«Véritable anarchie» à Trou d’Eau Douce (TDD), selon les opérateurs de bateaux de plaisance dûment enregistrés pour cette base d’opération d’où l’on transporte les clients à l’île aux Cerfs. Une situation qui empire et qui pourrait déboucher sur de vifs remous dans le village, en raison des nombreux opérateurs illégaux à ce point d’embarcation.
Chaque jour, le nombre d’opérateurs de bateaux de plaisance – venant de Grande Rivière Sud Est (GRSE), Deux Frères, Camp Pêcheur, Belle Mare, Palmar, Beau Champ, Pointe aux Feuilles et Pointe Jerôme/Mahébourg – augmente et opère au vu et au su des garde-côtes. Ce qui provoque un manque à gagner conséquent pour les opérateurs légaux qui peinent à embarquer une clientèle déjà réduite ces derniers temps. Les autorités, continuant à croiser les bras, malgré les doléances et les nombreuses rencontres, les plaisanciers de TDD préviennent qu’ils n’hésiteront pas à employer la force.
Cela fait plusieurs années qu’ils se battent pour que les bases d’opérations soient respectées selon les règlements mis en place par la Tourism Authority (TA). Cependant, malgré leurs rencontres avec les autorités et les différentes discussions avec le ministre du Tourisme, Michaël Sik Yuen, rien n’a été fait. Ce, en dépit du fait que selon la TA Act, les opérateurs de bateau de plaisance doivent embarquer leur clientèle au point d’embarcation spécifié sur leur permis d’opération. Au contraire, déplorent les plaisanciers de TDD, les opérateurs illégaux augmentent et travailleraient même plus que les opérateurs légaux. Actuellement, les opérateurs de Pointe Jerôme, Beau Champ, Deux Frères, GRSE y opèrent. «Il y a plus d’opérateurs illégaux que d’opérateurs légaux», s’insurgent les plaisanciers de TDD qui se disent «las» de faire des doléances auprès des autorités. «Soi disant inn mette la loi ek garde-côtes bizin pran contravention. Ler guetter, nanien pa pe fer. Enn dé contraventions garde-côtes zis pou bouss lizié, mé situation parey. Nou ki pe souffer», disent-ils.
Certains font ressortir que récemment, il leur a été communiqué qu’en raison du mauvais temps en cette période, les opérateurs de Belle Mare et de Palmar qui doivent transiter hors lagon disposent de la possibilité d’embarquer temporairement à TDD pour éviter toute catastrophe en mer. Or dans la réalité, tel n’est pas le cas, disent les plaisanciers de TDD, s’interrogeant sur «le fait que si, éventuellement, il y avait cette dérogation, pourquoi les opérateurs de Deux Frères, GRSE, Pointe Jérôme, etc. aussi viennent embarquer à TDD?» Et de faire ressortir que «les garde-côtes ferment les yeux presque toujours. Ils ne s’inquiètent pas des illégaux et préfèrent chercher la brouille avec les opérateurs locaux.»
Ils soulignent également que lorsqu’un opérateur fait une demande de permis, c’est en sachant parfaitement que les permis sur TDD ne sont plus délivrés. «Kan zot choisir zot base enn lot place, sot conné couma base là été, mais zot pran permis là kan même, après zot vinn marse lors plate-bande zot prochain. Empess nou gagn nou lavi», disent-ils.
D’où leur incompréhension que les autorités puissent tolérer que les opérateurs de Palmar et Belle Mare viennent embarquer à TDD. «C’est n’est pas possible! Cette histoire de danger hors lagon ne tient pas la route. Et surtout lorsqu’on voit les dégâts que cela provoque à TDD», disent les plaisanciers légaux. Une situation qui n’a que trop duré , ajoutent-ils, prévenant que des échauffourées ne sont pas à écarter si la situation perdure. «Nous en avons assez de payer des frais, des permis, de respecter les bases et de nous faire écraser par les autres. Nous n’arrivons plus à gagner notre vie. Certains sont sur le point de mettre la clé sous le paillasson. Les autorités doivent réagir.» Autrement, «nou pou desann dan simin pou nou faire nou ban droits respecter. Touristes aussi bizin compran ki pe arrivé», disent-ils.