Des employées en train de trier les bouteilles en plastiques

Polypet Recyclers Ltd est la seule entreprise locale spécialisée dans le recyclage de bouteilles en plastique. Enregistrée en 2004, cette entreprise opère sous la supervision de la compagnie mère en Afrique du Sud et est gérée par Akil Ramjaun, son directeur général. Polypet Recyclers Ltd s’est fixée pour mission de ramasser des bouteilles en plastique à travers le pays et de les réduire en granules qui sont exportés en Afrique du Sud. Ces granules deviennent ensuite des fibres synthétiques utilisées pour la fabrication de divers produits, notamment des vêtements, couettes, couvertures, oreillers, sièges pour voiture.

Le directeur général, Akil Ramjaun, en compagnie de son équipe dirigeante à Maurice”

L’entreprise de recyclage, baptisée Polypet Recyclers Ltd, a vu le jour le 15 août 2004 à Maurice. Sa maison mère se trouve en Afrique du Sud et porte le nom de SAPR. Selon le directeur général de la compagnie locale, Akil Ramjaun, SAPR est une entreprise familiale sud-africaine et iranienne, dirigée par Chanrai Lajoo et sa famille. Ces derniers étaient autrefois propriétaires d’une usine de textile qui a fermé ses portes il y a vingt ans. Ils se tournent alors vers le domaine du recyclage de bouteilles en plastiques et ouvrent une entreprise dans ce sens. La famille a été alors approchée par une compagnie de boissons gazeuses pour l’aider à réduire les effets écologiques sur l’environnement. « La compagnie de boissons gazeuses était consciente que ses bouteilles en plastique avaient des impacts négatifs et polluaient l’environnement. Elle était à la recherche d’une compagnie pouvant recueillir toutes les bouteilles usées en plastique pour les recycler. C’est ainsi que la compagnie a approché SAPR », explique Akil Ramjaun.

Installée au Nigeria, SAPR est vite passée d’une petite entreprise à un géant dans le domaine du recyclage de bouteilles en plastique. Elle s’est spécialisée non seulement dans le ramassage de bouteilles en plastique, mais aussi la transformation de ces bouteilles en granules (flakes) qui sont reconvertis en fibres synthétiques. Les fibres synthétiques sont ensuite utilisées pour fabriquer des fils, des oreillers, des sièges pour voiture, des T-shirts, des couvertures, des couettes, des tuyaux PVC ainsi que des balles de tennis. « La compagnie a pour mission de réduire les bouteilles en granules, qui sont exportés vers l’Europe, à savoir l’Angleterre et l’Allemagne, pour la fabrication des produits finis. SAPR a trouvé la formule parfaite de convertir des déchets en produits et accessoires », explique Akil Ramjaun.

Grâce à cette diversification, SAPR est devenu célèbre en Afrique du Sud. Du coup, la compagnie spécialisée dans la fabrication de boissons gazeuses demande à SAPR d’ouvrir des antennes dans d’autres pays pour ramasser les bouteilles en plastique. C’est ainsi que la compagnie s’implante à Maurice sous le nom de Polypet Recyclers Ltd. « Nous avons démarré en 2004 sur un terrain appartenant à un établissement sucrier à Solitude. En 2011, nous sommes venus dans la zone industrielle de The Mount car il nous fallait un plus grand espace. Au début, notre mission consistait à collecter des bouteilles en plastique dans les quatre coins de l’île, à les compresser pour former des cubes, puis les exporter en Afrique du Sud, où les déchets sont traités et à les réduire en granules. En 2006, nous avons importé des machines afin que nous puissions nous-mêmes réduire les bouteilles en plastique en granules. Cela, en vue de faciliter l’exportation », dira Akil Ramjaun.

Ce dernier explique qu’en compressant les bouteilles en cubes, la compagnie ne pouvait exporter que 11 à 12 tonnes de bouteilles par conteneur. Or, en les réduisant en granules, elle parvient à exporter 21 tonnes par conteneur. « Non seulement il est plus économique, mais il facilite la tâche de nos collègues en Afrique du Sud. Avec les nouvelles machines, nous parvenons à enlever la majorité des étiquettes collées sur les bouteilles, quoi qu’il en reste un petit pourcentage, variant entre 15 à 20%. Cela dit, nous sommes toujours en train d’exporter des déchets avec les granules », fait-il ressortir.

D’ou la raison pour laquelle Polypet Recyclers Ltd compte importer plus de machines afin d’éliminer à 100% tous les déchets des granules. Les machines auront aussi pour tâche d’offrir un premier lavage aux granules afin que la compagnie puisse exporter des produits propres en Afrique du Sud. La maison mère n’aura plus qu’à laver, rincer et passer les granules dans les machines pour produire les fibres synthétiques. Interrogé sur la perspective de produire ces fibres localement et éventuellement des produits finis, Akil Ramjaun explique que « cela est impossible ». Et de souligner : « Nous sommes une petite île et nous ne ramassons pas suffisamment de bouteilles en plastique pour la production de fibres ou des produits finis. Nous devons nous contenter du ramassage des bouteilles et la transformation en granules », dit-il.

Akil Ramjaun nous montrant des échantillons de divers faire long feu », dit-il.
produits fabriqués à partir des fibres synthétiques

Le processus

Les bouteilles en plastique usées sont recueillies principalement dans les dépotoirs, sur les plages et dans les écoles. Ce sont les endroits généralisés, selon Akil Ramjaun. « Nous avons une dizaine de camions qui sillonnent l’île au quotidien pour recueillir les bouteilles. Ils sortent à 8h tous les matins pour aller recueillir les bouteilles », dit-il. Parallèlement, il y a des Ong œuvrant pour la protection de l’environnement qui travaillent en étroite collaboration avec Polypet Recyclers Ltd pour le ramassage de bouteilles en plastique. Selon Akil Ramjaun, les bouteilles viennent également des centres commerciaux. En outre, des personnes au chômage se font un petit commerce en ramassant les bouteilles en plastique pour les revendre à la compagnie.

Quand les bouteilles arrivent à l’usine, elles sont d’abord pesées. Puis, les gens sont payés selon le poids des bouteilles. Une fois à l’intérieur de l’usine, les bouteilles sont livrées à un tri. Les bouchons et les étiquettes sont enlevés. Les employés doivent s’assurer que les bouteilles ne contiennent ni de l’eau ni aucun objet dur qui pourrait endommager les machines. Une fois passés dans les machines et reconvertis en granules, les produits sont placés dans de gros sacs, 40 au total, pesant 21 tonnes. Ils sont enfin prêts pour l’exportation. « Nous avons actuellement une cinquantaine d’employés qui travaillent pour le compte de Polypet Recyclers Ltd et nous avons aussi créé 1 000 emplois indirects, notamment les personnes qui ramassent des bouteilles et viennent nous les livrer. Nous exportons cinq conteneurs de 40 pieds chaque mois. Nous avons un centre à Camp-Fouquereaux où les camions viennent déposer toutes les bouteilles recueillies dans la région sud du pays. À Camp-Fouquereaux, les bouteilles sont seulement compressées en cubes. Puis elles sont transférées à The Mount pour être réduites en granules », explique Akil Ramjaun.

Ce dernier fait ressortir que Polypet Recyclers Ltd est la seule compagnie spécialisée dans le recyclage de bouteilles en plastique à Maurice. « Nous n’avons jamais eu de compétiteurs et je suis certain qu’il n’y en aura pas dans le futur. Beaucoup d’entrepreneurs ont essayé de se lancer dans ce domaine et ils n’ont pu faire long feu », dit-il.