Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, l’a annoncé personnellement à la presse en cours de matinée : il souffre d’un début de cancer à la gorge, plus particulièrement à l’amygdale gauche. Des dispositions ont été prises pour qu’il puisse subir une intervention chirurgicale à l’étranger, selon toute probabilité à Paris, dans les meilleurs délais. De son côté, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui participe aux travaux du World Economic Forum à Davos, en Suisse, a eu une conversation téléphonique avec le leader de l’opposition après le point de presse de celui-ci en vue de lui apporter son soutien en cette période éprouvante (voir déclaration plus loin).
Sur avis médical, Paul Bérenger prévoit que la période de traitement pourrait être de trois mois. De ce fait, il compte informer le Speaker de l’Assemblée nationale, Razack Peeroo, qu’en raison de son état de santé, il ne pourra pas assumer les fonctions constitutionnelles de leader de l’opposition pendant la durée de son traitement. Il compte soumettre sa démission en tant que tel au président de l’Assemblée nationale en vue de permettre à son suppléant désigné, Alan Ganoo, d’exercer pleinement ces fonctions à la rentrée avec des Private Notice Questions (PNQs) ou autres attributions aux termes de la Constitution.
« Hier, nous avons effectué des tests en clinique et nous avons constaté que je souffre d’un début de cancer à l’amygdale gauche. Pena pou peur pou moi ! Pena pou peur cancer. O kontrer bizin get li bien en fas », a déclaré Paul Bérenger aux journalistes convoqués pour un point de presse en solo. Le secrétaire général du MMM, Rajesh Bhagwan, et le Dr Zoubair Joomaye étaient les rares membres du MMM présents à cette occasion à l’hôtel Labourdonnais, même si Paul Bérenger a annoncé qu’il a eu une conversation avec sir Anerood Jugnauth, le leader du Remake 2000, dans la matinée au sujet de son état de santé et que des membres de sa famille aussi bien que ses proches lieutenants au sein du parti avaient été informés de la nouvelle de sa maladie.
« De ce que je sais il y a plus de 200 types différents de cancer. 50 % de ces types de cancer peuvent être guéris complètement. C’est un fait indéniable. Dans les autres 50 %, je peux citer deux exemples suscitant de l’optimisme. Il y a le cas de l’ancien président américain Ronald Reagan, qui a subi une intervention chirurgicale suite à un cancer à 74 ans et qui a vécu jusqu’à 93 ans. Attention, je ne regarde pas dans cette direction. Pas plus tard que jeudi dernier, l’ancien vice-président du Zimbabwe John N’Komo est mort à 78 ans, après avoir vécu pendant de longues années suite à des traitements pour un cancer », déclare Paul Bérenger, affichant tant bien que mal une bonne mine et se permettant des plaisanteries avec des membres de la presse.
« En ce qui me concerne, les spécialistes soutiennent que le type de cancer détecté est classé dans la catégorie des 50 % qui peuvent être guéris complètement. Nous avons détecté le cancer assez tôt. Ils m’ont conseillé d’effectuer un déplacement à l’étranger en vue de subir une intervention chirurgicale. Je compte faire le nécessaire à cet effet dans les prochains jours », a ajouté le leader de l’opposition.
Pendant la période de traitement, qui est estimée à trois mois, Paul Bérenger a pris la décision de confier les responsabilités de leader de l’opposition et les rênes du parti à Alan Ganoo. Il prévoit plusieurs déplacements à l’étranger pendant cette période. « Je reprendrai mes fonctions de leader de l’opposition et du MMM après mon traitement. Pena pou peur. Pena pou tracassé. Mo pou tenir zot o kouran au fur et à mesure. Mo pou dir zot la vérité kouma touzour », a-t-il rassuré.
Avec ce développement, une réunion du bureau politique du MMM a été convoquée pour demain alors que la réunion du Remake 2000 MMM/MSM de cet après-midi est maintenue. Le comité central se réunira samedi avec également une assemblée des délégués ce même après-midi « pou dir saki ena pou dir ».
Avec un tel calendrier d’activités politiques, force est de constater que le départ de Paul Bérenger à l’étranger pour son intervention chirurgicale pourrait intervenir au début de la semaine prochaine dépendant des résultats des démarches entreprises pour son hospitalisation à Paris, même s’il soutient que rien n’est encore définitif.
En conclusion à l’une des conférences de presse les plus courtes de sa carrière politique, soit de sept minutes, Paul Bérenger a fait ressortir qu’il a pris la décision de « go public » sur son état de santé dès le lendemain des résultats des tests conformément à la « politique de transparence et de vérité en conformité avec ma personnalité ».