L’entreprise indienne Aadicon Biotechnologies Ltd, implantée depuis environ cinq ans sur une superficie de 60 hectares à Piton-du-Milieu, a pour activités l’insémination artificielle pour l’élevage bovin et caprin, la production de fertilisants bio, les cultures en serre et la production de fourrage, entre autres. Outre Maurice, elle compte desservir aussi le marché africain.
« Les gens ont peur non pas des fertilisants, mais des pesticides et autres insecticides utilisés dans l’agriculture », lance Deepak Yardi, Managing Director d’Aadicon Biotechnologies Ltd, lors d’une visite sur sa ferme. « Ici, on produit environ 350 000 litres de biopesticides par an, qui sont utilisés dans la lutte contre les organismes nuisibles et les maladies qui attaquent les plantes agricoles. » Selon lui, les gens agissent maintenant de manière préventive « et l’avantage de ces biopesticides est que les organismes ne peuvent pas s’immuniser contre eux ». Des biofertilisants sont aussi produits dans cette ferme avec des bactéries importées d’Inde et propagées sur place. « Aucun autre pays africain ne dispose d’une telle infrastructure », fait ressortir Deepak Yardi. D’où sa démarche de s’installer sur ce vaste marché représenté par l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, Madagascar, la Namibie et le Zimbabwe, où il existe un grand potentiel. « Nous exportons déjà vers l’Ouganda », indique-t-il.
Parlant du marché local, Deepak Yardi avance que trouver des terres agricoles est une contrainte majeure à Maurice. « L’île étant très petite, nous devons produire plus sur cette toute petite superficie. Avec l’apport de la haute technologie, nous pouvons produire quatre à cinq fois plus de légumes qu’en champ ouvert », souligne notre interlocuteur. De plus, ajoute-t-il, il est possible de cultiver des légumes tout le long de l’année et planifier les cultures selon les besoins. Par exemple, indique-t-il, on peut cultiver davantage de fleurs en février pour satisfaire la demande pour la St-Valentin. « Ce n’est pas de la magie, mais la science », précise-t-il. Interrogé sur le goût des légumes saisonniers cultivés tout le long de l’année, il soutient qu’il reste le même car celui-ci dépend des semences. « We are not changing the mother plant. It is only that we are extracting more production through technology. De plus, les agriculteurs obtiennent de meilleurs prix pour leurs produits. »