Un « cruel manque de transparence » et un « total non-respect des réglements qui sont en vigueur » sont déplorés par un groupe d’officiers des prisons. Son principal grief concerne la tenue demain de l’élection du board du Provident Fund. Ses représentants ont remis hier au responsable du Registrar of Associations une correspondance faisant état de la contestation et du souhait du report de cette élection par ces employés.
« Il y a une grosse “grudge” parmi un très grand nombre d’officiers des prisons », a déclaré ce groupe au Mauricien hier. « Ce n’est que mardi que plusieurs d’entre nous avons appris que l’élection comptant pour la composition du board du Provident Fund allait se tenir demain. Nou finn vreman sirpri ! » ont-ils ajouté.
Selon ces officiers, « pena lafis, pena nanye lor bann notis bord. Pire, aucune mention concernant la tenue de cette élection ne figure dans le Bulletin de la prison, qui est un organe de communication interne et où toute activité doit y être notifiée ! » Ils se disent ainsi « révoltés par la manière de faire d’un certain haut gradé, qui n’est ni le CP ni celui qui, hiérarchiquement, arrive juste après lui ».
« On a voulu tamper avec les droits des officiers de la prison en leur lésant de leurs droits démocratiques ! Nous n’allons pas laisser cela se faire… », préviennent-ils. Ils ont « dans un premier temps, informé le syndicat des officiers de la prison et la POA (Prisons Officers’ Association) ». « Nous avons ensuite remis en mains propres au responsable du Registrar of Associations une lettre dans laquelle nous faisons état de nos doléances, et surtout, nous réclamons le report de la présente élection. Nous voulons que cet exercice ait lieu en total respect des règlements et en toute transparence ! »
Le renouvellement du board du Provident Fund des services des prisons se fait chaque trois ans. Ce fund concerne les droits des officiers des institutions pénitentiaires. « Cela comprend les contributions de chacun et selon leurs années de service. Certains d’entre nous peuvent également obtenir, via cet organe, un soft loan et d’autres petites facilités destinées à aider les officiers dans leurs vies familiale et professionnelle », expliquent plusieurs d’entre eux au Mauricien.
En outre, ce que n’a pas digéré ce groupe d’officiers est que « le Honorary Chairman qui, selon les règlements, a le droit de nommer, après l’élection du board, quatre membres à sa discrétion, l’a fait bien avant son organisation ! Comment expliquer cela ? Leurs noms ont été officiellement envoyés au Registrar of Associations. C’est un total manque de respect envers les droits des officiers et surtout, une grosse entorse à la démocratie ».
Le groupe d’officiers ne compte pas rester les bras croisés et met tout en oeuvre aujourd’hui car « cette élection ne doit pas se tenir demain dans de telles conditions ». « Ce serait une grosse injustice envers tout le personnel des services pénitentiaires », concluent-ils.