bénéficié. « J’ai eu une chance inouïe d’être initiée à ce qui est au coeur même de nos démarches. C’est-à-dire apprendre comme capter, en quelques minutes, l’attention des gens susceptibles de pouvoir financer dans nos projets d’entreprise », soutien une des participantes à l’atelier, Nazima Peeroo (de Naz Star Trading). « Ces deux formateurs d’exception que sont Keith Jones et Mike Sigal sont allés directement au but, nous donnant l’occasion de comprendre et d’élaborer un bon “pitch”. Chacun de nous en est sorti avec du concret, un vrai “pitch” qu’on peut utiliser concrètement par rapport à sa “start-up” », se félicite-t-il.
Si les deux promoteurs ne tarissent pas d’éloges sur la disponibilité de Keith Jones et de Mike Sigal à aider les jeunes entrepreneurs mauriciens, elles ne peuvent dire en dire autant de ceux dont elles ont sollicité la contribution. « Nous avons tout fait toutes seules, et nous avons énormément de crédibilité au niveau des réseaux internationaux comme Project Getaway, Seedstars World et Sw7. Mais les gros acteurs locaux que nous avons approchés nous ont refusé leur soutien. Nous remercions quand même le French Hub, Stagissimo et O Gu pour leur soutien à l’initiative », soutient Karen Yvon.