Mahen Utchanah, Campaign Manager de l’Alliance PTr-MMM, et Prakash Maunthrooa, son homologue de l’Alliance Lepep, au No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart), s’affrontent dans un duel au sommet : l’un pour essayer de « faire tomber » le leader de l’Alliance Lepep, sir Anerood Jugnauth, et l’autre pour faire élire ce dernier, non seulement comme député de la circonscription mais aussi comme éventuel Premier ministre de Maurice en cas de victoire. Sur le terrain, c’est une véritable bataille de porte à porte qui se joue dans cette circonscription, connue pour être depuis toujours favorable tant au PTr qu’au MSM.
PRAKASH MAUNTHROOA (ALLIANCE LEPEP) : « Une bataille n’est jamais gagnée d’avance »
La pression se fait sentir durant ces derniers jours de campagne électorale. Comment gérez-vous la situation ?
Nous avions commencé le travail depuis un bon bout de temps avec Ravi Yerrigadoo et toute l’équipe. Vishnu Lutchmeenaraidoo est venu apporter un soutien additionnel. Le travail se poursuit et nous procédons avec beaucoup de confiance dans toute la circonscription. L’accueil que nous avons reçu de l’électorat s’est accentué, non seulement lors de nos réunions mais aussi lors de nos opérations de porte-à-porte, où nous avons un contact direct avec l’électorat. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons nos trois candidats ainsi que trois anciens, Ravi Yerrigadoo, Ouday Lochun et moi. Nous travaillons comme si nous étions nous-mêmes candidats. Les gens veulent nous écouter. C’est très encourageant.
Êtes-vous en train de remplacer SAJ sur le terrain ?
Non, il n’est pas question de le remplacer. Nous travaillons en équipe. Sir Anerood nous a fait confiance : nous devons donner le meilleur de nous-mêmes. 
Qu’est-ce qui marche le plus pour vous : la stratégie du porte-à-porte ou “Vire Mam” ?
Le plus important, c’est le travail sur le terrain. Bien sûr, les supports – tracts et autres – sont importants, mais le contact direct individuel l’est beaucoup plus. L’accueil est formidable.
Vous ne rencontrez donc aucune difficulté, aucun obstacle sur le terrain ?
Pas vraiment. Au contraire, je vois une convergence de gens venant de plus en plus vers nous. Nous sentons une grande mouvance.
Pensez-vous que des géants politiques comme SAJ et un politicien de la trempe de Lutchmeenaraidoo ont besoin d’anciens candidats pour faire campagne pour eux ?
Pas nécessairement. SAJ reste un grand politicien et Vishnu aussi. Ce qui est exceptionnel, c’est que, pour la première fois, la circonscription “is being blessed by” à la fois un PM et un ministre des Finances désignés. Les gens d’ici réalisent que si l’Alliance Lepep remporte ces élections, ils auront deux personnalités fortes à leur service.
Vous dites « si »… Vous manquez de confiance ?
Non, mais une bataille n’est jamais gagnée d’avance. Nous, nous mettons l’accent sur le travail de terrain. Évidemment, tant que les bureaux de vote ne seront pas fermés le 10 décembre, nous continuerons notre travail. Nous ne sommes pas “over-confident”. Notre mot d’ordre est : travail, travail et travail.
Est-ce la même chose au niveau national ?
Absolument. Je sens cette mouvance de la population. Ce qui nous fait plaisir et nous donne beaucoup de satisfaction.
On se dirige donc vers un “0-60”, comme le dit SAJ ?
Je ne fais pas de pronostic. Je crois uniquement dans le travail. Nous prenons les élections très au sérieux. Notre organisation est solide, nous travaillons sans relâche.
Des craintes que vos adversaires annoncent des mesures populaires lors des derniers jours de la campagne ?
Nous entendons cela depuis un bon bout de temps, mais en réalité, ce sont de fausses promesses. Aucune ne se matérialisera. Ils sont au pouvoir depuis presque dix ans et n’ont rien fait. Pensez-vous que la population va l’accepter ? Nous avons un électorat éclairé. Plus vous faites de promesses au peuple et plus il se sent insulté. On traite les Mauriciens comme des imbéciles. Combien de professionnels – médecins, avocats, ingénieurs – sont au chômage… Ils veulent tous une équipe qui saura redynamiser l’économie du pays, mettre de l’ordre là où il le faut et offrir de nouvelles opportunités aux jeunes.