Le leader du Mouvement socialiste mauricien (MSM) a affirmé que « zot ti pe rod met tor lor sofer-la » lors de la conférence de presse du parti samedi à Port-Louis. Pravind Jugnauth commentait l’accident fatal survenu à Sorèze le 3 mai. Il a aussi fait état de l’affaire MITD et du permis à points en vigueur depuis vendredi.
Pravind Jugnauth a déploré les propos du ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo au parlement qui au début affirmait qu’il n’y avait eu aucune plainte enregistrée contre les autobus Blueline pour ensuite admettre le contraire. « Mo poin, seki linn koz manti dan parlma », a avancé le leader du MSM; « Pa kapav pardonn enn minis kinn koz manti dan parlma ! »
Le leader du MSM a qualifié le gouvernement de « gestapo », ne manquant pas de faire une sortie contre la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Pravind Jugnauth a aussi affirmé détenir des informations, « d’ingénieurs ayant travaillé sur le cas », selon lesquelles « le système de freinage qui devait bloquer les quatre roues arrière de l’autobus accidenté de la CNT (Compagnie nationale de transport) n’a pas fonctionné » le jour du drame. « Le Premier ministre l’a même avoué », a-t-il soutenu. Et de préciser : « C’est aussi le cas d’un certain nombre de véhicules qui sont toujours sur nos routes aujourd’hui. »
Pravind Jugnauth affirme qu’Anil Bachoo aurait, lui-même, déclaré en réponse à une question parlementaire dans le passé que les pièces de rechange pour ces véhicules « were not at all appropriate ». « Li kler ki servicing pa kapav fer kouma bizin », soutient-il. Et de noter qu’heureusement, en 2012, l’appel d’offres a été annulé suite à « la manière de faire pour l’achat de véhicules ».
De nombreuses plaintes de la part de chauffeurs contre l’état de ces véhicules, y compris le défunt qui s’était manifesté la veille de l’accident de Sorèze pour faire état d’un problème au niveau des freins.
« Le comportement du ministre Bachoo est une insulte à la population, aux conducteurs, aux receveurs d’autobus et à l’épouse du défunt chauffeur », estime le leader du MSM.
« Zot ti pe rod met tor lor sofer-la pou dir so fot si finn ariv aksidan ! » Pravind Jugnauth devait aussi citer des propos contradictoires du directeur de la CNT Robin Soonarane et du ministre Bachoo concernant la révision d’un des autobus, dont il a cité la plaque d’immatriculation lors de la conférence de presse. Il s’interroge par ailleurs sur ces experts indiens qui sont venus pour analyser les cas. « Qui sont-ils ? N’y a-t-il pas de conflits d’intérêts si c’est les mêmes qui ont travaillé sur la construction du véhicule ? »
En septembre 2009 à la suite d’un autre accident fatal, poursuit le leader du MSM, le conseil des ministres avait annoncé la décision de travailler sur une stratégie pour prévenir ce genre de drames, mais que rien n’a été concrétisé. Idem pour le rapport du juge Domah sur les inondations, laisse-t-il entendre. Il demande ainsi au ministre des Infrastructures publiques de produire le rapport du « Road Safety Audit » de cette nouvelle voie de Sorèze. Selon lui, c’est un exercice obligatoire à réaliser à chaque construction de nouvelle route.
Pravind Jugnauth s’est aussi appesanti sur l’affaire MITD déplorant l’interpellation de la psychologue après la « persécution » du syndicaliste Hemant Madhow. Aujourd’hui ce sont les professionnels qui sont persécutés, dit-il. Soulignant que la victime mineure a avoué avoir peur, il affirme qu’elle a bien raison, de même que tout le monde doit maintenant avoir des craintes, car « lorsqu’on dit la vérité, on subit les représailles ». Le gouvernement, dit-il, aura à rendre des comptes.