Les choses sont allées très vite hier à l’issue du Bureau politique du PMSD à Port-Louis. Prenant tout le monde de court, le secrétaire général du parti devait, en présence du député Thierry Henry, annoncer à la presse que « Michaël Sik Yuen a décidé de démissionner comme ministre du Tourisme. Mais il reste au parti et siégera comme back-bencher ». Une nouvelle que s’est empressé de démentir Vincent Seetaram, attaché de presse du principal concerné. « Michaël Sik Yuen annonce publiquement qu’il n’a pas et ne compte pas démissionner. Cette information n’est ni plus ni moins qu’une communication officielle du parti. » Un peu plus tard, dans la même soirée, Xavier-Luc Duval est monté au créneau et a rappelé les faits autour des révocations d’Alain Wong du Tourism Authority et de Robert Desvaux de la MTPA. « Je demande à Michaël Sik Yuen d’honorer sa parole et de démissionner, comme il l’a lui-même proposé au parti », a lancé le leader des bleus.
Face à la volte-face de Michaël Sik Yuen hier après-midi à l’issue du Bureau politique des bleus où il était convié mais était absent, et à sa déclaration via son attaché de presse Vincent Seetaram qu’il ne comptait nullement step down, Xavier-Luc Duval a invité publiquement son ministre du Tourisme à « honorer la parole qu’il m’a donnée et respecter son engagement envers le parti. C’est lui qui a émis le désir de démissionner s’il ne trouvait pas une solution équitable à la situation qui a résulté après qu’il a licencié Alain Wong et Robert Desvaux, deux proches du PMSD ».
« Mardi dernier, le ministre du Tourisme est venu me voir pour me faire part de ses problèmes, surtout d’un conflit de personnalité, qu’il rencontrait avec certains chairmen des agences tombant sous son ministère, dont Robert Desvaux. Il évoquait déjà sa décision de le révoquer. Vendredi, Michaël Sik Yuen est revenu à la charge pour m’informer qu’il allait révoquer M. Desvaux. J’étais très pris entre deux réunions et je lui ai expliqué qu’il avait déjà licencié récemment Alain Wong de la Tourism Authority, qui est un membre du PMSD. Révoquer deux membres du parti en quelques jours, c’était très inélégant et indélicat », explique le ministre des Finances.
Le leader des bleus aurait alors demandé au ministre du Tourisme de « ne pas aller de l’avant avec la révocation du chairman de la MTPA et d’attendre quelques jours ; le temps pour nous de discuter de la question ».
La suite, on la connaît : Michaël Sik Yuen, rappelle Xavier-Luc Duval, décide « de son propre chef d’envoyer sa lettre de révocation à Robert Desvaux, en faisant fi de mes consignes et en agissant de manière assez cavalière… » L’entourage du leader du PMSD ne cache pas qu’il « était bien remonté contre son ministre du Tourisme et sa manière d’agir. Ou pa dezobeir enn consigne koumsa… »
Sur ces entrefaites et « mis devant un fait accompli », poursuit Xavier-Luc Duval, « l’état-major du parti et moi-même n’avions d’autre choix que de convoquer un Bureau politique. Ceci afin d’y entendre les griefs et explications de Michaël Sik Yuen et Robert Desvaux. Nous avons pensé que ce serait là, la plateforme qu’il fallait pour trouver un terrain d’entente et définir la marche à suivre, après les événements qui s’étaient produits… »
En début de semaine, poursuit Xavier-Luc Duval, « j’ai eu une conversation avec Michaël Sik Yuen. Je lui ai expliqué qu’il allait être convoqué au Bureau politique pour s’expliquer et qu’il nous faudrait trouver une solution pour décanter la situation. Il m’a donné l’assurance, et je le cite, que “nous trouverons une réponse au problème. Si on ne peut parvenir à la réintégration de Robert Desvaux, je trouverais une alternative acceptable pour sortir le parti de cette crise” ». « C’est Michaël Sik Yuen, lui-même, qui a proposé qu’il allait “step down”, donc démissionner en tant que ministre si on n’arrivait pas à trouver une solution qui fasse l’unanimité. Ce n’est pas le parti qui l’a poussé à cette décision. Le parti lui a seulement rappelé ses engagements et ses responsabilités », précise le leader du PMSD.
Le jour du Bureau politique approchant, « Michaël Sik Yuen adopte une nouvelle attitude », soutient-on au PMSD. En effet, lors des 20 ans de Condor, au restaurant Opium à Réduit, mardi soir, le ministre du Tourisme sort de sa réserve observée depuis le vendredi soir fatidique et déclare publiquement que « mo bizin fer sanzman pou amenn rezilta ».
À compter de ce moment, ajoutent les proches du leader bleu, « même si nous avons envoyé maintes et maintes émissaires auprès de Michaël Sik Yuen pour lui demander d’être présent au Bureau politique d’hier, l’homme a joué aux abonnés absents ». Résultat : « Robert Desvaux était présent hier et s’est expliqué tandis que Michaël Sik Yuen n’a pas donné de ses nouvelles et ne prenait aucun de nos appels. »
Devant une telle situation, continue l’entourage de Xavier-Luc Duval, « nous n’avions d’autre choix que de communiquer ce que Michaël Sik Yuen nous avait déclaré qu’il allait faire, soit de démissionner comme ministre du Tourisme et de continuer à siéger comme back-bencher et ce dans l’éventualité où Robert Desvaux ne serait pas réintégré à son poste. Dans l’absence de toute communication de la part de Sik Yuen, nous ne pouvions qu’aller dans ce sens… » D’où la décision, après que Michaël Sik Yuen a nié vouloir démissionner de son poste au Tourisme, de Xavier-Luc Duval de l’inviter « à honorer sa parole ; l’engagement qu’il a pris auprès de moi, qu’il allait démissionner. Je lui demande, publiquement, désormais, de respecter sa parole. »