La stèle qui rappellera désormais la célébration du tricentenaire de la présence française à Maurice a été inaugurée hier par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, en présence du Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval et de l’ambassadeur de France Laurent Garnier. Le PM a réitéré à cette occasion la volonté de son gouvernement d’apporter tout son concours afin qu’une solution durable, pérenne et équitable soit trouvée à Paris lors de la Conférence sur le climat.
La cérémonie d’hier après-midi a pris un caractère solennel avec la présence d’une garde d’honneur composée d’éléments mauriciens et français ainsi que de personnalités françaises. Le Premier ministre a dans son discours souligné le caractère historique de la cérémonie d’hier. « On célèbre en ce jour le tricentenaire de la présence française à Maurice : 300 ans de relations étroites et intenses fondées sur des valeurs partagées autour d’un respect mutuel entre nos deux Républiques », a-t-il dit. Il rappelle qu’avec l’arrivée des premiers Français en 1715, les premiers jalons de l’île Maurice comme une nation arc-en-ciel ont été posés. « Le développement de Maurice s’est construit autour de son peuplement par des hommes et des femmes venus d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Des hommes et des femmes qui ont amené non seulement leur vigueur et leur enthousiasme mais aussi leurs cultures et leurs traditions ancestrales », a-t-il ajouté. Aujourd’hui, a insisté SAJ, l’attachement à la culture française a largement dépassé les origines ethniques. D’ailleurs le français reste une des langues les plus employées à Maurice. D’autre part, sur le plan économique, la France est un des partenaires les plus importants de Maurice alors que sur le plan diplomatique Maurice et la France sont plus que jamais unies autour d’intérêts communs. « Il ne faut pas oublier que la République française fait partie de notre voisinage immédiat à travers La Réunion. À ce propos notre collaboration au niveau de la COI est d’une importance stratégique pour Maurice ». Sir Anerood Jugnauth a également souligné que la France assume son rôle de leadership au moyen de tous les efforts consentis par le gouvernement du président François Hollande pour que la conférence sur le Climat soit un succès. Il a réitéré la volonté du gouvernement mauricien d’apporter tout son concours afin qu’une solution pérenne et équitable soit trouvée à Paris en décembre prochain.
L’ambassadeur de France, Laurent Garnier, a retracé la présence française à Maurice depuis la prise de possession par Guillaume Dufresne d’Arsel, sur l’ordre du Roi de France, de l’île abandonnée depuis cinq ans par les Hollandais. Pour lui, l’histoire de la période française n’est pas seulement celle des Français, elle appartient à tous ceux qui ont été entraînés de gré ou de force dans le développement de l’île. « C’est aussi celle des dizaines de milliers d’Africains originaires du Mozambique et de Madagascar, d’Afrique de l’ouest, venus comme esclaves ; celle des Indiens esclaves puis libres venus de Pondichéry et d’ailleurs, des Tamouls, des musulmans, des Chinois de Canton », souligne l’ambassadeur, qui rappelle qu’« à la fin de la période française, toutes les communautés étaient présentes et le métissage était déjà une réalité ». « Cette histoire ne concerne donc pas seulement les descendants d’esclaves, ceux qui en furent soit les victimes, soit les bénéficiaires, mais tous les citoyens mauriciens. Il s’agit de comprendre comment, souvent de manière inconsciente, l’esclavage, son racisme, ses lois, ses représentations ont modelé les mentalités, les politiques, les pratiques afin de pouvoir aujourd’hui les déconstruire », a-t-il ajouté.
Laurent Garnier rappelle également que la France est le deuxième importateur de produits mauriciens et son troisième exportateur. Elle est régulièrement au premier rang pour les investissements directs, estimés à près de Rs 4 milliards en 2014. De nombreuses filiales et entreprises locales créées par des Français sont génératrices d’emplois et d’innovation. Près de 400 000 touristes de France et de La Réunion visitent le pays annuellement. « Les liens avec la France sont aussi à l’origine d’un remarquable réseau d’écoles françaises, qui scolarisent aujourd’hui 5 000 élèves à 70 % Mauriciens. Ce réseau est né de la volonté de conserver l’usage de la langue française et d’offrir une éducation à la française, qui contribue à la diversité éducative du pays », a dit Laurent Garnier. La présidente du comité du Tricentenaire, Michèle Malivel, a rendu hommage à tous ceux qui ont fait de la célébration un succès.
À l’issue de la cérémonie protocolaire, le Premier ministre et son épouse ont visité une exposition de voitures vintage parmi lesquelles se trouvait sa première voiture, une “Mini Minor” de couleur noire.
Dans la soirée, Éric Triton et d’autres amis artistes ont donné un concert consacré à la chanson française qui a été très apprécié par l’assistance.