Nombre des questions lors du Prime Minister’s Question Time (PMQT) aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, sont demeurées sans réponse, à l’instar de celles sur la compagnie Air Mauritius et sur les journaux ayant reçu des publicités du gouvernement de juillet 2005 à décembre 2014. Le Premier ministre par intérim, Xavier-Luc Duval, a fait valoir que des informations internes diffusées à ce sujet pourraient constituer une entrave à l’exercice de la justice. Quant aux interpellations supplémentaires des députés, certaines ayant trait à des procès actuellement en cour, là également, elles n’ont pu obtenir de réponse.
C’est le député du Mouvement Patriotique, Raffick Sorefan, qui a ouvert la série des questions adressées au Premier ministre. Il voulait obtenir une liste des passagers ayant bénéficié d’un « free upgrade » de leurs billets en classe “économique” à “affaires” et les « free extra luggage entitlements » de la période 2012 à 2014, et ce sur les instructions du Bureau du Premier ministre, ainsi que les noms des officiers ayant donné ces instructions. Mais le PM par intérim, Xavier-Luc Duval, devait faire valoir que la compagnie d’aviation étant listée sur le Stock Exchange et que celle-ci étant gouvernée par la Companies Act, il ne serait « pas approprié » de diffuser de telles informations. Sur cette remarque, le député Sorefan devait interpeller la Speaker : « Why is the Honorable Acting Prime minister misleading the House ? ». Maya Hanoomanjee l’a alors immédiatement repris en le sommant de revoir ses propos. Mais pour le député, la question concerne davantage le Bureau du Premier ministre. De plus, selon lui, « Air Mauritius fait des pertes, et cela n’a rien à voir avec des affaires internes ». XLD a alors répété que les règlements sont clairs au sujet des compagnies listées au Stock Exchange. Et le leader de l’opposition de commenter que si la question avait émané des rangs du gouvernement, il y aurait eu une réponse.
Le député Alan Ganoo a ensuite demandé  à son tour si les pratiques susmentionnées au sein de la compagnie d’aviation « ont cessé ». Le PM par intérim dira ne pas être au courant. Le député demandera encore à la Speaker si le fait de ne pas répondre à cette question est une « parliamentary practice ». Et l’intéressée de répondre : « Je n’ai pas de contrôle sur la réponse du Premier ministre par intérim ! » Une autre question sur Air Mauritius, portant sur le nombre d’emprunts garantis par le gouvernement, a été retirée.
Une autre question, cette fois du député Ravi Rutnah, avait trait à un récent procès en Cour intermédiaire impliquant un policier, O.G., suivant le décès d’un certain O.B. Le PM par intérim a fourni des informations de base sur cette affaire avant que le député ne donne des détails d’une déclaration de la victime. La Speaker devait alors lui demander de ne pas citer de déclarations. Une autre interpellation de sa part devait amener la Speaker à lui lancer : « Nous ne sommes pas en cour. Vous ne pouvez venir dans cette Assemblée et faire comme si vous étiez en train de ‘cross-examinate’. »
Le Chief Whip Mahen Jhugroo devait également voir sa question sur les journaux ayant bénéficié des publicités du gouvernement de juillet 2005 à décembre 2014 demeurer sans réponses. Il voulait connaître la somme totale dépensée pour les journaux concernés et obtenir une liste des journaux en question. Mais XLD devait refuser, expliquant qu’il ne peut divulguer de telles informations, leur diffusion étant susceptible, selon lui, d’entraver le cours de la justice.
S’agissant d’un cas allégué d’incendie dans une résidence à Arsenal, et qui a été rapporté au poste de police de Terre-Rouge, question venant du député Shakeel Mohamed, XLD a indiqué que six personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire, dont quatre ont été relâchés sous caution. « Étant donné la complexité de la situation, l’affaire a été reprise par le CCID et l’enquête suit son cours. » Dans une interpellation supplémentaire, le député Mohamed devait demander au PM par intérim s’il savait si l’une des personnes arrêtées avait été directement conduite au Bail and Remand Court alors qu’elle n’aurait même pas été conduite au CCID auparavant. Il devait, lui aussi, faire référence à la cour, ce à quoi le ministre Anil Gayan devait signaler que le député faisait la même erreur que son collègue Rutnah. Shakeel Mohamed devait alors demander : « Pourquoi la police n’a pas objecté à ce qu’il aille au Bail and Remand Court alors qu’aucune déclaration n’avait été prise encore du suspect ? ». XLD a alors indiqué qu’il transmettrait le message au principal concerné.
Le même député devait poser une autre question relative au poste de police de Quartier-Militaire, cherchant à connaître le nombre d’officiers ayant été transférés depuis décembre 2014 de cet endroit et vers cet endroit. XLD a indiqué qu’au total, 43 officiers de police ont été transférés et qu’il est de la prérogative du commissaire de police de le faire, cette pratique étant courante. Shakeel Mohamed devait ajouter : « La population a récemment pu voir l’habileté de certains officiers. Certains l’appellent la ‘belly danse’. Est-ce que ces cinq policiers ont été transférés ? ». Question à laquelle XLD a répondu par l’affirmative en ajoutant qu’une enquête est en cours.