Satyajeet Boyjoonauth, un policier affecté au poste de Vacoas poursuivi par l’ICAC pour Bribery by Public Official en violation à la section 4 (1) (b) et (2) de la Prevention of Corruption Act (POCA), a été trouvé coupable par la magistrate Wendy Rangan. Il était accusé d’avoir demandé une somme de Rs 5 000 d’un certain Vishwanath Ragoomumdun pour rayer une affaire contre ce dernier. Satyajeet Boyjoonauth avait plaidé non coupable et était défendu par Me Gavin Glover.
Il était reproché à Satyajeet Boyjoonauth d’avoir tenté d’escroquer une somme de Rs 5000 de Vishwanath Ragoomundun pour le tirer d’une affaire avec la justice alors qu’il était lui-même policier. Les faits remontent au mois d’octobre 2009. Selon M. Ragoomundun, l’accusé se serait rendu chez lui en uniforme un jour pour l’informer qu’un certain M. Sauba avait fait une déposition contre lui et demandait une somme de Rs 5000 pour retirer l’affaire. Vishnath Ragoomundun aurait alors demandé du temps pour réfléchir à la proposition et devait finalement refuser. Après quelque temps le policier était même venu le chercher pour le conduire au poste de police où il avait été informé que le DPP avait émis un severe warning contre lui. Lors du contre-interrogatoire, M. Ragoomundun avait reconnu qu’il était souvent admis à l’hôpital Brown Séquard pour des problèmes d’alcool. Il a soutenu qu’il était inquiet au sujet de l’affaire contre lui et essayait de trouver un moyen pour s’en sortir. Il avait consigné une première déposition à l’ICAC le 19 novembre.
Selon Satyajeet Boyjoonauth, le 3 octobre 2009 un cas rapporté par un certain Viraj Sauba lui a été confié. Le 27 octobre il devait se rendre chez Vishwanath Ragoomundun mais ce dernier n’était pas chez lui. Ce dernier n’avait pas répondu à ces appels également. Selon lui, ce n’est qu’après quelque temps qu’il est venu donner une déposition au poste de police, cela après avoir appris qu’une charge formelle allait être logée contre lui. M. Sauba avait par la suite retiré la plainte contre M. Ragoomundun. Il a nié les accusations retenues contre lui selon lesquelles il s’était rendu chez Vishwanath Ragoomundun en uniforme et lui avait demandé une somme de Rs 5000 pour retirer la plainte logée contre lui. Selon le policer, M. Ragoomundun aurait fait des fausses allégations à son égard car il soupçonnait ce dernier d’être complice de M. Sauba pour mener une enquête contre lui. Lorsque la Cour l’a confronté aux extraits d’appels téléphoniques qu’il avait effectués, il devait faire valoir son droit au silence. La Poursuite s’est basée entièrement sur le témoignage de Vishwanath Ragoomundun dans cette affaire.
Me Gavin Glover avait pour sa part demandé à la     Cour de traiter la déposition de Ragoomundun avec beaucoup de prudence car ce dernier serait également un complice dans cette affaire puisqu’il aurait accepté de remettre l’argent. Cependant la Cour a trouvé que le témoin principal ne pouvait être considéré comme un complice dans cette affaire. De même la Cour a estimé que le fait qu’il était souvent admis à l’hôpital Brown Séquard pour des problèmes d’alcool ne remettait pas en question sa crédibilité en tant que témoin. « I find that his testimony should not be rejected in toto and that his evidence that the accused did solicit Rs 5000 from him is worthy of belief », a souligné la magistrate. La Cour s’est aussi basée sur le nombre d’appels effectué par le policier sur le numéro de Ragoomundun, et ce alors qu’il avait nié lui avoir parlé au téléphone. « I find that the evidence adduced by the prosecution has seriously denied his credibility and that he is far from convincing and has failed to satisfy the Court that he did not solicit a bribe from Ragoomundun, did not pursue him in order to obtain money from him to let him get away with the case reported against him », dit le jugement.