L’actualité politique mauricienne est actuellement, et malheureusement, davantage un divertissement de mauvais goût qu’une chose sérieuse. Pendant que le néodémissionnaire de la Présidence, sir Anerood Jugnauth, et son nouvel allié, Paul Bérenger, tissent le Remake 2000 tout en envisageant l’avenir au pouvoir, le gouvernement, y compris son chef, Navin Ramgoolam, entre dans la logique du conflit et s’engage pleinement dans une guerre à deux balles avec l’opposition. À trois ans des prochaines législatives, Maurice affiche un air de campagne électorale. Et nos dirigeants persistent à se livrer à un spectacle qui ne fait plus rire mais qui, force est de le reconnaître, fait… rêver. Au changement. Un vrai, avec de nouvelles têtes d’affiche ayant à coeur l’intérêt des citoyens.
Qui occupera le poste de Premier ministre au sein d’une alliance MMM/MSM ? Qui sera candidat, et dans quelle circonscription ? Qui seront les grands sacrifiés de cette alliance ? Avec le retour de son père dans l’arène politique, quelles seront les attributions de Pravind Jugnauth au MSM ? Après que la question « Remake 2000 or not Remake 2000 ? » a occupé quasiment toutes les unes de la presse, et que chaque parole, chaque expression et chaque rendez-vous du néodémissionnaire de la Présidence, sir Anerood Jugnauth, ont été scrutés et médiatisés, c’est aujourd’hui la bataille des foules du 1er-Mai qui mobilise l’énergie des partis.
Il y a quelques jours encore, c’est le cas du leader de l’Union Nationale, Ashock Jugnauth, frère renié et oncle rejeté, qui suscitait des interrogations en cas de concrétisation du Remake 2000. Notamment, celle de savoir s’il serait plutôt un atout ou un obstacle à la réunification MMM/MSM ? Passera-t-il l’éponge sur le communiqué de 2007 portant le sceau du Réduit ? Aux prochaines législatives, Ashock Jugnauth a déclaré ne pas vouloir céder sa place au N° 8 (Quartier-Militaire/Moka), circonscription dans laquelle il a toujours été candidat. Et le Remake 2000 ne l’intéresse pas, au grand regret du MMM, dont le leader le voyait déjà comme Speaker de l’Assemblée ou encore Attorney General. Comme ses partenaires de l’opposition, l’Union Nationale est, elle aussi, déjà dans la logique des élections générales.