C’est devant l’Esplanade des Droits humains que ces marchandes, frappées d’une interdiction de travail depuis août 2012, ont fait entendre leur voix. Des factures d’électricité impayées totalisant plus de Rs 12 000, six mois de retard pour le paiement de leur loyer, des ventes journalières ne dépassant pas Rs 100… Tel est le sort de certains colporteurs de la capitale, soutiennent-elles, depuis que la police et la municipalité appliquent l’ordre de la Cour suprême interdisant aux marchands ambulants d’écouler leurs produits dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. Quant aux deux sites de relogement (Place Decaen et Immigration) choisis pour les accueillir, ils attendent toujours d’être livrés. « Pendant ce temps, c’est notre marmite qui en souffre. Cette décision de la Cour suprême nous met dans une situation difficile », expliquent une dizaine de colporteuses regroupées au sein de l’Association des Marchands Ambulants du Nord et de la Port-Louis Small Traders Association. « Si zordi nou la, se pou montre antie lil Moris ki bann problem ki nou pe gagne », disent-elles, en réclamant une solution alternative immédiate. Et de souligner que de nombreux marchands ont boudé le deuxième exercice d’Expression of Interest concernant l’allocation des étals dans les deux sites susmentionnés : « Les conditions qui y sont attachées découragent les principaux intéressés. » Les colporteuses réclament une rencontre avec les autorités compétentes pour exprimer leurs griefs.