Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), Pravind Jugnauth, a accusé le gouvernement, hier après-midi, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, de vouloir « kouyone » les petits planteurs en leur offrant une somme de Rs 2000 par tonne de sucre produit par eux pendant les deux prochaines récoltes de cannes.
« Le gouvernement est-il préoccupé par le fait que l’Union européenne (UE) prévoit de produire son propre sucre ? Non, il est plutôt intéressé par la réforme électorale, une alliance politique et autres », a lâché Pravind Jugnauth, avant de rappeler les mesures qu’il avait prises en faveur des petits planteurs en tant que ministre du gouvernement, il y a quelques années. « Alors que Rama Sithanen avait dit there is nothing we can do about it et que le Premier ministre avait promis mille choses à cette communauté. »
Le leader du MSM a rappelé que le gouvernement travailliste avait aboli l’exemption sur les impôts dont bénéficiaient les petits planteurs ; il avait imposé une taxe sur les intérêts bancaires, introduit la National Residential Property Tax (NRPT) et une taxe de 15 % sur les sociétés coopératives. « Navin Ramgoolam avait dit que ces mesures étaient inévitables à cause des réformes dans l’industrie sucrière », a déclaré M. Jugnauth. « Nous avons trouvé une alternative ». M. Jugnauth a également rappelé que l’UE avait accordé une somme de Rs 12 milliards à Maurice pour financer les mesures d’accompagnement de l’industrie sucrière. « C’est incroyable : alors qu’au sein du PTr, on disait qu’on était en train de privilégier les producteurs, voilà que le gouvernement travailliste, lui-même, a accordé une somme de Rs 5 milliards pour financer le deuxième VRS », a-t-il déclaré. Et de citer les différentes mesures qu’il a prises en faveur des petits planteurs dont l’abolition de la NRPT et autres mesures sur la bagasse, la mélasse, entre autres.
Le leader du MSM a, par ailleurs, commenté la décision du Premier ministre de rappeler le Parlement pour débattre du mini-amendement à la Constitution. Quoiqu’il se dise d’accord avec cette démarche, pour lui, « la moindre des choses aurait été de faire circuler le projet de loi en vue de permettre à la population de prendre connaissance des propositions du gouvernement ».