La rentrée parlementaire aujourd’hui a vu des questions brûlantes d’actualité adressées au Premier ministre même si celles au sujet de l’EIILM et de la carte d’identité n’ont pas trouvé de réponses. Répondant à une question du whip de l’Opposition, Rajesh Bhagwan, qui voulait savoir si des procédures d’extradition étaient en cours dans l’affaire de Jean Michel Lee Shim, directeur de SMS Pariaz Ltd, et qui se trouve actuellement à Londres, le Chef du gouvernement a répondu qu’il « y a une objection en Angleterre à ce qu’il quitte le pays ». Selon les indications du chef du gouvernement, le principal concerné y a été arrêté sous la charge de « bribery » et « son passeport a été saisi. Il ne peut voyager. Il doit se rendre au poste de police une fois la semaine ». D’autres questions ayant trait à la hausse de la redevance télé imposée par la MBC et le permis à points entre autres ont été abordées lors du PMQT, aujourd’hui.
Le Whip de l’Opposition a voulu savoir auprès du Premier ministre où en était l’enquête au sujet de Jean Michel Lee Shim et si des procédures d’extradition à son encontre étaient en cours au niveau des autorités britanniques. Navin Ramgoolam a indiqué que si Lee Shim a été arrêté le 11 juillet dernier, il se trouve toujours en effet à Londres car « there is an objection for him to leave the UK ». L’enquête, selon le PM, se poursuit en Angleterre et l’unité anti-corruption à Londres a fait savoir à Maurice que Lee Shim y a été arrêté le 31 juillet 2013. Selon le PM, la Police à Maurice a sollicité l’avis du DPP le 8 août dernier à ce sujet et le 29 août, le DPP aurait exprimé le souhait qu’il y ait une mise à jour de l’enquête. « The case enquiry has to be finished in London » a indiqué Navin Ramgoolam. Dans une question supplémentaire, Rajesh Bhagwan devait exprimer des craintes que l’affaire puisse finir comme celle de Teeren Appasamy, qui « est toujours en train d’errer à Londres ». Le Chef du gouvernement a répondu que c’est pourquoi il compte avoir des consultations avec le Court Office de Londres parce que, devait-il reconnaître, « too often, these kind of things happen ».
À une question du leader de l’Opposition, Paul Bérenger, le PM a répondu que Lee Shim était accusé sous la charge de « bribery » en Angleterre.
Autre question adressée au Premier ministre lors de cette rentrée, toujours celle de Rajesh Bhagwan, concernant l’augmentation de la redevance télé par la MBC. Le Premier ministre a reconnu avoir reçu deux missives du directeur de l’ACIM (Association des Consommateurs de Maurice) pour lui demander de geler la hausse. Toutefois, selon Navin Ramgoolam, il est impossible d’accéder à cette requête. Il devait citer plusieurs raisons économiques pour justifier cette décision de la chaîne de télé nationale.
Juste avant que le Premier ministre ne donne sa réponse, Paul Bérenger devait lancer en direction du directeur de la MBC : « Premye figir mo trouve zordi, se sa lagel-la papa ». Selon le Dr Ramgoolam, les frais de redevance télé ont été revus en plusieurs occasions : en novembre 1989, de Rs 15 à Rs 75 par mois, soit une hausse de 400% ; en 2002, de Rs 75 à Rs 100, une augmentation de 33%. Il devait par ailleurs indiquer que la MBC a connu des hausses importantes au niveau des frais d’électricité, d’essence entre autres. Et de relever que le nombre de chaînes est passé de 3 à 17. En novembre 2009, Agalega a bénéficié d’une nouvelle chaîne de radio FM. Il a rappelé en outre qu’en 2007, la MBC s’est décentralisée pour s’installer à Moka et que la corporation à Rodrigues a également connu une expansion. « La MBC de Rodrigues est maintenant complètement autonome ». Si les frais sont passés de Rs 100 à Rs 150, dit-il, depuis le 1er août dernier, ce sont seulement ceux qui consomment plus de 396 kw d’électricité par an qui doivent encourir cette augmentation et les autres n’en sont pas affectés.
Selon Navin Ramgoolam, depuis 2000, le budget de la MBC a toujours réalisé un déficit. Il a cité celui de 2001-2002, un déficit de Rs 132M. Le PM a indiqué que le rapport de l’année financière de la MBC 2011-2012 est en cours de finalisation. Le Whip de l’Opposition devait dans une question supplémentaire demander au Premier ministre s’il était au courant que le financial statement de la MBC ne correspond pas à l’International Financial Recording Standards. « C’est un constat du directeur de l’Audit » dit-il, soulignant que « l’argent public est impliqué ». Le whip de l’Opposition devait une fois de plus avancer que des équipements de la MBC sont utilisés pour réaliser des films pour des corps para-étatiques, et que « funds can be seen given to petits copains ». Le PM a répondu qu’il demandera à la Public Governance de s’en enquérir.
Le député Mahen Seeruttun devait pour sa part demander si une étude a été faite au préalable pour approuver la hausse de la redevance télé. Navin Ramgoolam de répondre : « You just have to look at the cash flow, you will understand ».
Répondant à une question du député du MMM, Satish Boolell, au regard du permis à points, précisément comment le système est appliqué vis-àvis des étrangers n’ayant pas un permis mauricien, le Premier ministre a répondu que la question est en cours d’étude pour que ces derniers, s’ils sont pris en contravention, payent au moins une amende. Eu égard la présence de trafiquants dans le pays « tels des Colombiens », le député Boolell a demandé au PM si la Police détient une liste de chaque conducteur à Maurice. « Je ne pense pas que tel soit le cas non plus dans d’autres pays » a répondu Navin Ramgoolam. Ajoutant qu’à son avis, au lieu de trois ans, ce délai devrait être ramené à un an pour que le chauffeur étranger décide s’il veut avoir un permis mauricien ou alors ne pas être en droit de conduire. Le député mauve de demander au Premier ministre s’il compte, en solidarité des conducteurs mauriciens, revoir le système de double fining qui consiste à imposer à la fois le permis à points et des amendes. Cette question a déclenché l’hilarité au sein de la majorité. Le Premier ministre a fait voir que la même chose se passe dans d’autres pays « où les nonrésidents ne peuvent être pénalisés ».