À peine le Bureau politique terminé aux alentours de 17 h 15, Lindsay Morvan, Communications Manager du Parti mauricien social démocrate (PMSD), qui « n’assistait pas au BP, comme j’avais pris un congé politique depuis environ une quinzaine de jours », est allé déposer sa lettre de démission « de toutes les instances du parti et de mon poste du board d’AML où Xavier-Luc Duval m’avait nommé en 2006 quand il était ministre des Communications extérieures ». Cette défection, ajoute le principal concerné, « a été prise après mûre réflexion ».
Lindsay Morvan a été un Bleu durant ces huit dernières années. « Mais je pense qu’avec mon parcours de travailleur social, je ne suis pas fait pour la politique ! Peut-être que je suis trop naïf… », a-t-il confié au Mauricien, en début de soirée, hier. Cette année, cela fera « 20 ans que je milite aux côtés du Mouvement Progrès pour Roche-Bois (MPRB). Et quand j’ai rejoint le PMSD et que j’ai fait partie du gouvernement, c’est parce qu’on partageait les mêmes visions sur les dossiers comme la pauvreté, les enfants défavorisés, l’avortement, l’Equal Opportunities Act… » En ce sens, déclare encore M. Morvan, « même si je ne suis plus au sein du parti, je continue de soutenir l’action gouvernementale. Car j’ai fait campagne pour les élections nationales en 2010 et pour les municipales, en décembre dernier ».
Les choses virent au vinaigre pour l’ex-Communications Manager du PMSD quand, dit-il, « je me suis permis d’exprimer mes dissensions concernant certaines questions et la manière dont le parti les traitait. Parmi ces dossiers, il y avait aussi l’affaire Robert Desvaux… Je voyais déjà Michaël Sik Yuen révoquer le Chairman de la MTPA. »
Lindsay Morvan ajoute : « Dès le départ, quand j’ai osé faire part de mon insatisfaction face à certains dossiers, j’ai ressenti de la part de mon leader, Xavier-Luc Duval et de certains membres du parti leur mécontentement face à ma manière de voir les choses. » D’où sa décision de prendre « une retraite politique, ce qui fait que je n’étais pas présent aux conférences de presse conjointes ces dernières semaines ».
Hier matin, poursuit M. Morvan, « les choses se sont envenimées quand Xavier Duval m’a appelé pour me demander si je comptais démissionner du board d’AML ». Pour l’ex-Communications Manager, « c’était clairement une invitation subtile à démissionner… Pourtant, c’est le même Xavier Duval qui, en 2006, quand il était ministre des Communications extérieures, m’avait nommé au sein de ce board… »
Expliquant que « dans un sursaut d’amour propre, je n’ai pas hésité et j’ai préféré démissionner de toutes les instances du parti de même que du board d’AML », Lindsay Morvan soutient qu’à ce stade, « je n’envisage aucunement d’adhérer à un autre parti politique ».
Pour rappel, Lindsay Morvan a été le Chairman de la défunte National Prevention Unit (NPU), agence placée sous la tutelle du ministère de la Sécurité sociale, durant le mandat du ministre mauve, Sam Lauthan.