Le MTMS (Mauritius Telugu Maha Sabha) a adressé deux communiqués – l’un au Front Commun Hindou et l’autre aux dirigeants de ses Branches – pour faire valoir sa position par rapport à la chose politique. Week-End s’est entretenu avec le secrétaire général du MTMS, Ramdass Gooriah, à ce propos et a profité de l’occasion pour faire un tour d’horizon des changements apportés à ses statuts à quelque six semaines précédant les dernières élections générales.
Le MTMS vient de prendre des décisions pour se tenir à l’écart de la politique partisane. Parlez-nous-en.
Dans le cafouillage de la campagne électorale, sous la férule du Front Common Hindou lors des élections générales de décembre 2014, le nom du MTMS fut associé à tort à un quelconque mot d’ordre au profit d’un parti politique. Pour dissiper tout malentendu, le MTMS qui est résolument apolitique, a décidé de rester à l’écart de tels mouvements à l’avenir et a même écrit dans ce sens aux principales composantes du Front Commun. Cependant, le MTMS considère la communauté télougoue comme faisant partie intégrante de la grande famille hindoue de l’île Maurice et épouse les grandes valeurs de la Culture Millénaire de l’Inde.
Le MTMS est allé plus loin pour faire prévaloir son apolitisme en demandant à toutes ses branches de veiller à ce que ses membres dirigeants s’abstiennent de la politique active, et que si tel est le cas de remédier immédiatement à la situation. Le MTMS a aussi demandé à ce que, et ce, dans toutes les instances dirigeantes locales et à tous les niveaux, tout membre qui répond à une charge criminelle se retire de la direction jusqu’au dénouement de l’affaire. Evidemment, si le membre en question est trouvé coupable, la question sera référée au MTMS.
Depuis la fin de l’année dernière, le Mauritius Andhra Maha Sabha (MAMS) est connu sous le nom de Mauritius Telugu Maha Sabha (MTMS). Nous en connaissons déjà les raisons. Pouvez-vous nous les rappeler ?
Le 31 octobre 2014, en délivrant un certificat d’enregistrement en bonne et due forme sous les dispositions de la  Section 13 du Registration of Associations Act, le Registrar of Associations a officialisé le changement de nom du Mauritius Andhra Maha Sabha (MAMS) en celui du Mauritius Telugu Maha Sabha (MTMS).
La motivation première a été de faire ressortir que le MAMS est la fédération représentant la Communauté Telugu de l’île Maurice. Bien qu’en Inde, et particulièrement dans l’état d’Andhra Pradesh le mot « Andhra » soit synonyme de « Telugu », à Maurice, avec la multiplicité des fédérations de la grande famille hindoue, cela prêtait à confusion dans l’esprit des autres composantes de la nation mauricienne dont la dénomination est très explicite, comme pour la Mauritius Tamil Temples Federation ou la Mauritius Marathi Mandali Federation. Le changement de nom a été un moyen de mettre fin à cette confusion, mais aussi de se mettre au diapason du développement politique intervenu en juillet 2013 en Inde lorsque l’état d’Andhra Pradesh a été scindé en deux états séparés: L’Andhra Pradesh et Le Telengana. Il faut ici rappeler que les Mauriciens d’origine telugu d’aujourd’hui ont eu des ancêtres qui sont venus à Maurice des régions qui sont maintenant situées dans ces deux états.
Les statuts qui régissent le MTMS sont-ils les mêmes que ceux qui s’appliquaient au MAMS ? Qu’est-ce qui change véritablement avec les nouvelles provisions dans les statuts ?
De grands changements ont été apportés dans les nouveaux statuts du MTMS, qui sont le résultant d’une refonte profonde et globale des anciens règlements du MAMS qui furent amendés à plusieurs reprises depuis sa création en 1947. Les principaux changements concernent le nom (désormais, le Mauritius Telugu Maha Sabha); de nouvelles catégories de membres c.-à-d. des membres ordinaires (18-54 ans); des membres à vie (life members) (de 55 ans à monter) et des Associations qui oeuvrent dans la même direction que le MTMS (affiliate members) ; la légitimation des Comités régionaux regroupant les branches du MTMS au niveau de district s(il y en a 7 au total) ; un nouveau mode d’élection du Comité central par un système des délégués; et une hausse des cotisations et du « funeral grant ».
Il paraît que cette refonte des statuts du MAMS pour assurer une plus grande efficacité et plus d’équité au sein du MTMS, a fait l’objet de longues tractations…
En effet, les démarches pour doter le MAMS de nouveaux statuts pour répondre aux nouvelles exigences remontent loin dans le temps, plus précisément en 1996 quand un Comité fut mis sur pied par le Comité central avec la contribution des légistes, tels que Me Steven Obeegadoo et Me Siv Pottayya. Un MAMS Bill fut alors proposé. Ensuite, en 2006, un autre comité propose le découpage de L’Association en zones géographiques et un système des délégués. J’ai eu l’occasion de participer dans les deux comités. Le dernier en date fut le comité mis sur pied en 2009, que j’ai présidé moi-même comme vice-président, et qui a produit la nouvelle constitution en vigueur depuis le 31 octobre 2014.
Pour arriver à ce résultat, ce comité a bossé dur pendant plusieurs mois, d’août à décembre 2009. Ensuite, après une longue période de consultation, un séminaire fut organisé en juin 2010 au Mahatma Gandhi Institute avec la participation des représentants des 90 branches du MAMS. Pas moins que 20 autres changements furent proposés. Ensuite fut entamé un processus de ratification qui s’échelonna sur trois Assemblées générales spéciales de novembre 2010 à décembre 2013.
Finalement, après un examen minutieux par les officiers du Registrar of Associations, ce dernier enregistra la nouvelle constitution le 31 octobre 2014 d’après les dispositions du Registrar of Associations Act.
Pouvez-vous nous raconter succinctement l’histoire de la fédération télougoue depuis sa création sous le nom de MAMS en 1947 jusqu’à l’avènement du MTMS en 2014 ?
Depuis sa création, le MAMS, qui ouvrit son premier siège social à la rue de la Corderie pour être transféré peu de temps après à la rue Dumat, se lança dans la promotion de la langue et de la culture telugu auprès des membres de la communauté à travers l’île. La contribution de feu Pandit Ramoortee fut énorme dans cette tâche, aussi bien que celle du Pandit Gunnayya Ottoo, Pandit Mannikam et plus près de nous par le Pdt Satyakam Appiah (maintenant le Swami Saraswati) et les autres qui sont allés parfaire leurs connaissances en Andra Pradesh tels que le pdt Veeraj Uppiah et Pdt Sanjiva Appadu et d’autres encore. Une autre étape importante fut l’ouverture des branches dans les agglomérations à forte densité de Telugus, telles que Tyack, Piton, Rivière du Rempart, etc. A présent, il y a plus que 90 branches à travers le pays.
La contribution du MAMS a été déterminante pour ce qui constituent aujourd’hui les acquis de  la communauté télougoue, dont l’enseignement de la langue dans les écoles primaires du gouvernement  avec la contribution immense de feu Professeur Sivarama Murthy, expert venu de L’Andra Pradesh et qui maintenant va jusqu’au tertiaire; la proclamation de l’Ugaadi (le Nouvel An Telugu) comme un jour férié; la construction de temples traditionnels aux quatre coins du pays par le concours d’un grand architecte et surtout la célébration grandiose des fêtes religieuses, telles que le Ramabhajanam, l’Ammouroo Pandaga, le Narasimha Pooja et le Shri Venkateshwara Vratam (Carême de 40 jours).
Le MTMS a aussi une collaboration avec la diaspora télougoue de l’Inde et d’autres parties du monde, telles que l’Afrique du Sud et la Malaisie.