Depuis deux semaines, le verdict du Conseil de district de Grand-Port concernant la demande du groupe Currimjee pour un Land & Building Permit dans le cadre de son projet de construction d’hôtel à La Cambuse est attendu. Or, après deux rencontres, les conseillers n’ont toujours pas statué. Pour cause, selon le chairman, Vinaye Harcharan, il manque quelques documents au dossier que les officiers du Permit and Business Monitoring Committee doivent vérifier avant de se prononcer. Une situation qui n’est pas normale, déplorent les contestataires qui s’insurgent du «parti pris» du District council face au promoteur, et font ressortir que «nous aussi nous aurions pu déposer d’autres documents si on nous l’avait demandé». En attendant le verdict, ils ont consulté leur homme de loi pour la marche à suivre. D’autant que selon les indications de Vinaye Harcharan, qui fait l’éloge du projet qui selon lui sera bénéfique aux habitants de la région, tout porte à croire que les Currimjee obtiendraient gain de cause.
«Comment se fait-il qu’après un hearing, auquel nous avons assisté under protest – car les conditions n’étaient pas réunies pour un free and fair hearing – le district council soit en communication permanente avec les promoteurs, à qui l’occasion est donnée de parfaire leur dossier. Et qu’à contrario, nous, contestataires, nous n’avons pu exprimer nos griefs et encore moins rajouter des éléments à nos plaintes?», se demande Yan Hookoomsing, porte-parole du collectif Aret Kokin Nou Laplaz, regroupant d’autres ONG, dont Ecosud, militant pour la sauvegarde de l’Environnement. Il y a maldonne, dit-il, déplorant qu’en outre le groupe Currimjee a été amené à produire d’autres documents pour compléter son dossier.
En effet, alors que le conseil de district de Grand-Port devait rendre son verdict il y a deux semaines, l’affaire traîne encore, en raison, outre des dossiers prioritaires que le Conseil a choisi de traiter en amont, des pièces manquantes dans le dossier que les officiers du Permit and Business Monitoring Committee ont réclamées aux promoteurs de Le Chaland Ressort Hotel. Pour Vinaye Harcharan, cette pratique est courante, car «il y a des spécifications, comme le métrage, etc., que nous devons vérifier. Nous avons besoin de précisions». Il laisse cependant comprendre que la décision du Conseil devrait être prise mardi prochain.
Vinaye Harcharan : «Projet bénéfique aux habitants»
Une décision qui semblerait en faveur du groupe Currimjee, le Conseil de District arguant que «ce projet sera bénéfique aux habitants de la région». Le chairman du District council fait ressortir qu’il a reçu une pétition signée par 1 500 habitants des villages avoisinants se disant pour le projet. Il soutient de même que le projet pour la construction de Le Chaland Ressort Hotel à La Cambuse ayant reçu sa EIA Licence, le district council ne peut aller dans le sens contraire s’agissant de l’octroi d’un Building & Land Permit. Une décision en ce sens devrait ainsi être prise cette semaine après que le Permit and Business Monitoring Committee aura donné son avis à l’Executive commitee du District council qui statuera à son tour.
Réagissant à ces propos, les opposants à la construction de cet hôtel 5 étoiles du groupe Currimjee, qui selon eux mettent en danger le parc marin de Blue-Bay déjà en piteux état, ne comptent toutefois pas baisser les bras. Ils font ressortir qu’en outre, il est impératif que le District council se base sur le Tourism Development Zone et le Outline Planning Scheme de Grand-Port avant de donner son aval. Or, soulignent-ils, selon le rapport EIA de Le Chaland Resort Hotel, mention est faite que cette construction se fait en dehors des zones prédéfinies pour la construction d’hôtels. De leur côté, les membres de la Plateforme Pou Sov Nou la Plage et le Forum des citoyens libres (FCL) qui ont servi une mise en demeure au Conseil de district de Grand-Port pour n’avoir pas eu l’opportunité de s’exprimer lors du l’unique hearing qui a été tenu, envisagent de loger une injonction en Cour suprême pour empêcher les travaux de construction de Le Chaland Ressort Hotel. Georges Ah Yan, leur porte-parole, dit attendre de pied ferme la décision du District council, qui a pour devoir de tenir compte de tous les avis divergents dans cette affaire. Comme Yan Hookoomsing, il déplore que «ce n’est pas normal que des pétitions arrivent après le hearing. Si le district council soutient n’avoir pu réunir les 1350 protestataires le jour du hearing, dans ce cas, pourquoi ne pas avoir organisé un autre hearing pour prendre connaissance des griefs? Pourquoi seul le promoteur peut produire par la suite des documents, mais pas nous?», dit-il.