« L’Union internationale pour la conservation de la nature a choisi Maurice comme un centre de biodiversité pour les plantes », a rappelé la semaine dernière le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo dans son discours lu par le secrétaire de cabinet du ministère de tutelle, R.P. Nowbuth. C’était lors d’une réunion consultative en marge de la finalisation du Native Terrestrial Biodiversity and National Parks Draft Bill. M. Faugoo a souhaité que les idées et propositions de tous les partenaires concernés soient prises en considération et qu’un consensus soit trouvé dans le cadre de l’élaboration de ce projet de loi.
Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire a constaté que le caractère endémique de la faune et de la flore locales est relativement élevé. Ceci est dû à la situation géographique de Maurice, son isolation, son âge et sa topographie, fait-il ressortir. Il indique que le pays a répertorié 691 espèces florales natives, dont 273 endémiques.
Satish Faugoo note par ailleurs que la loi existante, soit la Wildlife and National Parks Act, a permis à l’île de protéger les dernières vestiges de sa flore et de sa faune endémiques. Il a en ce sens cité quelques exemples de réussite : la protection et la prévention du Kestrel, le Pink Pigeon et le Echo Parakeet de l’extinction à travers l’élevage ; la réintroduction de trois espèces de reptiles de l’île Ronde à d’autres îlots où ils vivaient jadis ; la proclamation de Bras-d’Eau comme Terrestrial National Park et de trois sites Ramsar en l’occurrence le Rivulet Terre-Rouge Estuary Bird Sanctuary, le parc marin de Blue-Bay et Pointe-d’Esny ; et la mise en place d’un plan de gestion de 16 îlots. C’est aussi sous cette loi que les Gorges de la Rivière-Noire ont été classées parc national de Maurice, rappelle-t-il
Aujourd’hui, estime le ministre, avec les nouveaux défis qui ont émergé, pour être en conformité avec les différentes conventions internationales que Maurice a signées ou ratifiées et en ligne avec le projet gouvernemental Maurice île Durable, il est temps de venir de l’avant avec une nouvelle loi. Il avance : « The scope of biodiversity extends beyond protection of flora and fauna. Biodiversity is now inextricably linked to fundamental issues such as food security, mitigation of climate change, health and trade (…). Also biodiversity issues are no longer restricted to a particular country or nation. They have now assumed transboundary dimension with the development of trade inendemic flora and fauna. »
Satish Faugoo souligne aussi que les dispositions du nouveau texte de loi concernent, entre autres, l’incorporation de diverses résolutions internationales en vue de mieux contrôler le commerce international des espèces en danger et la proclamation de terrains privés « as reserved lands ». « The possibility has been included for private land owners to enter into agreement or covenant with the government to protect rare and endangered biodiversity ressources found in their property », affirme-t-il. Il s’agira aussi de contrôler la propagation et la vente des plantes indigènes et de l’enregistrement de toutes les serres existantes. Un comité spécial sera mis en place pour conseiller le ministère sur la stratégie « to control and prevent wild species from reaching pest status level ».
Satish Faugoo indique que le Native Terrestrial Biodiversity and National Parks Draft Bill prévoit aussi un contrôle de l’introduction des espèces exotiques dans la nature. « A national invasive alien and species committee will be set up to advise the ministry on the introduction of exotic wildlife in the country and to control their impact on the native biodiversity. » Le ministre a conclu en souhaitant que toutes les propositions soient prises en consideration « with a view to gather consensus among all stakeholders on the draft bill ».